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Thread: LOCH next part (in French)

  1. #1
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    Default LOCH next part (in French)

    This is the continuation of what is already translated in English, on the other thread.
    Anyone that wants to help with the translation please do so, just say which part you are translating

    I'll update this first post with the names of those that are translating

    Part 6-1 translated by Patudo
    Part 6-2 translated by Patudo
    Part 6-3 translated by Me
    Part 6-4 translated by Me
    Part 6-5 translated by DGSW

    Its the rest of the chapter 6, the next chapter will feature Huang Rong so stay tuned
    Last edited by Strunf; 12-26-04 at 11:18 AM.

  2. #2
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    Part 6-1

    - J'ai entendu dire, poursuivit Ma Yu, que cette femme avait perdu la vue, elle est plutôt digne de pitié. Si elle se repent de ses fautes passées, si elle promet de ne plus faire du mal à des innocents, et qu'elle ne va plus chercher noise aux Six Fantasques du Jiangnan, eh bien, nous pourrions lui laisser la vie sauve. D'autant que notre défunt Shifu, à l'époque, avait des relations de respect mutuel avec le Maître de l'île des Fleurs de pêcher. Frère Qiu, toi qui es ami des Six Fantasques, tu devrais aller leur parler, leur demander de ne plus chercher à régler de vieux comptes avec elle. Si les deux parties font un effort, la vendetta peut s'éteindre.
    Cette fois-ci, il parla sans utiliser son énergie interne, afin de ne pas faire apparaître la trop grande différence de puissance entre les autres et lui-même.
    - Ça, c'est facile, répliqua Zhu Cong, le problème est de savoir si Mei Chaofeng acceptera ou non de s'amender.
    Soudain, une voix glaciale se fit entendre :
    - Grand merci aux Sept Parfaits de la Secte de la Perfection absolue pour leur bienveillance ! Me voici, Mei Chaofeng en personne !
    Elle se montra alors, provoquant la stupéfaction. Ma Yu espérait l'effrayer et la faire partir, de telle sorte qu'elle se repentirait et s'amenderait. Mais forte de sa nouvelle puissance, elle poussait l'audace jusqu'à venir affronter directement ses adversaires.
    - En tant que femme, dit Mei Chaofeng, je n'ose pas me battre avec les maîtres taoïstes. Mais depuis longtemps j'admire le gongfu de la Dame de la Pureté et de la tranquillité, je sollicite l'honneur de me mesurer à elle.
    Armée de son fouet, elle se tint en garde, attendant la réponse de Han Xiaoying.
    A ce moment, Guo Jing vit Huazheng étendue à terre, immobile. Ayant grandi avec elle, il éprouvait pour la jeune fille l'affection d'un frère aîné. Sans réfléchir, sans même se préoccuper de la présence terrifiante de Mei Chaofeng, il bondit et releva Huazheng. D'un crochet du gauche, Cadavre de Fer saisit son poignet gauche. Or, avec Ma Yu, Guo Jing avait pratiqué pendant deux ans le neigong orthodoxe du taoïsme, tout son corps était naturellement tendu par une force naturelle. Ainsi, de la main droite, il projeta Huazheng en direction de Han Xiaoying, alors qu'il pivotait sa main gauche avec force et se dégageait de l'emprise de Mei. Celle-ci, dont la technique était extrêmement rapide, sentit Guo Jing s'échapper et avança immédiatement la main pour le rattraper. Cette fois-ci, elle le tenait fermement, comprimant l'embouchure de l'artère principale du bras, si bien qu'il ne pouvait plus bouger.
    - Qui es-tu ? demanda-t-elle d'une voix terrible.
    - Zhiping, cria Zhu Cong, attention !
    Guo Jing, qui s'affolait déjà de n'avoir pu se dégager, allait répondre tout naturellement «Je suis Guo Jing ! », quand il entendit l'avertissement de Zhu Cong.
    - Je suis... balbutia-t-il, je suis Yi Zhiping... Disciple... disciple du Parfait Printemps perpétuel...
    Il avait pourtant répété cette formule trente ou quarante fois, mais dans la panique n'arrivait pas à la dire sans bégayer.
    « C'est seulement un simple apprenti, se dit Mei Chaofeng, et son neigong est déjà conséquent : non seulement il a réussi à sauver quelqu'un sous mon nez, mais il a même pu se dégager de ma première prise ! Je crois qu'il vaut mieux que je me retire cette fois-ci. ..
    Elle desserra sa main. Guo Jing se dépêcha de revenir auprès de ses maîtres : cinq griffures étaient profondément incrustées dans la chair de son bras gauche ! Il savait bien qu'elle n'avait pas utilisé toute sa force, sinon son poignet aurait déjà été brisé.
    Ainsi, Mei Chaofeng n'osait plus défier la fausse Sun Bu'er, que jouait Han Xiaoying. Elle demanda soudain :
    - Maître taoïste Ma, qu'entend-on par « Plomb et mercure bien conserver » ?
    - Le plomb est lourd, répondit Ma Yu sans même réfléchir, il ressemble aux reins ; le mercure est liquide, c'est une image de réchauffement intérieur. « Plomb et mercure bien conserver » signifie qu'il convient de stabiliser les reins et d'éteindre le feu intérieur, afin d'obtenir des résultats dans la méditation.
    - Et qu'entend-on par « Bébé de la fille Cha » ? poursuivit Mei Chaofeng.
    Ma Yu se rendit compte tout à coup qu'elle lui demandait d'expliquer des formules secrètes de neigong !
    - Sorcière hérétique, cria-t-il, n'essaie pas de m'arracher les secrets de ma religion ! Va-t-en ! Vite !
    Mei Chaofeng éclata de rire :
    - Merci pour vos indications, Maître taoïste !
    Elle bondit soudain, son fouet d'argent claqua, et elle glissa au bas de la falaise à une vitesse inimaginable. La voyant partie, tous se sentirent soulagés, avec le sentiment de l'avoir échappé belle. Au loin, dans le désert, une ombre filait comme un fantôme.
    Ma Yu appuya sur les points méridiens adéquats, rendant ainsi ses mouvements à Huazheng. La jeune fille s'allongea sur un rocher pour se reposer.
    - En dix années, dit Zhu Cong, cette femme a fait de tels progrès que si le Maître taoïste ne nous avait pas prêté main-forte aujourd'hui, notre compte était bon !
    Ma Yu répondit avec modestie, mais ses sourcils étaient froncés, comme si une inquiétude intérieure le tourmentait.
    - S'il y a quelque tâche à terminer, reprit Zhu Cong, nous ne sommes pas bons à grand-chose, mais nous pouvons au moins faire vos commissions. N'hésitez donc pas à nous solliciter.
    - Par inadvertance, soupira Ma Yu, j'ai été piégé par cette femme rusée !
    - Avez-vous été blessé par un projectile invisible ? demandèrent les Six ?
    - Non, répondit Ma Yu, il ne s'agit pas de cela. Tout à l'heure, elle m'a posé une question, j'y ai répondu sans réfléchir, et je crains que cela n'entraîne des malheurs futurs.
    Devant la perplexité de ses amis, qui semblaient ne pas comprendre, le taoïste expliqua :
    - La technique externe de Cadavre de Fer a déjà atteint un niveau que nous n'imaginons même pas. Même si mes frères Qiu et Wang avaient vraiment été présents ici, nous n'aurions peut-être pas été en mesure de la vaincre. Que le Maître de l'Ile aux Fleurs de pêcher ait réussi à former une disciple aussi forte, cela témoigne de sa propre puissance. Seulement, le neigong de Mei Chaofeng n'est pas du tout au point. Je ne sais pas où elle a réussi à trouver des formules secrètes pour pratiquer le neigong du taoïsme, mais sans les indications d'un maître, elle n'a pu les comprendre. Tout à l'heure, elle m'a demandé d'expliquer une formule, dont l'incompréhension devait freiner sa progression. Je m'en suis rendu compte et n'ai pas répondu à sa seconde question, mais ma première explication lui permet déjà de faire de grands progrès pour son neigong.
    - Espérons seulement, dit Han Xiaoying, qu'elle va se repentir de ses crimes passés et ne plus faire de mal.
    - Qu'il en soit ainsi ! dit Ma Yu. Sinon, si son neigong devient plus fort, il sera encore plus difficile de la contenir... Ah, c'est ma faute, j'ai été trop naïf, car je ne me méfie jamais...
    Après un instant de réflexion, il reprit :
    - Une chose m'intrigue : le gongfu de l'Ile aux Fleurs de pêcher est complètement différent de celui du taoïsme. Et pourtant, ces deux formules qu'elle a citées correspondent précisément au neigong taoïste. Comment cela est-il possible ?
    À ce moment, Huazheng se leva soudain de son rocher :
    - Ah ! s'écria-t-elle, Guo Jing ! Papa ne m'a pas crue, il est parti chez To'oril !
    - Pourquoi ne t'a-t-il pas crue ? s'étonna Guo Jing.
    - Je lui ai expliqué, dit Huazheng, que Oncle Senggüm et Oncle Jamuqa complotaient contre lui. Il a éclaté de rire, en prétendant que, ne voulant pas épouser Dushi, j'inventais des mensonges ! Je lui ai dit que tu l'avais entendu de tes propres oreilles, il ne voulait toujours pas le croire, disant même qu'il te punirait à son retour. Je l'ai vu partir avec mes trois frères aînés et une petite escorte, alors je me suis dépêchée de venir te trouver. Mais en chemin, cette mémé aveugle m'a attrapée. Elle voulait m'amener te voir, n'est-ce pas ?
    « Si nous n'avions pas été là, se dirent les Six, tu aurais déjà eu cinq trous dans le crâne ! »
    - Depuis combien temps le Khan est-il parti ? demanda Guo Jing avec anxiété.
    - Ça fait un bon bout de temps, répondit Huazheng. Papa a dit qu'il voulait arriver le plus tôt possible, alors il n'a même pas attendu le lever du soleil pour partir. Leurs chevaux sont très rapides, ils doivent être loin maintenant. C'est véritablement vrai que Oncle Senggüm veut faire du mal à papa ? Alors qu'allons-nous faire ?
    Elle se mit à pleurer. Comme c'était la première fois de sa vie qu'il se trouvait confronté à une affaire aussi grave, Guo Jing était tout désemparé.
    - Mon petit Jing, dit Zhu Cong, dépêche-toi de descendre : tu vas prendre ton petit cheval rouge et rattraper le Khan. Même s'il ne te croit pas, prie-le d'envoyer d'abord quelqu'un s'assurer des intentions de Senggüm. Huazheng, va demander à ton frère Tolui de rassembler des troupes et de se porter à la rescousse de ton père.
    Guo Jing acquiesça avec reconnaissance et dévala précipitamment la falaise. Ma Yu fit ensuite descendre Huazheng en l'attachant à une longue corde.
    Le jeune homme courut jusqu'à sa yourte, prit son cheval et se lança dans un galop effréné.
    A ce moment-là, le soleil commençait à se lever. Guo Jing, très angoissé, se disait : «J'ai bien peur que le Khan ne soit déjà tombé dans le traquenard de Senggüm, alors ça ne servira à rien de le rattraper ! ».
    Le petit cheval rouge, qui adorait courir à bride abattue, s'en donna à cœur joie. Il galopait de plus en plus vite sur la plaine. De peur de le voir tomber d'épuisement, Guo Jing voulut le freiner un peu, mais l'animal ne voulait rien entendre, et fonçait de plus belle en hennissant de joie. D'ailleurs, même à toute vitesse, il ne semblait donner aucun signe de fatigue.
    Après plus de deux heures de galop, Guo Jing s'arrêta pour se reposer un peu. Puis ils reprirent leur course. Une heure plus tard, il vit au loin trois cohortes de cavaliers, trois gouranes semblait-il.
    En s'approchant, il reconnut les drapeaux de To'oril : les cavaliers s'avançaient les flèches sur les arcs et les sabres au clair, prêts au combat.
    « Le Khan est plus loin, se lamenta Guo Jing intérieurement, mais sa retraite est déjà coupée ! ». Il serra ses cuisses, son cheval bondit comme une flèche, dépassant les troupes de To'oril, qui lui crièrent d'arrêter, mais il était déjà loin.
    Guo Jing n'osa pas s'attarder, il dépassa encore trois gouranes embusqués, avant de voir se dresser au loin la haute hampe garnie de plumes blanches, qui signalait la présence de Temüjin. Celui-ci, escorté de plusieurs centaines de cavaliers, chevauchait tranquillement en direction du nord.
    Guo Jing se porta à sa hauteur et cria :
    - Grand Khan ! Arrête-toi, il ne faut surtout pas continuer ! Temüjin s'arrêta, interloqué :
    - Et pourquoi ?
    Guo Jing lui raconta ce qu'il avait entendu l'avant-veille dans le camp de Senggüm et expliqua que sa retraite était désormais coupée. Temüjin le regardait d'un air dubitatif, ne sachant s'il fallait le croire : «Je ne me suis jamais bien entendu avec cet imbécile de Senggüm, se dit-il, mais mon père adoptif To'oril a besoin de moi en ce moment. Et Jamuqa est mon frère juré ! Comment pourraient-ils comploter contre moi ? À moins que ce ne soit ce Sixième Prince de l'Empire Jin qui cherche à semer la zizanie ? »
    Le voyant hésiter, Guo Jing dit soudain :
    - Grand Khan, tu n'as qu'à envoyer quelqu'un refaire le chemin que tu viens de parcourir et tu verras...
    Depuis tout petit, Temüjin avait vécu au milieu des complots et des trahisons, il avait survécu à des centaines de batailles grâce à sa bravoure et à sa prudence. Même si, selon lui, il était absolument impossible que To'oril et Jamuqa s'alliassent contre lui, il se dit : « Être trop prudent mille fois, ce n'est pas grave ; mourir par imprudence une seule fois, c'est de trop ! ». Il ordonna alors à son second fils, Jagataï, de partir en reconnaissance avec Chila'un. Les deux hommes reprirent le chemin parcouru.
    Temüjin observa la configuration des lieux et ordonna :
    - Montons sur la colline et préparons-nous !

  3. #3
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    Part 6-2

    Son escorte était composée de quelques centaines d'hommes à peine, mais c'était tous des officiers et des soldats d'élite. Sans avoir besoin d'autres indications du Khan, ils creusèrent des tranchées, élevèrent des barricades, se préparant à soutenir un siège.
    Peu après, on vit des nuages de poussière s'élever vers le sud, soulevés par plusieurs milliers de cavaliers, qui galopaient à la poursuite de Jagataï et de Chila'un. Jebe avait l'œil particulièrement vif et distingua les bannières des poursuivants :
    - Ce sont effectivement les soldats de To'oril ! cria-t-il.
    Ceux-ci s'étaient divisés en plusieurs escadrons et essayaient de prendre Jagataï et Chila'un en tenailles. Les deux hommes, penchés sur leur selle, fouettaient désespérément leurs montures.
    - Guo Jing ! cria Jebe. Allons les chercher !
    Tous deux dévalèrent la colline. Le petit cheval rouge surtout, ravi d'aller à la rencontre de ses congénères, partit ventre à terre et arriva rapidement au-devant de Chila'un. Guo Jing décocha trois flèches d'une traite, abattant les trois soldats les plus proches, avant de s'interposer entre poursuivants et poursuivis, se retournant pour tirer des flèches en tous sens. Jebe était arrivé également et ses flèches se montrèrent encore plus rapides et meurtrières. Cependant, les hommes de To'oril, trop nombreux, déferlaient comme une marée irrésistible.
    Jagataï, Chila'un, Jebe et Guo Jing gravirent enfin la colline, tandis que leurs compagnons faisaient tomber une pluie de flèches sur leurs poursuivants. Ceux-ci n'osèrent pas attaquer de front, et se tinrent provisoirement à distance.
    Debout sur la colline, Temüjin observait les environs. En peu de temps, les escadrons de To'oril affluèrent des toutes parts. Sous un drapeau jaune se tenait un homme monté sur un grand cheval : c'était Senggüm, le fils de To'oril. Le Khan se rendait bien compte qu'il était impossible de rompre l'encerclement et qu'il valait mieux temporiser.
    - Que Frère Senggüm veuille bien s'approcher pour parler, cria-t-il.
    Sous bonne protection de ses gardes, qui le couvraient de leurs boucliers, Senggüm s'approcha, fier et arrogant :
    - Temüjin, dépêche-toi de te rendre !
    - En quoi, demanda Temüjin, ai-je offensé To'oril, mon père adoptif, pour que vous m'attaquiez de la sorte ?
    - Depuis des générations et des générations, dit Senggüm, les Mongols ont vécu en tribus séparées, au sein desquelles les troupeaux étalent partagés en commun. Pourquoi veux-tu aller à l'encontre des traditions de nos ancêtres, en mélangeant les tribus ? Mon père dit souvent que tu as tort de vouloir faire cela.
    - Les Mongols, répliqua Temüjin, subissent l'oppression de l'Empire Jin, qui exige de nous, chaque année, un tribut constitué de dizaines de milliers de têtes de bétail. Est-ce juste ? Si ça continue, nous allons tous mourir de faim ! Si nous ne nous disputons pas entre nous, pourquoi aurions-nous peur de l'Empire Jin ? J'ai toujours entretenu de bonnes relations avec mon père adoptif, il n'y a aucun motif de haine entre nos deux familles. Tout cela est de la faute des Jin, qui veulent semer la zizanie entre nous !
    Les soldats de Senggüm, entendant ce raisonnement, trouvaient qu'il avait raison.
    - Les Mongols sont des guerriers valeureux, poursuivit Temüjin, pourquoi n'irions-nous pas prendre les trésors des Jin ? Pourquoi devrions-nous fournir des tributs tous les ans ? Parmi les Mongols, il y en a qui travaillent beaucoup pour élever les bêtes, et il y a des paresseux. Pourquoi ceux qui se fatiguent au travail devraient-ils nourrir ceux qui ne font rien ? Pourquoi ceux qui suent n'auraient-ils pas plus de bœufs et de moutons ? Pourquoi ne laisse-t-on pas les paresseux mourir de faim ?
    A l'époque, les Mongols vivaient selon une sorte de socialisme tribal : leur richesse principale, à savoir le bétail, appartenait à tous. Or, durant les dernières années, les troupeaux s'accroissaient. Les tribus avaient également appris des Chinois à travailler le fer, pour la fabrication des outils et des armes. La plupart des bergers souhaitaient garder les richesses qu'ils produisaient pour eux-mêmes, de même que les guerriers qui, au prix de leurs vies, gagnaient des batailles, n'avaient pas envie de partager prisonniers et butins avec ceux qui ne faisaient pas la guerre. Ainsi, ces propos de Temüjin allaient droit au cœur de tous les soldats.
    Voyant que Temüjin commençait à influencer ses hommes, Senggüm cria :
    - Jette immédiatement tes armes et rends-toi ! Sinon, il suffira d'un signe de mon fouet pour faire pleuvoir dix mille flèches ! Tu n'as aucune chance d'en réchapper !
    Guo Jing voyait que la situation devenait critique mais ne savait quoi faire. Il vit soudain, au pied de la colline, un jeune officier, l'armure recouverte d'un manteau de fourrure en zibeline gris argenté, le sabre à la main, qui paradait fièrement sur son destrier de guerre. Il reconnut Dushi, le fils de Senggüm, avec qui il s'était battu, étant enfant. C'était un vilain garnement, qui avait voulu lâcher les léopards sur Tolui. Guo Jing ne comprenait pas trop ce qui se passait, et surtout pas pourquoi To'oril, Senggüm et Jamuqa voulaient comploter contre Temüjin. « Le Khan et To'oril ont toujours vécu en bonne entente, se disait-il, alors ce doit être ce méchant Dushi qui, à l'instigation du Sixième Prince Jin, a colporté des propos mensongers et malveillants sur les uns et les autres. Si je le capture et que je l'oblige à reconnaître ses mensonges, alors tout le monde pourra se réconcilier ! ». Poussant son petit cheval rouge, il dévala la colline et profitant de la stupéfaction des soldats, fonça jusqu'à Dushi.
    Celui-ci attaqua avec son sabre, Guo Jing se pencha sur sa selle, la lame passa au-dessus de sa tête, il tendit la main droite qui bloqua l'artère principale sur le poignet de Dushi. C'était un mouvement de cette fameuse technique « Dissocier les tendons et disloquer les os » mise au point par Zhu Cong, comment Dushi aurait-il pu y résister ? Guo Jing tira et l'arracha de sa selle. Il entendit le sifflement de lourds projectiles, para avec son bras gauche et fit tomber les lances projetées sur lui. Il comprima légèrement ses genoux, le petit cheval rouge obéit immédiatement et fila comme une flèche vers la colline. Les soldats de Senggüm crièrent : « Tirez les flèches ! ». Guo Jing plaça Dushi derrière son dos, faisant de son corps un bouclier, si bien que les ennemis n'osèrent plus tirer.
    Arrivé au sommet de la colline, Guo Jing jeta Dushi au sol en riant :
    - Grand Khan, ce garnement est sûrement le responsable de cette trahison ! Faisons-le avouer !
    Temüjin, très content, pointa sa lance sur la poitrine de Dushi et cria en direction de Senggüm :
    - Fais reculer tes hommes de cent toises !
    Senggüm, fâché et inquiet de voir son fils bien-armé tombé aux mains de l'ennemi, ne put que faire reculer son armée. Il ordonna d'encercler la colline par de multiples rangées de charrettes, si bien que les cavaliers de Temüjin, aussi rapides fussent-ils, ne pouvaient plus sortir.
    Sur la colline, Temüjin félicita chaleureusement Guo Jing, et lui ordonna d'attacher les mains du prisonnier dans le dos.
    A trois reprises, Senggüm envoya un émissaire pour négocier : si Temüjin relâchait Dushi et se rendait, il aurait la vie sauve. A chaque fois, le Khan fit couper les oreilles de l'émissaire avant de le renvoyer à son maître.
    Le soleil se coucha à l'horizon. Craignant que Senggüm ne profitât de l'obscurité pour attaquer, Temüjin ordonna à tous de redoubler de vigilance.
    Vers minuit, un homme vêtu de blanc vint à pied au bas de la colline :
    - Je suis Jamuqa, cria-t-il. Je veux voir mon frère juré Temüjin.
    - Monte donc ! dit le Khan.
    Jamuqa monta lentement et vit Temüjin debout en haut de la pente. Il s'avança et voulut l'étreindre, mais le Khan dégaina son sabre et dit brutalement :
    - Tu me considères encore comme un frère ? Jamuqa soupira et s'assit en tailleur.
    - Frère, dit-il, tu es déjà le chef d'une tribu, pourquoi as-tu encore cette ambition démesurée de vouloir réunir tous les Mongols ?
    - Qu'est-ce que tu crois ? répliqua Temüjin.
    - Les chefs des tribus disent : nos ancêtres ont vécu ainsi pendant des centaines d'années, pourquoi Temüjin veut-il changer les traditions ? Le Ciel ne le permettra pas !
    - L'histoire de notre ancêtre Dame Alan-Qo'a, dit Temüjin, tu t'en souviens ? Elle avait cinq fils qui ne s'entendaient pas. Elle les fit venir, leur prépara à manger. Puis elle leur donna une flèche à chacun, en leur demandant de la casser. Ce qu'ils firent très facilement. Ensuite, elle mit cinq flèches ensemble, et leur demanda encore de les casser. Ils essayèrent chacun à son tour mais ne purent briser les cinq flèches. Te rappelles-tu ce qu'elle leur a dit alors ?
    - Si vous êtes désunis, dit Jamuqa à voix basse, vous pourrez être brisés par n'importe qui, comme une flèche seule. Si vous vous unissez, vous serez aussi solides que les cinq flèches ensemble et personne ne vous brisera.
    - Bien, dit Temüjin, tu t'en souviens. Que s'est-il passé ensuite ?
    - Ensuite les cinq fils unirent leurs efforts et conquirent un immense territoire. Ce sont les ancêtres de nos tribus mongoles.
    - Exactement ! Nous sommes tous deux braves et héroïques, pourquoi ne pas unir tous les Mongols ? Si nous ne nous disputons pas entre nous, nous serons suffisamment forts pour détruire l'Empire Jin !
    - Comment ? s'effraya Jamuqa, L'Empire Jin est si puissant, avec ses innombrables armées et ses richesses ! Comment les Mongols pourraient-ils s'attaquer à lui ?
    - Alors tu préfères subir l'oppression des Jin ?
    - L'Empire Jin ne nous opprime pas, protesta Jamuqa. L'Empereur t'a même fait « Général conquérant » !
    - Au début, s'énerva Temüjin, je croyais aussi qu'il avait de bonnes intentions. Mais en fait les Jin sont d'une avidité sans borne et exigent de nous chaque fois plus : d'abord ils voulaient du bétail, ensuite des chevaux, et maintenant ils demandent que nous envoyions des soldats pour les aider à faire la guerre. Mais le pays Song est si éloigné de chez nous ! Même si la dynastie Song est anéantie, toutes les terres conquises appartiendront aux seuls Jin. Nous allons perdre des guerriers, pour gagner quoi ? Où a-t-on déjà vu du bétail qui ne mangerait pas la belle herbe verte de la prairie ici et voudrait aller mâcher du sable de l'autre côté de la montagne ? Si nous devons nous battre, ce sera seulement contre l'Empire Jin !
    - To'oril et Senggüm ne veulent pas trahir les Jin.
    - Trahir ? persifla Temüjin. Trahir ? Et toi ?
    - Je te prie, frère, de ne pas te mettre en colère : relâche Dushi, et Senggüm, je m'en porte garant, te laissera repartir en sécurité.
    - Je n'ai pas confiance en Senggüm, et je n'ai pas confiance en toi!
    - Voici les propos de Senggüm, dit Jamuqa. Si un fils meurt, d'autres fils peuvent encore naître. Si Temüjin meurt, il n'y aura plus jamais d'autre Temüjin dans le monde ! Si tu ne relâches pas Dushi, tu ne verras pas le soleil se lever demain !
    Temüjin connaissait bien le caractère de Senggüm et de Jamuqa. S'il tombait entre leurs mains, il le savait bien, il n'aurait aucune chance de survie, alors que, si To'oril était là, il aurait pu avoir la vie sauve. Il brandit son sabre et fit un moulinet.
    - Plutôt mourir au combat, cria-t-il, et jamais me rendre ! Sous le ciel, il n'y a qu'un Temüjin mort au champ d'honneur, et pas de Temüjin qui se rend !
    Jamuqa se leva.
    - Tu donnes tout le butin aux guerriers, en leur disant qu'il leur appartient, et non à la tribu tout entière. Les chefs de tribus estiment que tu fais une erreur, que tu vas à l'encontre des traditions.
    - Mais les jeunes guerriers sont ravis ! dit Temüjin avec sévérité. Les chefs de tribus prétendent que les trésors ramenés de la guerre ne peuvent pas être distribués équitablement à chacun, alors ils gardent tout pour eux. Une telle pratique indigne les guerriers qui ont risqué leur vie pour les rapporter. Quand nous faisons la guerre, avons-nous besoin des chefs de tribus stupides et avides, ou avons-nous besoin de jeunes guerriers courageux ?

  4. #4
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    Part 6-3

    - Frère, dit Jamuqa, tu as toujours fait cavalier seul, sans écouter les conseils des chefs de tribus. Ne me traite pas d'ingrat ou de traître : ces derniers jours, tu n'as cessé d'envoyer des gens pour essayer de convaincre mes soldats de rejoindre ton armée, en disant que, chez toi, le butin appartient à celui qui l'a conquis, et ne sera pas distribué entre tous les membres de la tribu. Crois-tu que je ne le sais pas ?
    « Si tu es au courant de cela, se dit Temüjin, alors nous ne pourrons plus jamais nous réconcilier ». Il prit un petit sachet de son gousset et le jeta aux pieds de Jamuqa :
    - Voici les cadeaux que tu m'as faits lorsque nous nous sommes juré, par trois fois, fidélité. Reprends-les. Tout à l'heure, quand tu abattras ton sabre sur ma nuque, tu tueras seulement un ennemi, et non un frère juré... Je suis un héros, tu es aussi un héros. La plaine de Mongolie est vaste, mais elle ne peut contenir deux héros.
    Jamuqa ramassa le sachet, prit une petite bourse de cuir de son propre gousset, le déposa en silence aux pieds de Temüjin, et redescendit de la colline.
    Temüjin le regarda s'éloigner et demeura longtemps silencieux. Il ouvrit lentement la bourse de cuir, en retira les pierres incrustées et les pointes de flèche, et les scènes de jeux des deux enfants remontèrent à sa mémoire. Il soupira, creusa un trou avec son coutelas et y enfouit les cadeaux de son ex-frère.
    Guo Jing se tenait à côté de lui, le cœur lourd également : ce que Temüjin enterrait, il le savait bien, c'était une amitié d'enfance infiniment précieuse.
    Le Khan se releva et regarda au loin : à perte de vue, les feux allumés par les soldats des armées de Senggüm et de Jamuqa illuminaient la plaine, comme les myriades d'étoiles dans le ciel.
    Il resta plongé dans ses pensées, se retourna et vit Guo Jing près de lui.
    - As-tu peur ? demanda-t-il.
    - J'étais en train de penser à ma mère, répondit le jeune homme.
    - Oui, tu es un brave, dit Temüjin, un vrai brave !
    Il montra les milliers de feux qui illuminaient la plaine :
    - Eux aussi, poursuivit-il, ce sont des braves ! Nous autres, Mongols, avons tant de braves, mais tout le monde passe son temps à se faire la guerre. Si nous pouvions nous unir, nous ferions du monde entier un pâturage pour nos troupeaux !
    Guo Jing, en entendant ces paroles si ambitieuses, n'en éprouva que plus d'admiration pour Temüjin. Il bomba le torse et dit :
    - Grand Khan, nous allons sûrement gagner, car nous ne pouvons être battus par ce lâche de Senggüm !
    - Exactement, répondit Temüjin, le visage radieux. Rappelons-nous ce que nous nous sommes dit ce soir. Si nous nous en sortons vivants cette fois-ci, je te considérerai désormais comme mon propre fils.
    Il étreignit le jeune homme.
    Pendant qu'ils parlaient, le jour s'était levé. Le cor sonna à plusieurs reprises dans les rangs des assiégeants.
    - Les secours ne viendront pas, dit Temüjin. Préparons-nous à mourir sur cette colline.
    On entendit dans l'armée adverse le cliquetis des armes et les hennissements des chevaux : l'attaque était imminente.
    - Grand Khan, dit soudain Guo Jing, mon cheval rouge est extrêmement rapide. Prends-le et ramène des secours. Pendant ce temps, nous resterons ici pour faire face aux ennemis.
    Temüjin sourit et tendit la main pour caresser les cheveux du jeune homme :
    - Si Temüjin, dit-il, était capable d'abandonner ses amis et ses hommes pour s'enfuir, par peur de mourir, il ne serait plus votre Khan!
    - C'est vrai, Grand Khan, reconnut Guo Jing, j'ai eu tort...
    Ils se postèrent derrière les monticules de terre, prêts à tirer des flèches sur les assaillants.
    Peu après, précédés par un étendard jaune, trois hommes quittèrent les rangs de l'ennemi et s'avancèrent : à gauche, Senggüm ; à droite, Jamuqa ; au centre, c'était, ô surprise, le Sixième Prince de l'Empire Jin, Wanyan Honglie ! Revêtu d'une armure et d'un casque en or, un bouclier d'or au bras, il cria :
    - Temüjin, tu oses trahir le grand Empire Jin ?
    Jöchi, le fils aîné de Temüjin, décocha une flèche sur lui, qu'un homme de son escorte saisit en plein vol, avec une rapidité stupéfiante.
    - Capturez-moi Temüjin ! cria Wanyan Honglie.
    À ces mots, quatre hommes se précipitèrent vers le haut de la colline.
    Leurs mouvements provoquèrent une grande surprise chez Guo Jing: il constata, en effet, que les nouveaux arrivants, qui utilisaient une technique d'apesanteur, étaient des experts en arts martiaux, et non des guerriers ordinaires. Arrivés à mi-colline, ils évitèrent avec agilité la pluie de flèches que faisaient tomber Jebe, Bo'orchu et les autres. « Nous avons ici des officiers et des braves de grande valeur, s'inquiéta Guo Jing, mais ils ne peuvent en aucun cas vaincre des experts en arts martiaux ! Que faire ? »
    L'un d'entre eux, vêtu de noir, bondit jusqu'au sommet de la colline. Ögödei s'interposa, mais le nouveau venu l'atteignit à la nuque avec une fléchette et abattit son sabre sur le blessé. Or, en un éclair, une épée s'en prit à son poignet, avec rapidité et précision, si bien qu'il fut obligé de reculer de trois pas. Surpris, il vit un jeune homme aux traits virils se tenir devant Ögödei. Ne s'attendant pas à trouver, parmi les soldats de Temüjin, un expert en escrime, il s'écria, en chinois :
    - Qui es-tu ? Quel est ton nom ?
    - Je m'appelle Guo Jing !
    - Jamais entendu parler de toi ! Dépêche-toi de te rendre ! Guo Jing jeta un regard alentour, vit que les trois autres
    attaquants se trouvaient désormais au sommet de la colline et s'étaient déjà engagés dans un combat corps à corps avec Chila'un, Bo'orchu et les autres. Lui-même porta un coup d'estoc à l'homme au sabre. Celui-ci para et répliqua.
    Les soldats de Senggüm s'apprêtaient à se lancer à l'assaut de la colline, quand Muqali posa le tranchant de son sabre sur la nuque de Dushi :
    - Si vous montez, cria-t-il, ma lame sera sans pitié ! Senggüm, très inquiet, se tourna vers Wanyan Honglie :
    - Seigneur, dites à vos hommes de se retirer, nous trouverons un autre moyen ! Il ne faut surtout pas blesser mon enfant !
    - Rassure-toi, dit Wanyan Honglie en souriant, il ne lui arrivera rien !
    Il voulait précisément que Temüjin tuât Dushi, afin de faire naître une haine durable entre les deux tribus.
    Les hommes de Senggüm n'osèrent donc pas s'élancer, tandis que ceux du Prince étaient engagés dans un combat violent.
    Guo Jing déploya la technique de l'Épée de la Jeune fille Yue, que lui avait enseignée Han Xiaoying. Après plusieurs échanges, il se trouva, à sa grande surprise, en situation d'infériorité : ses coups, tout en légèreté et agilité, s'avéraient peu efficaces devant le sabre lourd et puissant de son adversaire. L'homme était vraiment habile, et semblait avoir un neigong conséquent. Les Six Fantasques, avec leurs gongfu multiples et leur vaste expérience, avaient montré à leur disciple l'essentiel des arts martiaux des différentes écoles de l'époque. Mais la technique du sabre de cet homme était particulière et étrange : un coup porté à droite retombait, par un retournement bizarre, à gauche ! Guo Jing, dérouté, ne cessait de reculer. Tout à coup, il songea : « Grand Shifu dit souvent que, dans le combat, il faut prendre l'initiative et non pas subir. En ce moment, je m'épuise à parer, je ne fais donc que subir ? ». Voyant un coup de sabre arriver, il décida de ne pas s'en soucier, pour se concentrer sur l'attaque, poussant son épée vers l'ennemi. Celui-ci, le voyant aussi téméraire et peu préoccupé de sa propre sécurité, eut peur et recula, Guo Jing prit ainsi l'initiative et redoubla d'ardeur. Devant cette avalanche de coups, l'homme commença à perdre son avantage.
    Ses trois compagnons, qui avaient déjà défait plusieurs officiers mongols, le virent en difficulté. L'un d'entre eux, armé d'une grande lance, s'approcha d'un bond :
    - Grand-frère, je viens te donner un coup de main !
    Mais l'homme au sabre avait une très haute idée de lui-même : embauché à prix d'or par Wanyan Honglie, c'était la première fois qu'il faisait la démonstration de ce dont il était capable. Comment aurait-il pu accepter, au vu et au su de toute l'armée, l'aide de son frère d'armes, et s'avouer ainsi incapable de vaincre un jeune blanc-bec ?
    - Ne bouge pas, cria-t-il, admire la dextérité de ton Grand-frère !
    Profitant de sa distraction, Guo Jing, d'un coup « Le Phénix s'envole et le serpent bondit », lui ***éna une pointe par le bas. L'homme recula, mais la lame lui avait déjà fendu la manche gauche.
    - Hé, hé, ricana l'homme à la lance. Venez admirer la dextérité de Grand-frère !
    La moquerie était évidente : il semblait se réjouir du malheur de son grand frère !
    Jebe et tous les officiers s'étaient rassemblés autour de Temüjin pour le protéger. Devant l'attitude martiale de ces guerriers d'élite, armés de longues lances, les deux autres assaillants, dont l'un utilisait un fouet de fer et l'autre une paire de haches courtes, n'osèrent pas attaquer de front. Ils entendirent alors l'appel de leur frère d'armes. De toute façon, se dirent-ils, ces Mongols ne peuvent nous échapper, pourquoi ne pas assister au spectacle d'abord ? Les trois se tinrent côte à côte, les bras croisés, pour regarder le combat de leur Grand-frère avec Guo Jing.
    L'homme au sabre se recula et cria :
    - Qui est ton maître ? Pourquoi viens-tu chercher la mort ici ? Guo Jing resta en garde mais s'employa à utiliser le langage des
    Fleuves et des Lacs enseigné par ses maîtres :
    - Je suis disciple des Sept Fantasques du Jiangnan. Quels sont vos honorables noms et surnoms ?
    Il avait répété ces formules pendant longtemps, mais c'était la première fois qu'il s'en servait vraiment.
    - Nos noms, dit l'homme au sabre en jetant un regard vers ses frères d'armes, même si je te les disais, tu ne les connaîtrais pas, blanc-bec ! En garde !
    Après ces premières passes d'armes, Guo Jing avait bien senti que son adversaire était plus fort que lui. Mais la technique enseignée par son Septième Shifu était extrêmement sophistiquée et provoquait une grande appréhension chez l'ennemi, si bien qu'il put reprendre l'initiative et attaquer sans reculer. Ils échangèrent encore une trentaine de coups. La tension était extrême : les dizaines de milliers de soldats au bas de la colline, les hommes et les officiers de Temüjin, les trois autres assaillants, tous regardaient avec attention ce combat étonnant. L'homme au sabre voulait absolument l'emporter, afin de bien se faire voir du Sixième Prince mais, le temps passant, il commençait à s'énerver, et ses coups se faisaient de plus en plus violents. Soudain, il feinta et attaqua la taille de Guo Jing. Celui-ci pivota et répliqua d'un coup « Se retourner pour cueillir le fruit » vers le bras qui tenait le sabre. L'adversaire, voyant qu'il ne semblait pas se préoccuper de parer, crut son heure venue : « Quand ton épée touchera son but, se dit-il, mon sabre t'aura déjà coupé en deux ! ». Or, Guo Jing, fort de son solide neigong, décala sa taille de côté, sans même bouger le reste du corps, évita le sabre et lui planta son épée dans la poitrine.
    L'homme poussa un râle, lâcha son sabre, donna un coup de la main sur la lame et fit tomber à terre l'épée, alors que la pointe de celle-ci avait déjà pénétré d'un demi-pouce dans sa poitrine ! Il eut donc la vie sauve, mais sa paume fut entaillée et saigna abondamment.
    Guo Jing aurait donc pu le tuer mais, faute d'expérience, il avait laissé échapper l'occasion. « Quel dommage ! » se dit-il en se baissant pour ramasser le sabre de l'ennemi. Il perçut alors le sifflement d'une arme derrière lui et entendit Jebe crier :
    - Attention, derrière !

  5. #5
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    Part 6-4

    Sans même se retourner, Guo Jing donna un coup de pied en arrière et bloqua la lance qui venait vers lui. En même temps, il porta un coup de sabre sur la main de l'ennemi : c'était précisément le coup « L'Hirondelle rentre dans son nid », qui faisait partie de la technique « Sabre du Mont méridional », enseigné par Nan Xiren. Ce coup de pied, donné sans même regarder, exigeait une précision absolue, sinon, la lance ennemie lui arrivait en plein cœur ! Il avait fallu à Guo Jing des mois d'entraînement pour réussir à le maîtriser.
    - Bien ! s'écria l'homme à la lance.
    Il fit un moulinet et piqua vers la poitrine de Guo Jing. Celui-ci répliqua par un « L'Homme ivre ôte sa botte », qui consistait à écarter la lance avec le sabre, tout en donnant un coup de pied sur le poignet de l'ennemi.
    Cet homme croyait que Guo Jing s'était surtout entraîné pour le maniement de l'épée et voulait profiter du fait qu'il avait perdu son arme, afin d'obtenir une victoire facile. Or, il n'avait pas prévu que la formation du jeune homme aurait été aussi polyvalente, non limitée à une arme, ni qu'il se montrerait aussi habile au sabre. Il avait lui-même sué sang et eau sur la lance pendant près d'une vingtaine d'années, son Shifu était un des meilleurs dans cette spécialité, aussi donna-t-il du fil à retordre à Guo Jing.
    Le jeune homme voyait bien que la lourde lance de l'ennemi cherchait constamment à lui faire sauter le sabre de la main, par des coups très rapides, ce qui signifiait que l'homme recherchait une victoire rapide, susceptible d'assurer sa renommée devant les armées. Mais au bout de plusieurs dizaines d'échanges, il se rendit compte que son adversaire fatiguait, que sa lance ralentissait. Il en profita pour déployer toute la puissance du Sabre du Mont méridional, chargeant, fendant, pourfendant, tranchant, voltant... Même le Grand-frère des quatre assaillants, expert en sabre, en fut impressionné.
    Il porta un coup « Avancer d'un pas pour saisir le panier », écartant la lance de la main gauche. Normalement, il aurait dû alors avancer d'un pas et fendre avec le sabre de la main droite sur l'ennemi. Mais au contact de la lance, sa paume sentit immédiatement la lenteur de l'adversaire. Depuis deux ans qu'il pratiquait le neigong, les réactions de son corps étaient devenues plus rapides que sa capacité de réflexion. Dès qu'il perçut la faiblesse de l'ennemi, sans même réfléchir, il pivota la paume gauche, saisit la hampe par un mouvement de « Dissocier les tendons et disloquer les os » ; son sabre, au lieu d'attaquer le corps de l'ennemi, glissa le long de la hampe, de telle sorte que, si celui-ci ne lâchait pas immédiatement prise, il allait perdre ses dix doigts. L'homme tira de toutes ses forces, mais ne réussit pas à arracher sa lance, quand il vit la lame du sabre à quelques pouces de ses doigts, il eut si peur qu'il lâcha tout et bondit en arrière !
    De fait, les Six Fantasques avaient pensé que, Yang Tiexin étant le descendant direct du grand général Yang Zaixing, il devait être expert dans la Lance de la Famille Yang. Qiu Chuji, pour sa part, avait dû accorder une attention particulière à cette arme dans la formation du fils Yang, afin de ne pas faillir à la réputation de ses ancêtres. Ainsi, en enseignant le sabre à Guo Jing, Nan Xiren avait particulièrement insisté sur la technique dite « Un Sabre seul défait la lance », qu'il lui avait fait apprendre par cœur. Et avant même de servir à Jiaxing, cette technique permettait à Guo Jing de réaliser un coup d'éclat dans le désert !
    Après cette victoire, le jeune homme se sentit plus fort encore : d'un geste vif, il jeta le sabre au bas de la colline, redressa la lance. Le quatrième homme bondit sur lui en vociférant, attaquant avec ses deux haches courtes. Mais comment aurait-il pu arriver près de Guo Jing ? À ce sujet, les spécialistes se sont toujours accordés sur le fait que plus une arme était longue, plus elle permettait de dominer : ceux qui utilisaient des armes courtes devaient effectivement arriver près de leur adversaire pour l'atteindre. Prévoyant que Yang Kang serait sans doute bien entraîné dans le maniement de la lance, les Six Fantasques en avaient également donné une formation exhaustive à leur disciple. L'arme de prédilection de Quan Jinfa, la balance, avait une technique dérivée de celle de la lance. Ainsi, ce fut lui qui prit en main cet enseignement. Sous la dynastie Song, l'armée accordait beaucoup d'importance à la lance. Sans même parler de la Lance de la Famille Yue, nombre de grands généraux, tels Yang Ye ou Huyan Zhan, étalent des experts de la lance.
    Précisément, la technique déployée ici par Guo Jing était la Lance de Huyan, très répandue à l'époque. Son adversaire avait beau agiter ses haches, il ne pouvait approcher à moins d'une toise. Cependant, ses coups étaient suffisamment puissants pour inquiéter le jeune homme. Celui-ci pensa alors aux stratagèmes bizarres de son Sixième Shifu et fit semblant de trébucher. L'adversaire ne manqua pas de profiter de cette occasion : il bondit, poussa un grand cri et abattit ses haches sur Guo Jing. Celui-ci para en levant sa lance, qui fut brisée en trois morceaux. Mais cela lui donna le temps de placer un coup de pied dans le ventre de l'ennemi, qui fut projeté au loin. Il se releva, furieux, et revint à l'attaque. Guo Jing, qui n'avait plus d'armes, n'eut pas peur pour autant et combattit à mains nues.
    L'un des frères d'armes de l'homme aux haches vint à la rescousse avec son fouet. Ils étaient ainsi à deux contre un, ce qui provoqua l'indignation de tous les soldats. En effet, les Mongols, simples et francs, respectaient par-dessus tout les braves. Ils étaient déjà scandalisés de voir ces quatre hommes se relayer pour combattre Guo Jing, or. les voilà maintenant se mettre à deux contre un homme désarmé ! Ils sifflèrent cette attitude vraiment peu honorable tout en leur criant d'arrêter : Guo Jing avait beau être leur adversaire, ils l'acclamaient pour l'encourager.
    Bo'orchu et Jebe dégainèrent leur sabre et se lancèrent dans la mêlée, si bien que les deux autres assaillants se joignirent également au combat. Les deux Mongols étaient invincibles sur le champ de bataille, mais ils ne faisaient pas le poids, dans un combat corps à corps, contre des experts en arts martiaux. Ils purent tenir péniblement pendant une di2aine d'échanges, avant de voir tomber leurs armes et de devoir reculer, Guo Jing dut même leur venir en aide, afin de les dégager.
    Les quatre assaillants n'avaient qu'une obsession : tuer Guo Jing. « En effet, se disaient-ils, si nous perdons aujourd'hui face à ce novice, comment pourrons-nous encore nous montrer dans les Fleuves et les Lacs ? Comment pourrons-nous tenir notre rang auprès du Sixième Prince ? » Alors ils laissèrent tranquilles les deux officiers mongols pour entourer le jeune homme. Les soldats au sommet et au pied de la colline redoublèrent de huées et d'injures, mais les quatre firent la sourde oreille. L'homme à la lance avait ramassé par terre un javelot, Guo Jing voyait s'abattre sur lui, en même temps, sabre, javelot, fouet et haches ! Comme, en plus, il était désarmé, il ne pouvait ni parer ni riposter, si bien qu'il dut se contenter d'éviter les coups, en déployant sa technique d'apesanteur. Il reçut cependant plusieurs coups, et tomba à terre.
    La situation devenait critique pour lui lorsque des cris se firent entendre au pied de la colline : un tumulte agita les rangs de l'armée de Senggüm, on vit six individus se faufiler agilement entre les soldats et gravir la colline. Les Mongols crurent qu'il s'agissait d'autres sbires de Wanyan Honglie venant prêter main-forte à leurs congénères et manifestèrent bruyamment leur désapprobation.
    Les hommes de Temüjin s'apprêtaient à tirer des flèches pour les empêcher d'approcher quand Jebe, dont la vision était particulièrement aiguë, reconnut les Six Fantasques du Jiangnan.
    - Jing, cria-t-il, voilà tes Shifu !
    Guo Jing, qui n'en pouvait plus, fut ragaillardi.
    Arrivés les premiers, Zhu Cong et Quan Jinfa virent tout de suite la situation périlleuse dans laquelle se trouvait leur disciple. Quan bondit et écarta, d'un coup de sa balance, les quatre armes:
    - N'avez-vous pas honte ! cria-t-il.
    Sentant une grande douleur à leurs mains, les quatre hommes comprirent qu'un adversaire autrement plus coriace venait d'arriver et reculèrent. Zhu Cong releva Guo Jing. Entre-temps, les autres Fantasques arrivèrent.
    - Voyous sans vergogne ! grondait Quan Jinfa. Ouste ! Fichez-moi le camp !
    L'homme au sabre se rendait bien compte qu'ils avaient perdu l'avantage et que, s'ils poursuivaient le combat, ils seraient défaits. Mais s'ils redescendaient, ils perdaient la face et ne pourraient plus rester chez le Sixième Prince !
    - Êtes-vous les Six Fantasques du Jiangnan ? demanda-t-il pour se donner une contenance.
    - Exactement, répondit Zhu Cong en riant. Qui êtes-vous ?
    - Nous sommes les disciples du « Roi-Dragon des Portes démoniaques ».
    Les Six Fantasques furent très surpris, car, en voyant ces individus abuser de leur supériorité numérique, ils avaient cru qu'il s'agissait de vauriens sans maître. Or, le Roi-Dragon des Portes démoniaques, Sha Tongtian, était une personnalité de poids dans le monde des arts martiaux.
    - Vous cherchez à usurper un nom ou quoi ? demanda Ke Zhen'e d'une voix glaciale. Le Roi-Dragon des Portes démoniaques est un personnage de renom, comment pourrait-il avoir des disciples aussi misérables que vous ?
    - Qui usurpe un nom ? se fâcha l'homme aux haches. Voici notre Grand-frère Shen Qinggang, dit « Sabre Brise-âme » ; voici Second frère, Wu Qinglie, dit « Lance Arrache-vie » ; voici Troisième frère Ma Qingxiong, dit « Fouet Emporte-esprit » ; et je suis Qian Qingjian, dit « Haches Enterre-famille ».
    - Apparemment, dit Ke Zhen'e, ça semble être vrai. Vous êtes donc les « Quatre Démons du Fleuve jaune ». Dans les Fleuves et les Lacs, vous occupez pourtant une certaine position, comment vous abaissez-vous à attaquer à quatre contre un, alors que mon disciple est tout seul ?
    Wu Qinglie voulut faire le malin :
    - Comment ça, quatre contre un ? argumenta-t-il. Votre disciple n'est-il pas aidé par tous ces Mongols ? En fait, nous sommes quatre contre plusieurs centaines !
    - Troisième frère, demanda Qian Qingjian à Ma Qingxiong, cet aveugle se montre bien fanfaron. Qui est-ce ?
    Il avait posé la question à voix basse, mais Ke Zhen'e l'entendit. Très fâché, il bondit d'un coup de canne jusqu'à Qian, le prit par le collet et le jeta au bas de la colline. Les trois autres Démons n'eurent même pas le temps de réagir, Ke Zhen'e était déjà sur eux, les empoignant l'un après l'autre et les jetant pareillement au loin. Tous les soldats mongols poussèrent des cris de joie. Les Quatre Démons du Fleuve jaune, couverts de sable, se relevèrent péniblement, les membres endoloris et la honte au visage.
    A ce moment-là, on vit au loin s'élever d'immenses nuages de poussière, comme si des dizaines de milliers de cavaliers accourraient. Un flottement agita immédiatement l'armée de Senggüm.
    Temüjin, ravi de voir arriver les secours, savait qu'une discipline de fer régnait dans l'armée de Jamuqa, que ses officiers et soldats étaient parfaitement aguerris, alors que Senggüm, protégé par la réputation de son père, était un piètre chef de guerre. Il montra alors l'aile gauche de Senggüm et cria :
    - À l'attaque dans cette direction !
    Jebe, Bo'orchu, Jöchi et Jagataï foncèrent les premiers. On entendait au loin les cris des guerriers de la colonne de secours. Muqali plaça le tranchant de son sabre sur la nuque de Dushi et hurla :
    - Laissez passer ! Laissez passer !
    Senggüm, qui allait ordonner à ses hommes de barrer le passage, hésita en voyant son fils ainsi menacé. En un clin d'oeil, la petite troupe de Temüjin se trouvait au pied de la colline. Jebe visa soigneusement et décocha une flèche en direction de la tête de Senggüm. Celui-ci s'écarta précipitamment, mais le projectile l'atteignit à la joue droite et il tomba à bas de sa monture. Voyant leur chef chuter, ses hommes prirent la fuite dans une piteuse débandade.
    Temüjin et ses compagnons rompirent le siège, tirant des flèches sur ceux qui les pourchassaient. Quelques li plus loin, apparut, dans un nuage de poussière, Tolui et ses troupes. Les poursuivants, qui avaient toujours craint la bravoure de Temüjin, n'avaient plus l'avantage du nombre et tournèrent casaque.
    En fait, Tolui, trop jeune, n'avait pas pu se faire obéir des chefs de tribus et des généraux, d'autant qu'il ne disposait pas du sceau personnel de son père. Il n'avait donc pu réunir que quelques milliers de jeunes guerriers qui avaient bien voulu le suivre. N'étant pas stupide, il savait bien que l'ennemi, supérieur en nombre, ne ferait qu'une bouchée de ces renforts. Il eut alors l'idée de faire attacher des branchages à la queue des chevaux, si bien que l'importante quantité de poussière ainsi soulevée dissimulait la faiblesse de ses troupes. Le stratagème fut un succès, Temüjin put rentrer au camp sain et sauf.

  6. #6
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    Part 6-5

    Ce soir-là, Temüjin donna un grand banquet pour récompenser ses troupes, mais il plaça Dushi à la place d'honneur, ce qui suscita l'indignation générale.
    Le Khan porta trois toasts pour lui rendre hommage et dit :
    - To'oril, mon père adoptif, et mon frère Senggüm m'ont toujours bien traité. Il n'y a aucun motif de haine entre les deux familles. Je te prie de leur présenter mes excuses, que j'appuierai de cadeaux de grande valeur. Qu'ils veuillent bien ne pas m'en tenir rigueur. Après ton retour, tu vas préparer le mariage avec ma fille. Nous donnerons une grande fête, où nous convierons les chefs de toutes les tribus. Ce sera une grande réjouissance. Tu es mon gendre, tu es donc mon fils. Désormais les deux familles doivent être unies comme une seule et ne pas se laisser séparer par des ragots.
    Dushi, soulagé de ne pas être tué, accepta tout ce qu'on voulait. Ayant remarqué que Temüjin, quand il parlait, gardait la main droite sur la poitrine, sous sa tunique, et toussait sans arrêt, il se demanda : « Serait-il blessé ? »
    - Aujourd'hui, dit effectivement le Khan, j'ai reçu une flèche ici. Il faudra bien trois mois de convalescence avant que je ne retrouve la santé, sinon je t'aurais raccompagné moi-même.
    Il retira sa main de sous sa tunique : elle était pleine de sang !
    - Il faudra même, reprit-il, vous marier avant que je ne me rétablisse... Sinon... il faudra peut-être attendre trop longtemps...
    Tous les officiers présents étaient stupéfaits, outrés de voir leur Khan aussi timoré et craintif à l'égard de To'oril, et toujours aussi désireux de marier Huazheng à Dushi. Le fils du commandant d'un gourane faisait partie de la garde rapprochée de Temüjin et avait été tué en défendant la colline. Ce commandant, fou de colère, dégaina son sabre et voulut tuer Dushi. Le Khan le fit saisir et bastonner devant le fils de Senggüm jusqu'à ce qu'il s'évanouît, couvert de sang.
    - Qu'on l'emprisonne, commanda Temüjin, et qu'on le décapite avec toute sa famille dans trois jours !
    Le lendemain, Dushi rentra chez lui, emmenant deux chariots remplis d'or et de fourrures, mille moutons gras, cent destriers, le tout escorté par cinquante soldats. Temüjin avait envoyé aussi un émissaire réputé pour son éloquence, afin qu'il plaidât sa cause auprès de To'oril et de Senggüm. Au moment du départ, Temüjin, qui n'avait même plus la force de monter à cheval, arriva sur un brancard et fit ses adieux, en haletant, à Dushi.
    Huit jours plus tard, Temüjin réunit ses officiers :
    - Rassemblez vos troupes, ordonna-t-il, nous allons attaquer To'oril !
    Tous se regardèrent, interloqués.
    - To'oril a une armée très importante, alors que nous sommes peu nombreux. Quand on ne peut pas remporter une bataille frontale, il faut ruser. J'ai laissé partir Dushi en le couvrant de cadeaux, puis j'ai fait semblant d'avoir été blessé par une flèche et d'être à l'article de la mort, tout cela pour qu'ils baissent la garde !
    Les généraux manifestèrent leur admiration. A ce moment-là, Temüjin fit relâcher ce commandant qu'il avait fait bastonner et lui donna une forte récompense. En apprenant que l'armée allait attaquer To'oril, l'homme ne se sentit plus de joie. Il se prosterna pour remercier et demanda l'honneur de commander l'avant-garde, ce que Temüjin lui accorda.
    L'armée du Khan se scinda en trois colonnes, qui cheminèrent la nuit, bivouaquant le jour, en empruntant les sentiers détournés. Quand ils rencontraient des bergers, ils les faisaient prisonniers et les emmenaient, pour éviter toute indiscrétion.
    Au début, To'oril et Senggüm, craignant que Temüjin ne vînt se venger, s'étaient tenu sur leur garde. Mais le retour triomphal de Dushi, les cadeaux qu'il ramenait, les propos obséquieux de l'émissaire et la nouvelle de la grave blessure du Khan achevèrent de les rassurer. Ils retirèrent même les sentinelles et passaient leur temps à festoyer avec Wanyan Honglie et Jamuqa. Or, une nuit, les trois colonnes de Temüjin tombèrent sur eux comme la foudre ! Les troupes de To'oril et de Jamuqa avaient beau être nombreuses, dans la panique, elles avaient perdu toute combativité : ce fut un sauve-qui-peut général. To'oril et Senggüm s'enfuirent vers l'ouest, ils furent par la suite tués par les Naïmans et les Liaos. Dans la cohue, Dushi fut piétiné par les chevaux. Wanyan Honglie, pour sa part, s'échappa en pleine nuit, sous la protection des Quatre Démons du Fleuve jaune et retourna à la capitale Jin.
    Abandonné par ses troupes, Jamuqa se réfugia sur la montagne Tangnu avec cinq gardes. Ceux-ci s'emparèrent de lui alors qu'il mangeait et l'amenèrent à Temüjin.
    Celui-ci entra dans une colère terrible :
    - Des gardes qui trahissent leur maître ! s'écria-t-il. A quoi bon laisser en vie des gens aussi vils ?
    Il ordonna qu'on les décapitât en présence de Jamuqa. Puis il se tourna vers celui-ci :
    - Redevenons amis, veux-tu ?
    - Même si tu épargnes ma vie, répondit celui-ci les larmes aux yeux, je n'ai plus d'honneur pour être de ce monde. Je te supplie seulement de m'accorder une mort sans effusion de sang, afin que mon âme ne s'écoule pas hors de mon corps*.

    * D'après les croyances chamanistes, l'âme résidait dans le sang. Les princes que l'on exécutait mais auxquels on souhaitait rendre hommage étaient donc mis à mort par asphyxie.
    Temüjin demeura longtemps silencieux et triste.
    - Bien, dit-il enfin. Je t'accorde une telle mort, et je t'enterrerai sur les lieux de nos jeux d'enfant.
    Jamuqa se prosterna, et quitta la tente.
    Quelques jours plus tard, Temüjin réunit les tribus sur les bords de la rivière Onon en un kuriltai (assemblée générale). Sa renommée s'étendait alors au-delà du grand désert : les tribus, guerriers et bergers, tous le craignaient et le révéraient. Les hommes de To'oril et de Jamuqa avaient été incorporés dans son armée. Au cours du kuriltai, Temüjin fut acclamé Grand Khan de toute la Mongolie, il porterait désormais le titre de « Gengis Khan », c'est-à-dire « Chef suprême ».
    Gengis Khan récompensa les soldats les plus méritants : Muqali, Bo'orchu, Boro'ul, Chila'un, les Quatre Intrépides, ainsi que d'autres officiers, Jebe, Jelme et Süboteï, furent faits généraux. Durant cette bataille, Guo Jing avait rendu des services exceptionnels et il fut fait général aussi ! Un jeune homme qui n'avait pas vingt ans considéré comme l'égal des officiers de grand renom !
    Au cours du banquet, Gengis Khan reçut l'hommage de ses fidèles et but sans modération. Légèrement soûl, il dit à Guo Jing :
    - Mon brave garçon, je vais te donner encore quelque chose qui m'est des plus précieux.
    Guo Jing s'agenouilla pour remercier.
    - Je te donne Huazheng, dit Gengis Khan. A partir de demain, tu seras mon Gendre au coutelas d'or !
    Tous les guerriers poussèrent des cris de joie et félicitèrent le jeune homme :
    - Gendre au coutelas d'or ! Bien, bravo !
    Le plus content de tous était sans aucun doute Tolui, qui se jeta au cou de son frère juré.
    Le principal intéressé demeurait comme stupéfait. Il avait toujours considéré Huazheng comme sa sœur et n'éprouvait pas le moindre sentiment amoureux à son égard. Il avait d'ailleurs consacré tout son temps aux arts martiaux, quand aurait-il eu l'occasion de penser à cela ? Les mots de Gengis Khan le jetèrent dans le désarroi et il ne savait plus quoi faire. Le voyant interloqué, tous éclatèrent de
    rire.
    Après le banquet, Guo Jing alla informer sa mère. Li Ping demeura songeuse pendant longtemps, puis lui demanda de faire venir les Six Fantasques du Jiangnan.
    Ceux-ci se réjouissaient de voir leur disciple bien-aimé couvert d'honneur et ils en félicitèrent sa mère. Celle-ci ne dit mot, puis tomba soudain à genoux, se prosternant devant les Six.
    - Relevez-vous ! protestèrent-ils. Si vous avez quelque chose à nous dire, faites-le, pourquoi tant de cérémonie ?
    Han Xiaoying l'aida à se relever.
    - Grâce à l'enseignement des six Shifu, dit Li Ping, mon enfant est enfin devenu un homme. Jamais je ne pourrais vous exprimer toute ma reconnaissance. Mais aujourd'hui, je me trouve devant une difficulté et j'ai besoin de votre conseil éclairé.
    Elle raconta alors le mariage qui avait été arrangé par son défunt mari et son frère juré, Yang Tiexin.
    - Que le Khan veuille de mon fils comme gendre, reprit-elle, c'est un grand honneur bien sûr. Mais si Oncle Yang a laissé une fille et que je ne tiens pas la promesse faite, comment pourrais-je plus tard, dans les Neuf Sources, me présenter devant mon mari et devant Oncle Yang ?
    - Ne vous inquiétez pas, dit Zhu Cong en riant. L'honorable Yang a effectivement laissé une descendance, mais ce n'est pas une fille : c'est un garçon !
    Li Ping fut étonnée et ravie à la fois.
    - Comment le savez-vous, Shifu Zhu ?
    - Un ami resté dans les Plaines centrales nous a écrit pour nous en informer. D'ailleurs, il souhaite que nous emmenions Jing dans le Jiangnan pour rencontrer l'enfant Yang, et comparer leurs gongfu respectifs.
    De fait, les Six Fantasques n'avaient toujours rien dit, à Li Ping et à son fils, du défi lancé par Qiu Chuji. Lorsque Guo Jing posait des questions sur le petit taoïste Yi Zhiping, ils bredouillaient n'importe quoi, sans répondre vraiment. Connaissant la bonté de leur disciple, ils étaient persuadés que, s'il venait à connaître l'histoire de Yang Kang, il ne donnerait pas toute sa mesure lors du combat : ce serait fausser irrémédiablement la compétition.
    Les paroles de Zhu Cong ravirent Li Ping. Elle demanda si les époux Yang étaient toujours de ce monde, posa des questions sur le caractère de Yang Kang, les Six furent incapables de lui répondre. Ils convinrent alors que les Six emmèneraient Guo Jing dans le Jiangnan pour rencontrer le fils Yang, tout en recherchant Duan Tiande pour se venger. Guo Jing ne reviendrait qu'après pour épouser Huazheng.
    Guo Jing alla rapporter cet arrangement à Gengis Khan.
    - Bien, dit celui-ci. Va donc dans le Sud, tu me ramèneras la tête du Sixième Prince Jin, Wanyan Honglie. Si mon frère juré Jamuqa m'a trahi et a perdu la vie, c'est la faute de ce gredin. De combien d'hommes as-tu besoin pour mener à bien cette mission ?
    Après l'unification des tribus mongoles, Gengis Khan n'avait plus pour ennemi que l'Empire Jin. La confrontation aurait lieu tôt ou tard, c'était inévitable. Ayant rencontré Wanyan Honglie à plusieurs reprises, il connaissait son intelligence et sa compétence, il valait donc mieux se débarrasser de lui au plus vite. Quant à sa rupture avec Jamuqa, la véritable raison était ailleurs : il avait bouleversé les traditions, réservé les butins aux seuls guerriers, et cherché à attirer 3 dans sa propre armée les soldats de Jamuqa. Seulement, leur serment de fidélité était si notoire qu'il ne voulait pas reconnaître sa responsabilité et était ravi de tout mettre sur le compte de Wanyan ! Honglie.
    Depuis son enfance, Guo Jing entendait sa mère lui raconter les exactions des Jin. Il en avait conçu une grande haine à leur égard. Cette fois-ci, il avait failli périr sous les coups des Quatre Démons du I Fleuve jaune. Devant la question de Gengis Khan, il se dit : « Si mes six Shifu me prêtent main-forte, je réussirai certainement ma mission. I Emmener des braves, qui ne connaissent pas les arts martiaux, risque I plutôt de me gêner. »
    - Mes six Shifu m'accompagnent, répondit-il alors, je n'ai besoin de personne d'autre.
    - Très bien, dit Gengis Khan. Nous sommes encore faibles pour le moment et ne pouvons affronter l'Empire Jin dans l'immédiat.
    Il faut que te montres prudent pour ne pas laisser deviner nos intentions.
    Guo Jing acquiesça. Le Khan le gratifia de dix livres d'or pour son voyage, et offrit aux Six Fantasques une partie du butin pillé chez To'oril.
    Apprenant qu'il partait en mission dans le Sud, tous les amis de Guo Jing lui offrirent également des cadeaux.
    - Anda, recommanda Tolui, les gens du Sud n'ont pas de parole, tu dois faire très attention, et ne pas te laisser berner...
    Trois jours plus tard, Guo Jing et ses Shifu partirent à l'aube sur la tombe de Zhang Asheng pour lui rendre hommage. Puis ils revinrent faire leurs adieux à Li Ping, avant de prendre la route du Sud. Li Ping accompagna du regard la haute silhouette de son fils monté sur le petit cheval rouge qui s'éloignait dans le désert. Elle pensa à son accouchement sur le champ de bataille désolé, et se sentit le cœur serré.
    Après avoir cheminé pendant une dizaine de li, Guo Jing vit deux aigles blancs planer dans le ciel : Tolui et Huazheng étaient venus lui faire leurs adieux. Tolui lui offrit encore un manteau de grande valeur en zibeline entièrement noir, sans un seul défaut, qu'il avait pris à To'oril. Huazheng, les joues fiévreuses, regardait son futur époux sans rien dire.
    - Eh bien, petite sœur, dit Tolui, parle-lui donc ! Je ne vais pas écouter ce que vous vous direz !
    Il éclata de rire et s'éloigna.
    Huazheng pencha la tête, ne trouva rien à dire...
    - Reviens vite ! finit-elle par murmurer. Guo Jing hocha la tête.
    - Qu'as-tu encore à me dire ? demanda-t-il. Elle secoua la tête.
    - Alors, j'y vais...
    Elle baissa la tête sans un mot.
    Guo Jing se pencha, la serra légèrement dans ses bras, chevaucha jusqu'à Tolui, l'étreignit également, puis lança son cheval au galop afin de rattraper ses six Shifu qui étaient déjà loin.
    Le voyant aussi rigide, sans manifester aucune tendresse, alors qu'ils étaient fiancés et qu'il voyageait au loin, Huazheng sentit l'irritation l'envahir et fouetta violemment son malheureux cheval qui n'en pouvait mais...

  7. #7
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    Chapter 6-1

    " I have heard it said," Ma Yu went on," that this woman has lost her mind, and that she is, rather, worthy of pity. If she herself repents of her past sins, if she promises to no longer harm the innocent, and that furthermore she will not trouble the Jiangnan Odd Six, well, we could let her continue living because our departed master formerly had respectful relations with the master of Peach Blossom Island. Brother Qiu, you are the friend of the Odd Six; you should go to speak to them, to ask them to no more try and seek a reckoning with her. If both parties make an effort, the vendetta can extinguish itself."

    This time, he spoke without using his internal energy, in order that there did not appear to be such a great power difference between the others and himself.

    " That is easy," replied Zhu Cong. " The problem is knowing if Mei Chaofeng will agree to correct herself, or not."

    Suddenly, an icy voice was heard:

    " Many thanks to the Quanzhen Seven for their benevolence! I am here, Mei Chaofeng, in person!"

    Suddenly and surprisingly, she appeared. Ma Yu had hoped to frighten her and to make her leave, that she would regret her deeds and would amend her ways. But confident in her new power, she had the audacity to come and confront her opponents directly.

    " Being a woman," said Mei Chaofeng, " I would not dare to contest myself against the Taoist masters. But for a long time I have admired the gongfu of the Lady of Purity and Stillness, I ask the honour to measure myself to her."

    Armed with her whip, she stood on guard, waiting for Han Xiaoying's response.

    At that moment, Guo Jing was acutely aware that Huazheng had fallen to the ground, motionless. Having grown up with her, he held for the girl the affection of an elder brother. Without a moment's reflection, without even worrying about the terrifying presence of Mei Chaofeng, he leaped out and freed Huazheng. With a left hook, the 'Iron Corpse' seized his left wrist. Now, with Ma Yu, Guo Jing had practiced orthodox Taiost inner energy for two years, and his healthy body was strengthened by a natural force. With his right hand, he propelled Huazheng towards Han Xiaoying, while he pivoted his left hand with force and released himself from Mei's control. She, who possessed extremely swift skills, felt Guo Jing escape and advanced her hand immediately to recapture him. This time, she held him firmly, compressing the joint of the principal artery of his arm, so well that he could no longer move.

    " Who are you? she demanded in a terrible voice.

    " Zhiping," cried Zhu Cong, "listen!"

    Guo Jing, who was already panicked because he could not free himself, was going to reply instinctively "I am Guo Jing!" when he heard the warning of Zhu Cong.

    " I am..." he stammered, " I am Yin Zhiping... Disciple... disciple of the Quanzhen .. ... Spring"

    Although he had repeated those words thirty or forty times, in his panic he was not able to say it without stammering.

    " He is only a simple apprentice," Mei Chaofeng said to herself, " and his neigong already is capable: not only did he succeed in saving someone under my nose, but he has even been able to release himself from my first stroke! I think it's better that I retreat this time."

    She dropped his hand. Guo Jing itself hastily returned to his masters: five marks were deeply inlaid into the flesh of his left arm! He knew well that she had not used all her power, otherwise his wrist already would have been broken.

    Mei Chaofeng did not dare anymore to challenge the false Sun Bu'er, that was played by Han Xiaoying. She suddenly asked:

    " Taoist Master Ma, what is the meaning of 'Lead and mercury preserve well'?"
    " Lead is heavy," responded Ma Yu automatically, " it resembles the kidneys; the mercury is liquid, it is a metaphor for internal warming. « Lead and mercury preserve well» means that it is good to stabilize the kidneys and to extinguish the internal fire, in order to obtain results from meditation."

    " And what is the meaning of "Babe of the girl Cha"?" pursued Mei Chaofeng.

    Ma Yu suddenly became aware that she asked for him to explain secret formulas of neigong!

    " Heretical witch," he cried, " Do not try to to extract the secrets of my sect from me! Leave quickly!"

    Mei Chaofeng laughed:

    " Thank you for your pointers, Taoist Master!"

    She suddenly leapt, armed with her silvery whip, and she glided to the bottom of the cliff at an unbelievable speed. Those remaining looked on, themselves relieved, glad to have escaped. Far away, in the desert, a shadow went spinning away like a phantom.

    Ma Yu unsealed Huazheng's acupoints, thus returning her ability to move. The girl laid herself on a boulder to rest.

    " In ten years," said Zhu Cong, "that woman made such progress that if the Taoist Master had not lent us a strong hand today, our account would have been settled!

    Ma Yu responded modestly, but his eyebrows were gathered, as if an inner worry tormented him.

    " If there is some task to finish," said Zhu Cong, " we are not capable of great things, but we can at least do your bidding. Do not hesitate therefore to ask it of us."

    " By my oversight," said Ma Yu, " I was trapped by that crafty woman!"

    " Were you injured by a secret weapon?" demanded the Six.

    " No," replied Ma Yu, " it is nothing like that. That time she asked me a question, I replied without thinking, and I fear that it might result in further evil."

    His friends were perplexed and seemed not to understand. The Taoist explained:

    " The external technique of Iron Corpse has already reached a level that we cannot even imagine. Even if my brothers Qiu and Wang really had been present here, we might not have been able to overcome her. That the Master of Peach Blossom Island succeeded in producing a disciple of such strength...that indicates his own power. Only the neigong of Mei Chaofeng is not at all advanced. I do not know where she succeeded finding secret formulas to practice the Taiost neigong, but without pointers from a master, she was not able to understand them. That time, she asked me to explain a formula, of which lack of understanding had to have arrested her progression. I realized something was wrong and did not reply to her second question, but my first explanation would already allow her to make great progress in her neigong."

    " Let us only hope," said Han Xiaoying, " that she will regret her past crimes and no more do evil."

    " May it be thus! says Ma Yu. " Otherwise, if her neigong becomes stronger, it will be yet more difficult to contain... Ah, this is my fault, I was too naïve, for not distrusting her..."

    After a moment's thought, he continued:

    " One thing intrigues me. The skills of the Peach Blossom Island are completely different to those of Taoism. Yet, nonetheless, these two formulas that she quoted correspond precisely to our Taoist neigong. How that is it possible?"

    At this point in time, Huazheng suddenly leapt off her boulder:

    " Ah!" she cried, "Guo Jing! Father did not believe me, he left to go to To'oril!"

    " Why?" Guo Jing asked.

    " I explained to him," said Huazheng, " that Uncle Senggüm and Uncle Jamuqa plotted against him. He then burst out laughing, saying that not wanting to marry Dushi, I invented lies! I said to him that you had heard it with your own ears, but he did not want to believe it, saying even that he would punish you on his return. I saw him leave with my three elder brothers and a small escort, then I hurried to come to find you. But on the way, that blind woman caught me. She wanted to bring me to see you, isn't that right?"

    " If we had not been here," said the Six ominously," you already would have had five holes in your skull!"

    " When did the Khan leave?" demanded Guo Jing anxiously.

    " A long time ago", responded Huazheng. " Father said that he wanted to arrive as soon as possible. He did not even wait for sunrise to leave. Their horses are very quick, they must be far away now. Is it really true that Uncle Senggüm wants to harm Father? What will we do?"

    She herself began to weep. As this was the first time of his life that he found himself confronted with a matter so grave, Guo Jing was himself all distraught.

    "Jing-er," said Zhu Cong, " Quickly descend the cliff: you take your small red horse and rescue the Khan. Even if it is not true, let us first send someone to ascertain Senggüm's. Huazheng, will you ask your brother Tolui to muster troops and to carry itself to rescue your father."

    Guo Jing agreed with recognition and quickly descended the cliff. Ma Yu went next descending with Huazheng while hanging on to a long rope.

    The young man dashed to his yurt, mounted his horse and they set off in a frantic gallop.

    At that moment, the sun started to rise. Guo Jing, very worried, said: "I fear that the Khan might already have fallen into Senggüm's trap, then it will be impossible to rescue him!"

    The small red horse loved to run off its bridle, and its heart danced in joy. It galloped more and more quickly on the plain. Fearing that it would fall, Guo Jing tried to rein it in a little, but the animal wanted nothing to do with it, and rushed on while whinnying in joy. Besides, even at great speed, it did not seem to show no signs of fatigue.

    After more than two hours' galloping, Guo Jing slowed his mount to rest a little. Then they continued upon their way. One hour later, they saw far away three cohorts of riders, three squadrons, it seemed.

    While approaching, he recognized the standards of To'oril: the riders advanced themselves, arrows on string and sabres drawn, ready for battle.

    " The Khan is further on," lamented Guo Jing, " but his line of retreat already is cut!" He pressed his thighs and his horse raced on like an arrow, passing To'oril's troops. They cried for him to stop, but he was already far gone.

    Guo Jing do not dare to linger. He discerned again three squadrons lying in wait, before he saw, raised far away, the high plume of white feathers that signaled the presence of Temüjin. Escorted by several hundred riders, they rode tranquilly heading for the north.

    Guo Jing rose to his full height and cried:

    " Great Khan! Stop, you mustn't go on!"

    Temüjin halted, taken aback:

    "Why is this?"

    Guo Jing him recounted what he had heard in the camp of Senggüm, and explained that his line of retreat had been cut. Temüjin glanced at him skeptically, not knowing whether he should believe it: " I never got along well with that fool Senggüm," he said to himself, " but my adopted father To'oril needs me now. And Jamuqa is my sworn brother! How could they plot against me? Unless this is the Sixth Jin Prince trying to sow dissension?"

    He hesitated, and Guo Jing said suddenly:

    " Great Khan, you have only to send someone back the way that you have just travelled and you will see..."

    Since childhood, Temüjin had lived in the middle of plots and treacheries, he had survived hundreds of battles thanks to his bravery and his caution. Even though he had said that it was absolutely impossible that To'oril and Jamuqa could have allied themselves against him, he said: " To be careful ten thousand times is not serious; but to die by carelessness one time is."

    He then ordered his second son, Jagataï, to leave with Tchila'un. The two men went back over the way they had come.

    Temüjin observed the lay of the land and ordered:

    " Let us ascend the hill and make ready!"
    Last edited by Patudo; 01-04-05 at 12:20 PM.

  8. #8
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    (I will be updating/editing).

    Chapter 6-2

    His escort was made up of from some hundreds of men, but they were all elite soldiers and officers. Without needing other orders, they dug trenches, raised barricades, and got ready to withstand a siege.

    Shortly after, one saw dust clouds rising in the south, raised by several thousands of riders that galloped in pursuit of Jagataï and Tchila'un. Jebe had particularly good eyesight and distinguished the banners of the pursuers.

    " They are the soldiers of To'oril" he shouted.

    These had divided themselves in several detachments and tried to surround Jagataï and Tchila'un. The two men leaned on their saddles, and desperately whipped their mounts.

    " Guo Jing!" cried Jebe. " To their aid!"

    Both of them descended the hill. The small red horse, glad to meet its herdmates, arrived quickly to the front of Tchila'un. Guo Jing loosed three arrows with a rush of wind, cutting down the three closest soldiers, before interposing himself between pursuers and pursued, continuing to fire his arrows in all directions. Jebe had arrived also and his arrows flew again, swift and deadly. Nevertheless, the men of To'oril, too numerous, rushed forward like an irresistible tide.

    Jagataï, Tchila'un, Jebe and Guo Jing at last reached the hill, while their companions dropped a rain of arrows on their pursuers. They did not dare to launch a frontal attack, and for the moment, waited out of range.

    Standing on the hill, Temüjin observed the surroundings. Soon, the To'oril regiments came rushing from all directions. Under a yellow flag, a man climbed onto a great horse: it was Senggüm, son of To'oril. The Khan well knew that it was impossible to break the encirclement, and that it was better to stall.

    " Why is Brother Senggüm afraid to approach and parley?" he cried.

    Under the protection of his guards, that covered him with their shields, Senggüm approached, confident and arrogant:

    " Temüjin, Hurry up your retreat!"

    " How," demanded Temüjin, " did I offend To'oril, my adopted father, so that you attack me?"

    " For generations and generations, said Senggüm, " the Mongolians lived in separated tribes, at the heart of which the flocks were spread and divided in common. Why do you want to run counter to the traditions of our ancestors, while mixing the tribes? My father says often that you are wrong to want to do that."

    " Us Mongols," replied Temüjin, " are under the oppression of the Jin Empire, that demands of us, each year, a tribute of tens of thousands of head of cattle. Is this just? If that continues, we all will starve to death! If we do not battle between ourselves, why should we be afraid of the Jin Empire? I have always maintained good relations with my adopted father, there is no hatred between our two families. All that is the fault of the Jin, who want to sow disunity between us!"

    The soldiers of Senggüm, hearing this debate, found that his words had reason.

    " Us Mongolians are valiant warriors," pursued Temüjin, " why should we not go and take the treasures of the Jin? Why should we furnish tributes every year? Among the Mongolians, there are some that work a lot to husband the herds, and there are lazy ones. Why should those that tire themselves at work nourish those that do not do nothing? Why should those that sweat not have more head of cattle, and of sheep? Why do they not leave the lazy ones to die of hunger?"

    At that time, the Mongolians lived according to a kind of tribal socialism: their principal wealth, the cattle, belonged to all. Now, during the last years, the flocks had increased themselves. The tribes had equally learned from the Chinese to work iron, for the manufacture of tools and weapons. Most of the shepherds wished to keep the wealth that they produced for themselves, just like the warriors that, at the risk of their lives, won battles, and did not want to divide prisoners and loot with those that did not go to war. Thus, these matters spoken of by Temüjin went right to the heart of all the soldiers.

    Seeing Temüjin begin to influence his men, Senggüm cried:

    " Cast down your weapons at once and give yourself up! Otherwise, it will take but a signal of my whip to rain down ten thousand arrows! You have no chance of escape!"

    Guo Jing saw that the situation had became critical, but did not know what to do. He suddenly beheld, at the foot of the hill, a young officer, his armor covered by a coat of grey fur, a sabre in his hand, who proudly paraded on his war steed. He recognized Dushi, the son of Senggüm, whom he had fought in childhood. He was a villanous rascal, that had wanted to unleash the leopards on Tolui. Guo Jing did not understand why this had happened, and especially not why To'oril, Senggüm and Jamuqa wanted to plot against Temüjin. "The Khan and To'oril always lived in harmony," he said to himself, " then this means that Dushi, at the instigation of the Sixth Jin Prince, has peddled misleading and malicious lies upon the others. If I capture him and force him to accept his lies, then everyone will be able to reconcile themselves!"

    Spurring his small red horse, he descended the hill and taking advantage of the surprise of the soldiers, forced his way to Dushi.

    Attacking with his blade, Guo Jing leaned himself out of his saddle, the blade held above his head, with his right hand he trapped the principal artery on the wrist of Dushi. It was a movement of the famed technique "Disconnect the sinews and undo the bones" perfected by Zhu Cong, how could Dushi have withstood it? With a pull, Guo Jing snatched him out of his saddle. He heard the hissing of heavy projectiles to his left, about to fall upon him. He pressed lightly with his knees, the small red horse obeyed immediately and flew like an arrow towards the hill.

    The soldiers of Senggüm cried: " Fire arrows!" Guo Jing placed Dushi behind his back, using his body as a shield, so well that the enemies did not dare to fire.

    Arriving at the summit of the hill, Guo Jing threw Dushi to the ground while laughing: " Great Khan, this rascal is surely the person responsible for this treachery! Let us make him acknowledge it!

    Temüjin, very happy, pointed his lance on the chest of Dushi and shouted in the direction of Senggüm:

    " Move back your men two hundred yards!!"

    Senggüm, upset and worried to see his well armed son fallen to the hands of the enemy, not put that to do to back up his army. He ordered to encircle the hill by ordered ranks of wagons, so that the horsemen of Temüjin were unable to sally out.

    On the hill, Temüjin praised Guo Jing warmly, and ordered him to tie the prisoner's hands behind his back.

    On threee occasions, Senggüm sent a messenger to negotiate: if Temüjin released Dushi and went, his life would be spared. Each time, the Khan cut the ears of the messenger before he returned to his master.

    The sun descended to the horizon. Fearing that Senggüm would use the dusk to attack, Temüjin ordered that all should redouble their vigilance.

    Towards midnight, a man clothed in white went on foot to the bottom of the hill:

    " I am Jamuqa," he cried. " I wish to see my sworn brother Temüjin."

    " In that case, climb up!" said the Khan.

    Jamuqa ascended slowly and beheld Temüjin standing at the top of the slope. He advanced and made to embrace him, but the Khan did not let his guard down and said roughly:

    " You consider me again to be a brother?"

    Jamuqa sighed and seated himself cross-legged.

    " Brother," he said, " you already are the chief of a tribe, why do you have this excessive ambition to wish to unify all the Mongols?

    " What do you believe?" replied Temüjin.

    " The chieftains of the tribes say: our ancestors lived thus for hundreds of years, why does Temüjin want to change the traditions? Heaven will not allow it!"

    " Do you yourself remember the history of our ancestor Lady Alan-Qo?" Temüjin said. " She had five sons that were in discord. She asked all of them to come eat with her. Then she gave an arrow to each, asking them to break it. This they did very easily. Next, she tied five arrows together, and demanded again that they break them. Each tried in turn, but none were able to break the five arrows. Do you recall what she said to them then?

    " If you are disunited," said Jamuqa in a low voice, you can be broken by those of no importance, as a single arrow. If you unite yourself, you will be as solid as the five arrows together and no person will break you."

    " Well," said Temüjin, " you yourself remember that. What then happened next?"

    " Next the five sons united their efforts and conquered an immense territory. They are the ancestors of our Mongol tribes."

    " Exactly! Both of us are brave and heroic, why not unite all the Mongolians? If we do not quarrel amongst ourselves, we will be sufficiently strong to destroy the Jin Empire!"

    " How?" asked Jamuqa, " The Jin Empire is so powerful- its armies and wealth are innumerable! How could us Mongolians attack them?"

    " Then you prefer to undergo the oppression of the Jin?"

    " The Jin Empire does not oppress us," protested Jamuqa. " The emperor has even made you a "conquering general"!"

    " At first," Temüjin said vigorously, " I believed also that they had good intentions. But the greed of the Jin has no limits, and each time they demand more of us: first they want cattle, next horses, and now they ask that we send soldiers to help them make war. But the country of the Song is far removed from our lands! Even if the Song dynasty falls, all the lands conquered will belong to Jin alone. We will lose warriors, to win what? Since when would our cattle stop eating the green grass of our plains to go eat the sand on the other side of the mountains? If we must battle, it should be only against the Jin Empire!"

    " To'oril and Senggüm do not want to betray the Jin."

    " To betray?" mocked Temüjin. " Betray? And you?"

    " I beseech you, brother, not to let your anger get the better of you: release Dushi, and Senggüm, I myself will guarantee, will leave you to set off again in security."

    " I have no confidence in Senggüm, and I have no confidence in you!"

    " Hear the words of Senggüm," said Jamuqa. " If a son dies, other sons again can be born. If Temüjin dies, there will be no longer be another Temüjin in the world! If you do not release Dushi, you will never see another sunrise!"

    Temüjin knew well the character of Senggüm and of Jamuqa. If it fell between their hands, he knew well that he would have no chance of survival, while, if To'oril was there, he might possibly live. He brandished his sabre and whirled around.

    " I would rather die in battle," he cried, " than ever to surrender! Under heaven, there is only a Temüjin who will die on the field of honour, and no Temüjin that flees!"

    Jamuqa said:

    " You give the whole of the loot to the warriors, saying that it belongs for them, and not to the entire tribe. The chieftains of the tribes consider that you do wrong, that you run counter to our traditions."

    " But the young warriors are delighted!" said Temüjin harshly. " The chieftains pretend that the treasures of war cannot be distributed equitably to each, so then they keep all for themselves. Such practices insult the warriors that risked their life to support them. When we are at war, do we need stupid and greedy chieftains, or do we need young courageous warriors?"
    Last edited by Patudo; 01-04-05 at 12:22 PM.

  9. #9
    Senior Member Du Gu seeking a win's Avatar
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    Dear Patudo,
    I think you should post the English translations in the English thread (not here), this thread should only been reserved for the French texts.

  10. #10
    Member greyman's Avatar
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    coool translation...keep it up.

  11. #11
    Senior Member eliza bennet's Avatar
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    Thank you very much Patudo

  12. #12
    Junior Member Strunf's Avatar
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    I will post it in the English thread when Patudo finishes the 6.1 and 6.2 part in the meanwhile you can read it here

    Part 6.3
    - Brother, said Jamuqa, you always acted on your own, without listening the leaders of the other tribes. Don't call me ungrateful or traitor: these last days, you didn't stop sending people to try to convince my soldiers to join your army, while saying that, once at home, the resources gained in the battle belong to the ones that fought for them, and that they won't be distributed between all the tribe's members. Did you believe that I didn't knew of it?
    "If you are aware of it, thought Temüjin, then we won't ever live in peace with each other". He then took a small sachet out of his fob and threw it to the feet of Jamuqa :
    - Here are the gifts that you offered me when we promised, by three times, fidelity. Take them. Later, when you cut my head with your saber, you will only kill an enemy, and not a sworn brother... I am a hero, you are also a hero. The plain of Mongolia is vast, but it cannot contain two heroes.
    Jamuqa collected the sachet, took a small sachet of leather of his own fob, deposited it in silence to the feet of Temüjin, and moved away down the hill.
    Temüjin looked at him while he move away and stayed a long time in silence. He then slowly opened the sachet, withdrew the stones and the tips of arrow of it, and he remembered the games that they played when they were children. He sighed, dug a hole with a dagger and buried the gifts of his ex-brother there.
    Guo Jing was next to him, also with his heart broken: what Temüjin buried, he knew well, it was an infinitely precious childhood friendship.
    The Khan stood up and watched far away: as far as he could see, fires lit by the soldiers of the armies of Senggüm and Jamuqa illuminated the plain, as the myriads of stars in the sky.
    He remained dived in his thoughts, turned around and saw Guo Jing close to him.
    - Are you afraid? he asked.
    - I was thinking about my mother, answered the young man.
    - Indeed, you are a brave, said Temüjin, a true brave!
    He showed the thousands fires that illuminated the plain :
    - They also, he continued, these are also brave! We, the Mongols, have so many braves, but everybody spends its time making themselves wars. If we could united our braves, we would take over the world and make it a huge field for our herds!
    Guo Jing, while hearing these so ambitious words, only felt more of admiration for Temüjin. He stuck out the chest and said :
    - Big Khan, we are going to win for sure, because we cannot be beaten by this coward of Senggüm!
    - Precisely, answered Temüjin, the radiant face. Let's recall ourselves what we said tonight. If we manage to get away alive this time, I will consider you henceforth as my own son.
    He then hugged the young man.
    While they spoke, the day had risen. The horn sounded repeatedly in the ranks of the besiegers.
    - The help won't come, said Temüjin. Let's prepare ourselves to die on this hill.
    One heard in the adverse army the jangle of the weapons and the neighs of the horses: the attack was imminent.
    - Big Khan, said Guo Jing suddenly, my red horse is extremely fast. Take it and bring back some help. During this time, we will remain here to face the enemies.
    Temüjin smiles and stretched the hand to caress the hair of the young man :
    - If Temüjin, he said, was capable of abandon his friends and his men to run away, fearing for his life, he wouldn’t be worthy of being your Khan anymore!
    - It is true, Big Khan, recognized Guo Jing, I was wrong...
    They protected themselves behind the some mounds of earth, ready to fire some arrows on the attackers.
    Shortly after, preceded by a yellow standard, three men left the enemy's ranks and moved forward: on the left, Senggüm; on the right, Jamuqa; to the center, it was, oh surprise, the Sixth Prince of the Jin empire, Wanyan Honglie! Covered of an armor and a golden helmet, a shield of gold to the arm, and he shouted :
    - Temüjin, do you dare to betray the big Empire Jin?
    Jöchi, the eldest son of Temüjin, shot an arrow on him, a man of his escort seizes it in the air, with an astounding speed.
    - Capture Temüjin! shouts Wanyan Honglie.
    To these words, four men hurried upwards the hill.
    Their movements caused a big surprise to Guo Jing: he noted, indeed, that the newcomers, who used a lightness technique, were experts in martial arts, and they weren’t warriors of the plains. Arrived to mid-hill, they avoided with agility the rain of arrows that Jebes, Bo'orchus and the others shoot. "We have officers and brave of great strength here, worried Guo Jing, but they wont ever be a match to experts in martial arts! What to do? "
    One among them, clothed of black, bounds until the summit of the hill. Ögödei tried to stop him, but the newcomer hit his nape with a dart and stroke down with his saber the injured. However, in a lightning, a sword come down to hit his wrist, with a great speed and precision, a movement so well done that he was forced to move back three steps. Surprised, he saw a young man with a virile posture be held before Ögödei. Not expecting to find, among the soldiers of Temüjin, an expert swordsman, he exclaimed, in Chinese :
    - Who are you? What is your name?
    - I am called Guo Jing!
    - Never heard to speak of you! Now surrender yourself! Guo Jing threw look around, and saw that the three other attackers were at the summit of the hill and already in a unarmed fight with Chila'un, Bo'orchus and the other. He then stroke the man of the saber. This one defended and retaliated.
    The soldiers of Senggüm got ready to rush on the assault of the hill, when Muqali put his saber on the nape of Dushi :
    - If you go up, he shouted, my blade will be without mercy! Senggüm, very worried, turned towards Wanyan Honglie :
    - Lord, tell your men to come back, we will find another way! There’s no reason to wound my child!
    - Don’t worry, says Wanyan Honglie while smiling, it won't happen anything to him!
    He wanted to make Temüjin kill Dushi, in order to make a lasting hate between the two tribes.
    The men of Senggüm didn't dare to move, while those of the Prince were in a violent fight.
    Guo Jing used the technique of the sword of the Yue girl, that Han Xiaoying had taught him. After several exchanges, he was, to his big surprise, in a situation of inferiority: his strokes, full of lightness and agility, proved to be of little efficient against his adversary's heavy and powerful saber. The man was indeed clever, and seemed to have a consequent neigong. The Six Freaks, with their multiple gongfu and their vast experience, had shown to their disciple the essential of the martial arts of the different schools that they knew of. But the technique of this man's saber was particular and strange: a stroke carried on the right fell, by a weird movement, on the left! Guo Jing, powerless, didn't stop moving back. All of a sudden, he wondered: "Big Shifu often says that, in the fight, it is very important to take the initiative and not only suffer. For now I keep defending, do I therefore only suffer ?" Seeing a stroke of the saber arriving, he decided to not worry himself of it, and to concentrate on the attack, pushing his sword towards the enemy. This one seeing him so daring and a little preoccupied of his own security, was afraid and moved back, Guo Jing thus took the initiative and increased in ardor. Defending this avalanche of strokes, the man began to lose his advantage.
    His three mates, who had already defeated several Mongol officers, saw him in difficulty. One among them, armed of a big spear, approached of a jump :
    - Big Brother, I come to give you a helping hand!
    But the man to the saber had a very high idea of himself: hired at the price of gold by Wanyan Honglie, it was the first time that he made a demonstration of what he was capable of. How could he have accepted, with all the army knowing, the help of his brothers-in-arms, and thus admit to being incapable of defeating a young rookie?
    - Don't move, he shouted, admire the dexterity of your Older Brother!
    Taking advantage of his distraction, Guo Jing, of a stroke "The Phoenix flies off and the snake bounds", he pointed the tip of the saber the lower part of the his body. The man moved back, but the blade had already split his left sleeve.
    - Hey, hey, sneered the man of the spear. Come to admire the dexterity of the Older Brother!
    The mockery was obvious: he seemed to be delighted with the misfortune of his brother!
    Jebes and all officers had gathered together around Temüjin to protect him. Seeing this martial attitude of these elite warriors, armed with long spears, the two other attackers, of which one used a whip of iron and the other a pair of short axes, didn't dare to make a frontal attack. They heard their brothers-in-arms call them. They thought, these Mongols cannot escape anyway, why not attend to the spectacle first? The three were held side by side, the crossed arms, to look at the fight of their Older Brother with Guo Jing.
    The man to the saber moved back and shouted :
    - Who is your master? Why do you come to look for your death here? Guo Jing remained in a defending posture but used the language of the Streams and Lakes taught by his masters :
    - I am disciple of the Seven Freaks of the Jiangnan. What are your honorable names and surnames?
    He had repeated these formulas during a long time, but it was the first time that he used them for real.
    - Our names, says the man to the saber while throwing a look toward his brothers-in-arms, even if I told them to you, you would not know them, rookie! In guard!
    After these first clashing of weapons, Guo Jing had well felt that his adversary was stronger than he. But the technique taught by his Seventh Shifu was extremely sophisticated and provoked a big apprehension at the enemy, so that he could take the initiative and attack without moving back. They exchanged about thirty strokes again. The tension was extreme: the thousands of soldiers at the bottom of the hill, the men and the officers of Temüjin, the three other attackers, all watched with attention this astonishing fight. The man to the saber wanted to win it, in order to cause a good impression of himself to the Sixth Prince but, the time was passing, he began to get nervous, and his strokes started to be more and more violent. Suddenly, he feinted and attacked the waist of Guo Jing. This one revolved and retorted of a stroke "Turn around to pick the fruit" towards the arm that held the saber. The adversary, seeing that he didn't seem to worry to defend, believed that his hour was going to come: "When your sword will touch its goal, he thought, my saber will have cut you in two already!" However, Guo Jing, sure of his strong neigong, moved his waist to the side, without even move the rest of the body, avoided the saber and planted his sword in his chest.
    The man screamed, released his saber and gave a stroke of the hand on the blade of the sword that made it fall on the ground, but the tip of this one had already penetrated a half inch in his chest! He had the his life safe, but his palm was cut and bled abundantly.
    Guo Jing would have been able to kill him but, due to the lack of experience, he had let escape the opportunity. "What a pity!" he thought while lowering himself to collect the enemy's saber. He then discerned the hiss of a weapon behind him and heard Jebe to shout :
    - Attention, behind!

  13. #13
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    I'll try Chapter 6.4. Thanks Strunf for your kind assistance with my feeble understanding of French ..

    Chapter 6-4.

    Without even looking back, Guo Jing executed a backwards kick and blocked the stroke that came towards him. At the same time, he executed a sabre cut down upon the hand of the enemy: it was precisely the stroke "The Swallow Returns to its nest", that was part of the "Southern Mount Sabre" technique taught by Nan Xiren. This kick, delivered without even a glance, demanded absolute precision, otherwise, the enemy's spear would strike him squarely in his heart! Guo Jing had spent months of training to succeed in mastering it.

    " Well!" cried the spearman.

    He wheeled around and thrust towards Guo Jing's chest. He responded with a "The Drunkard Removes His Boot", that consisted of disarming the spear with a sabre cut, while delivering a kick upon the wrist of the enemy.

    This man believed that Guo Jing had trained himself specially to wield a sword and wanted to take advantage of the fact that he had lost his weapon, in order to obtain an easy victory. Now, he had not predicted that the martial arts foundation of this young man would have been so profound, not limited to one weapon, or that he would show himself so skillful with the sabre. He had himself sweated blood and water on the lance for nearly twenty years, his Shifu was one of the better ones in this specialism, so he applied more pressure to Guo Jing.

    The young man saw clearly that his enemy's heavy spear sought constantly to strike the sabre in his hand, by very quick blows, this meant that the man looked for a swift and certain victory to assure his fame in front of the armies. But to the end of several tens of exchanges, Guo Jing saw that his opponent grew tired, that his lance slowed down. He therefore deployed the whole power of the "Southern Mount Sabre" , charging, fending, slashing, sweeping... Even the senior brother of the four assailants, an expert wielder of the sabre, was somewhat impressed.

    He delivered a stroke "Advancing a pace to seize the basket", separating the lance of the left hand. Normally, he then should have advanced a step and slashed with the sabre directly down upon the enemy. But upon contacting the lance, his palm felt immediately the slowness of his opponent. Since the two years that he practiced neigong, the reactions of his body had become quicker than his thought. As soon as he sensed the weakness of his enemy, without even a moment's reflection, he turned his left palm and seized his opponent's hand by a movement of "Disconnect the sinews and undo the bones"; his sabre, instead of attacking his enemy's body, glided alongside his hand, in such a way that if he did not immediately loosen his grip, he was going to lose his ten fingers. The man pulled with all his strength, but did not succeed in pulling out his lance, when he saw the sabre's blade cutting down to the thumbs of his hands, he feared that he might lose them all and jumped back!

    The Six Odd ones had thought that, Yang Tiexin being the direct descendant of the great general Yang Zaixing, he had to be expert in the Yang Family's lance art. Qiu Chuji, for his part, had to pay special attention to this weapon in the training of Yang's son, in order not to fail to the reputation of his ancestors. Thus, while teaching sabre to Guo Jing, Nan Xiren particularly had insisted on the technique "Lone Sabre undoing the Spear", that he had made him learn by heart. And before even to serve to Jiaxing, this technique allowed Guo Jing to realize a brightness blow in the desert!

    After this victory, the young man felt stronger again: with a flourish, he threw the sabre down to the foot of the hill, and picked up the lance. The fourth man jumped on him while shouting, attacking with his two short axes. But how could he close with Guo Jing? As to this matter, the specialists always granted on the fact that the longer the weapon, the more it allowed its wielder to dominate the battle: those that used short weapons effectively had to arrive close to their opponent to attain it. Aware that Yang Kang would without a doubt be well trained in spearmanship, the Odd Six had equally given an exhaustive foundation to their disciple. The chosen weapon of Quan Jinfa, the balance, had a similar technique of the one of the lance. Thus, this was him that took in hand this teaching. Under the Song Dynasty, the army had attached great importance to the lance. Without even mentioning the "Yue Family Lance", there were a number of great generals, such Yang Ye or Huyan Zhan, that were experts of the lance.
    The technique deployed here by Guo Jing was, precisely, the Huyan Lance, contemporary to this era. His opponent wielded his axes well, but he could not approach to strike. Nevertheless, his blows were sufficiently powerful to worry the young man. He then adopted one of the cunning strategems of his Sixth Shifu and pretended to stumble. The opponent did not fail to take advantage of this occasion: he jumped, shouted out and hacked down with his axes on Guo Jing. He blocked while raising his spear, which was broken in three pieces. But that gave him the time to land a kick in the stomach of the enemy, that propelled him far back. He recovered himself, infuriated, and returned to the attack. Guo Jing, who had no more weapons, had no fear, and fought with bare hands.

    The martial brother of the axeman went to the rescue with his whip; they were therefore two against one. This provoked the indignation of all the soldiers. The Mongols, simple and frank as they were, respected above all men of courage. They already were scandalized to see these four men to take it in turns to fight Guo Jing, now. here they were pitting themselves two against one unarmed man! They felt that this was dishonourable, and shouted out for them to stop: Guo Jing was a worthy opponent, they acclaimed him to encourage him.

    Bo'orchu and Jebe drew their sabres and joined the battle, so that both sides should be matched in numbers in this battle. The two Mongolians were invincible on the battlefield, but they did not pull their weight, in single combat, against experts in martial arts. They fought out only a couple of exchanges with great difficulty before they were disarmed and had to retreat. Guo Jing had to provide assistance for them, in order to release them.

    The four assailants had only one obsession: to kill Guo Jing. "Verily," they did say, " if we lose today facing this novice, how could we show our faces again in the martial arts world [jianghu]? How will we be able to hold our place with the Sixth Prince?"

    Then they quietly freed the two Mongol officers to surround the young man. The soldiers upon the summit and at the foot of the hill redoubled their boos and insults, but the four turned a deaf ear to them. The spearman had collected on the ground a javelin, Guo Jing saw striking down at him, at the same time, sabre, javelin, whip and axe! As he was disarmed, he could not parry or riposte, so his only option was to avoid the blows, while deploying his lightness art [Qinggong]. It reçut nevertheless several blows, and tumbled to earth.

    The position had become critical for him when cries themselves were heard at the foot of the hill: a tumult agitated the ranks of the army of Senggüm, one saw six individuals nimbly brushing themselves through the soldiers and ascending the hill. The Mongolians thought that they were more lackeys of Wanyan Honglie coming to lend assistance to their comrades, and forcefully showed their disapproval.

    The men of Temüjin prepared themselves to fire arrows to prevent them from approaching when Jebe, whose vision was particularly acute, perceived that it was the Jiangnan Odd Six.

    " Jing!" he cried, " here are your teachers!"

    Guo Jing, who was almost unable to fight on any more, was cheered up.

    Arriving first, Zhu Cong and Quan Jinfa realized right away the perilous position their disciple was in. Quan jumped and struck, with a blow of his balance, the four weapons:

    " Have you no shame!" he cried.

    Feeling a great pain in their hands, the four men realized that a more powerful opponent had just arrived and drew back. Zhu Cong rescued Guo Jing. Meanwhile, the other Odd Ones arrived.

    "Shameless ruffians!" scolded Quan Jinfa. " Get lost!"

    The man with the sabre was well aware that they had lost the advantage, and that, if they continued the fight, they would be defeated. But if themselves backed down, they would lose face and would no more dare to serve the Sixth Prince!

    " Are you the Jiangnan Odd Six?" he demanded to give itself a breathing space.

    " Indeed," replied Zhu Cong while laughing. "Who are you?"

    " We are the disciples of the "King Dragon of the demonic Harbors"."

    The Odd Six were very surprised, for, given that these individuals had openly abused their numerical superiority, they had believed that they were vagabonds without a master. Now, the King Dragon of the demonic Harbors, Sha Tongtian, was a weighty personality in the martial arts world.

    " Are you usurping that name, or what?" demanda Ke Zhen'E in an icy voice. " The King Dragon of the demonic Harbors is a renowned personage, how could he have disciples as miserable as you?"

    " Usurping a name?" said the axeman. " Here is our Big Brother Shen Qinggang, nicknamed "Sabre Breaks Down The Soul"; here is our Second brother, Wu Qinglie, nicknamed "Lance Seizes Life"; here our Third brother Ma Qingxiong, nicknamed "Whip Captures Spirit"; and I Qian Qingjian, nicknamed "Axe Buries Family"."

    " So," said Ke Zhen'e, " that seems to be true. You really are the "Four Demons of the Yellow River". You occupy nevertheless a certain position, in the Jianghu; how could you lower yourself to attack to four against one, while my disciple is all alone?"

    Wu Qinglie said cunningly:

    " What, four against one?" he argued. " Isn't your disciple helped by all these Mongols? Indeed, we are four against several hundreds!"

    " Third brother," demanded Qian Qingjian to Ma Qingxiong, " this blind person shows himself to be very boastful. Who is this?"

    He had asked the question in a low voice, but Ke zhen'e heard him. Very upset, he leapt and struck a blow with his cane at Qian, seized him by the collar and threw him to the bottom of the hill. The three other Demons did not even have the time to react: Ke zhen'e already was upon them, grasping them one after each other and pitching them similarly far away. All the Mongol soldiers cried out joyfully. The Four Demons of the Yellow River, covered with sand, rose painfully to their feet, the limbs aching and shame upon their faces.

    At that moment, one saw immense dust clouds rising in the distance, as if tens of thousands of horsemen were charging. A flutter of agitation immediately arose within the army of Senggüm.

    Temüjin, delighted to see reinforcements arriving, knew that an iron discipline reigned in the army of Jamuqa, that its officers and soldiers were all hardened, while Senggüm, protected by the reputation of his father, was a less formidable commander in chief. He indicated then the left wing of Senggüm and cried:

    " Attack in this direction!"

    Jebe, Bo'orchu, Jöchi and Jagataï were the first in the charge. One heard the faraway cries of the warriors of the relief column. Muqali swept his sabre down on the nape of the neck of Dushi and shouted:

    " Let us pass! Let us pass!"

    Senggüm, who was going to order to his men to block their passage, hesitated upon seeing that his son was menaced. In an eyeblink, the small troop of Temüjin had reached to the foot of the hill. Jebe aimed carefully and loosed an arrow heading for the head of Senggüm. He shielded himself quickly, but the projectile struck his right cheek and he tumbled down from his mount. Seeing their chieftain fall, his men made their escape in pitiful disarray.

    Temüjin and his companions broke out of the siege, firing arrows upon those that they pursued. Several li further away, a cloud of dust was apparent: Tolui and his troops. The pursuers had always feared the bravery of Temüjin. Now that they no longer had the advantage of numbers, they turned tail.

    In fact, Tolui, being young, had not been able to make himself obey the chieftains and generals, so much as it did not dispose personal seal of his father. He had not therefore been able to make fun that some thousands of young warriors that had well wanted to follow him. Not being stupid, he knew well that the enemy, superior in number, would gobble up these reinforcements. He had then conceived the idea to attach branches to the tails of the horses, so that quantity of dust this raised concealed the weakness of his troops. The ploy was a success. Temüjin reentered his camp in safety.
    Last edited by Patudo; 02-11-05 at 09:37 AM.

  14. #14
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    Thank you so much guys! Keep them coming ok?

  15. #15
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    In patudo 6.4 installment there is a little part missing. If you don't mind, I'll be translate that little part.

    I would be using the vietnamese verison of the 2nd edition of the novel to translate.

    but warning my english is really bad and my vietnamese is worst. so I hope you all excuse my arrogant

    Quote Originally Posted by Patudo
    Then they quietly freed the two Mongol officers to surround the young man. The soldiers upon the summit and at the foot of the hill redoubled their boos and insults, but the four turned a deaf ear to them. The spearman had collected on the ground a javelin, Guo Jing saw striking down at him, at the same time, sabre, javelin, whip and axe! As he was disarmed, he could not parry or riposte, so his only option was to avoid the blows, while deploying his lightness art [Qinggong]. It reçut nevertheless several blows, and tumbled to earth.
    --------------------------------------------------------------------------------------------------------
    Missing
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    The position had become critical for him when cries themselves were heard at the foot of the hill: a tumult agitated the ranks of the army of Senggüm, one saw six individuals nimbly brushing themselves through the soldiers and ascending the hill. The Mongolians thought that they were more lackeys of Wanyan Honglie coming to lend assistance to their comrades, and forcefully manifested their disapproval.
    Bo'orchu raises the saber within his hand and yell, “Catch.” He threw it to Guo Jing. Guo Jing pushes himself up to catch it, but the person with the steel whip knock the saber away. The expert using the two axes was still angered from the opponent(Guo Jing)’s last kick; no matter what, he keeps circulating his axes to cut down on Guo Jing. Guo Jing jumps to the side to dodge it, but the saber has already come above his head. Guo Jing bends down to dodge it. His left foot just reaches the ground and had stamped on the head of the person using the axes (I not sure if this is by accident or intention); at the same time, Guo Jing’s left calf was strike by the whip. That one strike sent pain down to the heart and lungs; lucky that strike wasn’t planned out which only carry half the amount of force. There weren’t any bones broken, but his leg is staggered, almost falling down. The man with the axes threw away his axes, and with his two hands held on tightly to Guo Jing’s legs and wouldn’t let go.

    Guo Jing couldn’t stand steady, fell down to the ground; his eyes looking at the sunlight. The saber and whip have already come above his head; Guo Jing thinking that he couldn’t survive today. The images of his mom, seven masters, Taoist Master Ma Yu, sworn brother Tolui, and sworn sister Hua Zheng appear in his head, he then grab on tightly to axes person’s chest. With all his strength, he lifts up the axes person and places it on his body for cover. The other three afraid of hurting the axes person withdraw their weapons. Guo Jing’s left hand held onto the opponent’s pressure point, disability his movements. Guo Jing’s right hand held on the opponent’s neck which Guo Jing is hiding under his body.

    The three raise their feet and begin kicking onto Guo Jing’s shoulder and feet. Guo Jing just ignore those attacks and thinking, “Even if I die, I would strangle this guy to death.” Guo Jing then gathers his strength, his fingers squeezing harder. At the time, the battle didn’t use any martial art techniques; it’s all relying on brute strength now. The three for the time couldn’t do any to Guo Jing.

    Jebe and his men seeing Guo Jing being compress under there; all of them holding weapons rush over to rescue him. The oldest martial art of brothers, the one using the single saber, said to two of his little martial art brothers, “You all go and hold them off, and I will kill this bastard here.” He bended his body down and thrust the tip of the saber toward Guo Jing’s shoulder that was sticking out. The opponent’s right hand is gathering strengths and pushing down. Guo Jing suddenly felt a sharp pain in his shoulder; he then gathers his strength into his back and thighs. Using a stance [the lazy interest on interest](translated by WorldLingo, not sure it is correct) he rolls out two zhangs. At the time, the person who was holding onto Guo Jing’s legs was strangled and couldn’t breath, so he fainted already. Guo Jing pushes his body and jumps up. Seeing the person with the saber rushing over, Guo Jing wanted to counter, but the pain from injuries on his right foot begin to become unbearable. He couldn’t stand steady, so he fall again and roll over.

    The other person changes the direction of the saber and now cutting down. Guo Jing suddenly figured something out, with his hand, he reaches out to the back of his waist area and pull out […….](can’t translate the name but I think it is a soft whip) that was used for protection. Laying flat on his back on the ground, he uses the move [Golden Dragon(Jin Long) whip technique(I think it is fa like jian fa)] which cover all of the weak points on his body. The king and god of horse(MaWangShen) Han Bao Ju is a short person; he mainly study method on how to attack lower part of the body. At the times, Guo Jing is fighting on the ground; the strokes of the whip techniques have been precise, being able to control it at will. The other person was screaming and scolding, but he was unable to harm Guo Jing.

    Fighting over 20 stances, the fainted one is now awake, and the other two had pushed back the two Mongolian generals and is returning to fight Guo Jing. Things are beginning to become urgent………………………..
    Last edited by TaiHan; 01-06-05 at 04:08 PM.

  16. #16
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    I am going to translate the following on the other thread but add the french text here for french readers -

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    Ainsi Guo Jing fit ses adieux à ses Shifu. Ceux-ci, qui avaient assisté à son combat contre les Quatre Démons du Fleuve jaune, n'étaient pas inquiets outre mesure : le jeune homme avait prouvé qu'il savait utiliser les techniques qui lui avaient été enseignées. S'ils le laissaient partir seul, c'était d'une part parce que la nouvelle de la réunion des hors-la-loi à Yanjing les inquiétait beaucoup, si bien qu'ils ne pouvaient s'en désintéresser ; et d'autre part, parce qu'un jeune devait toujours parcourir seul les Fleuves et les Lacs, afin d'acquérir cette expérience qu'aucun Shifu ne peut transmettre.
    Au moment de la séparation, chacun lui fit les dernières recommandations. Comme d'habitude lorsque les Six parlaient les uns après les autres, Nan Xiren fut le dernier à s'exprimer :
    - Tu n'arrives pas à battre l'ennemi, dit-il, fuis ! Connaissant le caractère obstiné de Guo Jing, il savait qu'il
    préférerait mourir plutôt que plier : s'il rencontrait un expert, il combattrait certainement jusqu'au bout avec entêtement, au risque même d'y laisser la vie. C'était la raison pour laquelle Nan Xiren lui faisait cette recommandation lapidaire mais pleine de bon sens.
    - Les arts martiaux sont sans limites, renchérit Zhu Cong. Comme dit le proverbe : « Au-delà de la montagne, il y a d'autres montagnes ; au-dessus d'un homme, il y a d'autres hommes ». Quelle que soit ta force, tu trouveras toujours plus fort que toi un jour. Un homme véritable sait plier quand il le faut : face à un grave danger, il faut contenir son impatience et sa colère. C'est ce que signifie l'adage : « Si l'on conserve la terre et ses forêts, on ne craint pas de manquer de bois de chauffage ». Ce n'est donc pas de la lâcheté que de se replier à bon escient ! Lorsque l'ennemi est trop nombreux et que tu ne peux y faire face, il ne faut surtout pas t'entêter et te montrer téméraire. Retiens bien cette recommandation du Quatrième Shifu !
    Guo Jing acquiesça et se prosterna devant ses Shifu, avant d'enfourcher sa monture pour prendre la direction du Sud. Il se sentait si triste de quitter ses maîtres, avec qui il avait vécu jour et nuit pendant les dix dernières années, que les larmes coulaient sur ses joues. Il pensa aussi à sa mère, restée seule dans le désert. Certes, elle ne manquait de rien, puisque Gengis Khan et Tolui avaient promis de veiller sur elle, mais la solitude devait tout de même lui peser et il éprouva de la peine pour elle.
    Après avoir parcouru une dizaine de li, il arriva dans une région montagneuse : la route serpentait dans le fond d'une vallée dominée par des pentes escarpées parsemées de rochers étranges. Comme c'était la première fois qu'il affrontait le monde extérieur, il ne put s'empêcher d'éprouver une certaine appréhension devant cette topographie menaçante. La main sur la poignée de son épée, il pensa alors en esquissant un sourire : « Si Troisième Shifu me voyait ainsi trouillard et terrorisé, il se moquerait certainement de moi ! ».
    Le chemin montait à flanc de montagne, devenant de plus en plus étroit et sinueux. Après un tournant, il vit soudain une masse blanche devant lui : quatre femmes vêtues de blanc, montées sur des chameaux blancs, lui barraient la route. Guo Jing sursauta et tira sur la bride de son cheval. De loin, il cria :
    - Excusez-moi ! Le passage, s'il vous plaît ! Les quatre femmes éclatèrent de rire.
    - Petit gars, répondit l'une d'entre elles. Que crains-tu ? Viens donc ! On ne va pas te manger !
    Guo Jing, le visage tout rouge, ne savait quoi faire : fallait-il chercher à négocier le passage à l'amiable ? Ou fallait-il foncer et forcer le passage les armes à la main ?
    - Ton cheval me semble pas mal, dit une autre femme. Viens, laisse-moi jeter un coup d'oeil !
    Elle lui parlait tout à fait comme à un enfant en bas âge. Guo Jing sentit la moutarde lui monter au nez. Mais la configuration des lieux lui faisait peur : à droite, s'élevait une paroi escarpée, à gauche, se trouvait un précipice noyé dans les brumes, dont on ne voyait pas le fond. « Grand Shifu, se dit-il, m'a bien recommandé de ne pas chercher la bagarre. Je vais foncer à bride abattue, elles seront bien obligées de me laisser passer ! ». Il lâcha la bride, serra les cuisses, le cheval rouge fonça comme une flèche. L'épée à la main, Guo Jing cria :
    - Attention, voici un équipage ! Laissez passer ! Si quelqu'un est bousculé et tombe dans le précipice, ce ne sera pas de ma faute !
    En un clin d'œil, il arriva devant les quatre femmes. L'une d'entre elles avait bondi à bas du chameau et chercha à saisir le mors du cheval. Mais celui-ci, en hennissant, bondit par-dessus les chameaux ! Guo Jing avait l'impression de voler dans les nuages et se retrouva derrière ses adversaires, qui étaient aussi surprises que lui !
    Entendant l'une d'elles crier de colère, il se retourna et vit l'éclat de deux projectiles qui volaient vers lui. Pour sa première incursion dans les Fleuves et les Lacs, il avait encore à l'esprit les recommandations de prudence de ses Shifu : craignant de tomber sur des projectiles empoisonnés, il n'osa pas les saisir à main nue. Il enleva son bonnet de cuir, dans lequel il les cueillit prestement au vol.
    - Bravo ! crièrent deux des femmes. Joli gongfu !
    Guo Jing baissa la tête et vit, à l'intérieur de son bonnet, deux macres d'argent aux arêtes extrêmement aiguisées, des armes meurtrières ! Il se sentit troublé et fâché : « Il n'y a aucun ressentiment ni aucune haine entre nous, se dit-il, vous convoitez seulement mon cheval et vous voilà prêtes à me blesser mortellement ! ».
    Il rangea les macres dans son gousset, et de peur de rencontrer les quatre autres femmes, laissa la bride sur le cou du cheval. Celui-ci galopa comme le vent et parcourut, en moins d'une heure, plus de quatre-vingts li. Les assaillantes devaient être embusquées plus loin sur la route, mais il était passé tellement vite qu'elles n'avaient pas dû avoir le temps de l'arrêter. Après un court repos, il reprit sa course. La nuit n'était pas encore tombée, il était arrivé à Kalgan, certainement hors de portée de ses poursuivantes.
    Kalgan, point de passage obligé pour tous ceux qui faisaient commerce entre le Sud et le Nord, était une petite ville très animée, où se concentraient les échanges de la région, et notamment le commerce des fourrures. Tenant son cheval rouge par les rênes, Guo Jing regardait à droite, à gauche, avec grande curiosité, il n'avait jamais vu une agglomération aussi importante, si bien que tout lui paraissait nouveau et original. Arrivé devant une grande hostellerie, il sentit la faim le tenailler. Il attacha son cheval devant la porte et entra. Une fois attablé, il commanda un plat de viande de bœuf, avec deux livres de crêpes épaisses, et mangea de bon appétit, à la façon mongole, enroulant la viande dans une crêpe et dévorant à pleines dents. Alors qu'il se régalait, il entendit soudain un tumulte à la porte de l'auberge. Craignant pour sa monture, il se précipita à l'extérieur. Le petit cheval rouge mangeait tranquillement son foin, mais deux garçons d'auberge injuriaient un jeune homme maigre, vêtu de haillons.
    Agé d'environ quinze ou seize ans, il portait sur la tête un vieux chapeau de cuir plein de trous, il avait le visage et les mains tout crasseux, si bien qu'on ne distinguait pas clairement ses traits. Il tenait une grosse brioche à la main et riait bêtement, laissant voir deux rangées de belles dents blanches, qui semblaient incongrues par rapport à son allure générale. Ses yeux noirs, très vifs, brillaient avec intensité.
    - Alors ? criait un des garçons. Fiche-moi le camp !
    - D'accord, dit le jeune homme, puisqu'il faut y aller, j'y vais... Il tourna les talons, mais l'autre garçon d'auberge le retint :
    - Laisse la brioche !
    Il obtempéra, posa la brioche, mais celle-ci était maculée de traces de doigts crasseux et ne pouvait plus être vendue. Le garçon d'auberge, furieux, donna un coup de poing, que l'autre évita en se baissant.
    Guo Jing eut pitié de lui, pensant qu'il devait avoir faim, et s'interposa :
    - Pas de brutalité, dit-il, mettez ça sur mon compte !
    Il ramassa la brioche et la tendit au jeune homme. Celui-ci la prit, mais dit :
    - Cette brioche n'est pas bonne ! Pauvre chose, tiens, voilà pour toi !
    Il jeta la brioche à un petit chien pelé qui commença à la dévorer.
    - Quel gâchis ! soupira un garçon d'auberge, une si bonne brioche à la viande donnée à un chien !
    Guo Jing demeura aussi interloqué, lui qui croyait que le jeune homme souffrait de faim... Il retourna à sa table pour continuer son repas. Or, le jeune homme le suivit à l'intérieur de l'établissement et resta à le regarder fixement. Guo Jing se sentit un peu gêné, alors il l'appela :
    - Viens manger toi aussi, tu veux ?
    - Volontiers, répondit le jeune homme en riant. Justement, je m'ennuyais tout seul et je cherchais un copain...
    Il avait un accent du Jiangnan, dont la familiarité ravit Guo Jing. En effet, sa mère était originaire de Lin'an, dans la province du Zhejiang, et les Six Fantasques venaient tous de la région de Jiaxing : il avait donc, depuis l'enfance, baigné dans l'accent du Jiangnan. Le jeune garçon vint s'asseoir à sa table. Guo Jing demanda un couvert de plus au serveur. Celui-ci, voyant les haillons et la crasse du nouveau convive, se montra peu aimable. Il fallut l'appeler à plusieurs reprises avant qu'il n'apportât, en traînant des pieds, bol et assiette.
    - Tu me prends pour un pauvre, se fâcha le jeune garçon, indigne de manger ici ? Peuh ! Même si tu sers ce que vous avez de meilleur, qui sait si cela sera de mon goût !
    - Ah oui ? dit froidement le serveur. Ce que commandera Votre Seigneurie, nous le ferons assurément. Le problème, c'est de savoir si quelqu'un paiera !
    - Quels que soient les plats que je commanderai, demanda le garçon à Guo Jing, tu m'inviteras ?
    - Bien sûr, bien sûr ! répondit Guo Jing, qui commanda au serveur : vite, coupez-nous une livre de viande de bœuf cuite et une demi-livre de foie de mouton !
    Pour lui, la viande de bœuf cuite et le foie de mouton constituaient le summum de la gastronomie...
    - Est-ce que tu bois du vin ? demanda-t-il encore au garçon.
    - Attends, répondit celui-ci. Ne te précipite pas sur la viande. Commençons d'abord par des fruits. Eh, garçon ! Apporte-nous d'abord quatre fruits secs, quatre fruits frais, deux salés-sucrés, quatre fruits confits dans du miel.
    Le serveur sursauta, ne s'attendant pas à une telle commande :
    - Quels fruits et confits souhaite le Seigneur ? ricana-t-il.
    - Dans un petit établissement d'une bourgade minable, dit le garçon, j'imagine que vous n'avez pas la possibilité de faire grand-chose. Alors, on va se contenter de peu : les quatre fruits secs sont des litchis, des longanes, des jujubes à l'étuvée et des gingkos. Pour les frais, tu choisiras des fruits de saison. Pour les salés-sucrés, des cerises parfumées et des prunes aux filaments de gingembre, mais je ne sais pas si on peut en trouver ici. Quant aux fruits confits dans du miel, tu apporteras des orangettes parfumées à la rose, des raisins confits, des lamelles de pêche au sucre glace, et des tranches de poire.
    Ces propos de connaisseur impressionnèrent le serveur, qui n'osa plus le prendre de haut.
    - Il n'y a pas de poissons frais ni de crevettes fraîches, ici, pour accompagner le vin, poursuivit le garçon, alors on se contentera de huit plats moyens...
    - Que désirent les Seigneurs ? demanda le serveur;
    - Décidément, dit le garçon en soupirant, si on n'explique pas tout les moindres détails, vous êtes incapables de rien faire ! Voici les huit plats : du faisan à la vapeur, des pattes de canard frits, une soupe de langues de poulet, de l'estomac de cerf à l'alcool de riz, des rognons de bœuf à la ciboulette, du lapin en filament au chrysanthème, de la cuisse de sanglier sautée, des pieds de porc au vinaigre de gingembre... Et je n'ai choisi que des choses simples, que vous pouvez faire ici. Des plats plus sophistiqués, ce n'est même pas la peine d'en parler...
    Le serveur en resta bouche bée.
    - Ces huit plats, finit-il par dire, sont plutôt chers ! Rien que pour les pattes de canard et la soupe de langues de poulet, il faudra bien plusieurs dizaines de volailles !
    - Ce Seigneur régale, répondit le garçon en montrant Guo Jing, tu crois qu'il n'en a pas les moyens ?
    Le serveur vit que Guo Jing portait un manteau de zibeline noire de grande valeur. « Même si tu n'as pas de quoi payer, se dit-il, ce manteau suffira à couvrir les dépenses ! ». Puis il demanda :

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    Part 7.4

    D'habitude, le petit cheval rouge ne laissait personne d'autre le monter, mais, durant ces derniers jours, il s'était beaucoup assagi. Et, puisque le maître le lui ordonnait, il ne fit pas d'histoire. Huang Rong bondit sur le cheval, Guo Jing lâcha la bride, frappa un petit coup sur la croupe. Cavalier et monture disparurent dans un nuage de poussière.
    Guo Jing attendit de ne plus les voir avant de se retourner. Il se faisait tard, alors il prit une chambre dans une hostellerie. Au moment où il allait éteindre et se coucher, il entendit gratter à la porte. Il crut que c'était Huang Rong qui revenait et éprouva une grande joie :
    - Est-ce toi, frère ? demanda-t-il. C'est merveilleux !
    - C'est ton paternel ! répondit une voix rauque. Qu'y a-t-il de merveilleux ?
    Surpris, le jeune homme ouvrit la porte et vit, à la lueur de la bougie, cinq hommes. En regardant de plus près, il eut un frisson dans le dos : quatre d'entre eux, armés de sabre, de lance, de fouet et de haches, étaient précisément les Quatre Démons du Fleuve jaune, qu'il avait combattus autrefois au sommet d'une colline. Le cinquième était un homme maigre d'environ quarante ans, au visage sombre et long, avec trois grosses bosses sur le front, qui le rendait d'une laideur extrême.
    L'homme maigre ricana et entra à grand pas dans la chambre. Il s'assit avec arrogance sur le lit de briques (en Chine du Nord, le couchage était généralement installé sur une sorte de « four » en briques, qui permettait ainsi le chauffage par dessous), puis tourna la tête pour toiser Guo Jing.
    Le grand frère des Quatre Démons du Fleuve jaune, Shen Qinggang, dit Sabre Brise-âme, déclara froidement :
    - Voici notre Oncle d'armes, le célèbre Hou Tonghai, dit « Dragon à trois têtes » ! Prosterne-toi devant le Seigneur Hou le deuxième !
    Guo Jing comprit qu'il était acculé. Il était déjà incapable de vaincre les seuls Quatre Démons du Fleuve jaune, sans parler de leur oncle, qui devait être redoutable.
    - Que voulez-vous ? demanda-t-il en joignant les poings pour saluer.
    - Où sont tes Shifu ? interrogea Hou Tonghai.
    - Mes six Shifu ne sont pas ici.
    - Hé, ricana Hou Tonghai. Alors je vais te laisser un répit d'une demi-journée. Si je te tuais maintenant, on pourrait dire que le Dragon à trois têtes s'en prend à plus faible que lui. Demain midi, j'attendrai dans le Bois de Pins noirs, à dix li à l'ouest d'ici. Viens avec tes six Shifu.
    Il se leva et sortit sans même attendre la réponse de Guo Jing. Wu Qinglie, dit Lance Arrache-vie, ferma la porte et la boucla de l'extérieur.
    Guo Jing éteignit la bougie, s'assit sur le lit, et vit, sur le papier de la fenêtre, une ombre aller et venir à pas lents : l'ennemi, visiblement, montait la garde dans la cour. Peu après, il entendit un bruit sur le toit, quelqu'un heurta les tuiles avec une arme, en disant : « Petit gars, ne pense même pas à t'enfuir, ton pépé te surveille ». Comprenant qu'il lui était impossible de s'enfuir, Guo Jing se coucha, regardant fixement le plafond, se demandant comment il allait s'en sortir le lendemain, mais il s'endormit avant d'avoir trouvé le début d'une solution.
    Le lendemain matin, le garçon d'auberge apporta de l'eau chaude pour ses ablutions et des pâtes pour le petit déjeuner, suivi de près par Qian Qingjian, armé de ses deux haches courtes.
    Guo Jing songea que ses Shifu étaient encore loin et ne pourraient probablement pas arriver à temps pour le sauver. Puisqu'il ne pouvait s'enfuir, il fallait combattre et mourir comme un homme ! Son Quatrième Shifu lui avait bien dit « Tu n'arrives pas à battre l'ennemi, fuis ! », mais il ne s'était même pas battu, alors s'il fuyait, ce ne serait pas conforme à cette recommandation. De fait, il ne lui aurait pas été difficile de fausser compagnie au seul Qian Qingjian, mais son esprit n'était pas très vif ni très inventif. Si Nan Xiren lui avait seulement dit : « Danger, fuis ! », il aurait probablement pris ses jambes à son cou, et ce lourdaud de Qian Qingjian n'aurait certainement pas été en mesure de le rattraper. Le Dragon à trois têtes, Hou Tonghai, croyait que les Six Fantasques du Jiangnan se trouvaient dans les parages, et que, étant donné leur renommée, ils n'auraient jamais manqué un rendez-vous, voilà pourquoi il n'avait pas imaginé que Guo Jing pût s'enfuir tout seul.
    Assis sur le lit, il pratiqua la méditation et régula son souffle selon les indications de Ma Yu. A côté de lui, Qian Qingjian faisait des moulinets avec ses haches en vociférant et en critiquant sa méthode. Guo Jing ne lui prêta pas la moindre attention. Vers midi, il se leva.
    - Allons-y, dit-il à son geôlier.
    Il paya ses dépenses à l'aubergiste et tous deux cheminèrent en direction de l'ouest. Dix li plus loin, ils virent effectivement un bois de pins aux feuillages touffus. Qian Qingjian abandonna Guo Jing et pénétra dans le bois.
    Le jeune homme détacha le fouet souple qu'il portait toujours à la taille et entra avec précaution dans le sous-bois. Progressant lentement, tous les sens aux aguets, il suivit le petit sentier sur plus d'un li, sans voir personne. Tout était silencieux, on entendait de temps en temps un cri d'oiseau. A mesure qu'il avançait, son appréhension grandissait. « Personne ne me surveille, se dit-il soudain, les bois sont si touffus, pourquoi ne pas me cacher ? Se cacher, ce n'est pas fuir ! ». Il s'apprêtait à se glisser dans un buisson quand il entendit des jurons au-dessus de sa tête :
    - Petit bâtard ! Imbécile ! Crétin !
    Guo Jing bondit en arrière, fit claquer son fouet et se mit en garde. Il leva la tête et éclata de rire : tout en haut de quatre grands arbres, les Démons du Fleuve jaune, les mains attachées derrière leur dos, pendaient au bout d'une corde et gigotaient en l'air. Ils se débattaient désespérément mais n'avaient aucune prise. En voyant Guo Jing, il redoublèrent de jurons.
    - Vous jouez à la balançoire ? demanda Guo Jing en riant. C'est très amusant, n'est-ce pas ? Alors au revoir, je vous laisse__
    Il s'éloigna de quelques pas puis se retourna :
    - Qui vous a attachés ainsi ?
    - Va te faire voir ! gronda Qian Qingjian. Nous piéger ainsi par surprise, ce n'est pas digne d'un homme !
    - Petit gars, cria Shen Qinggang, si tu as du cran, tais-nous descendre, nous combattrons un contre un pour nous départager. Car si nous t'attaquions tous ensemble, nous ne serions pas des braves !
    Guo Jing n'était pas très intelligent, mais il n'était pas complètement stupide non plus. Il éclata encore de rire et dit :
    - Considérons alors que vous êtes des braves, sans même avoir besoin de nous mesurer !
    Craignant de voir arriver Hou Tonghai, le Dragon à trois têtes, il ne voulut pas s'attarder, quitta le bois en courant et revint à la ville. Il acheta un cheval et reprit sans tarder la route du Sud. « Qui donc m'a ainsi aidé en cachette ? se demanda-t-il. Ces Quatre Démons du Fleuve jaune ont un excellent gongfu, qui a réussi à les attacher et à les suspendre dans les arbres ? Et ce Dragon à trois têtes qui s'était montré si méchant, comment se fait-il qu'on ne l'ait plus vu ? Mes Shifu ont toujours dit : quand un rendez-vous est pris, il faut s'y rendre même si le ciel vous tombe sur la tête. Alors je suis bien allé à son rendez-vous, s'il n'est pas venu lui-même, ce n'est pas de ma faute...»
    Le voyage se poursuivit sans histoire. Ce jour-là, il arriva enfin à Yanjing. C'était la capitale de l'Empire Jin, la cité la plus prospère du pays. Même l'ancienne capitale des Song, Bianliang, ou la nouvelle, Lin'an, ne pouvaient rivaliser avec elle. Guo Jing, qui avait grandi dans le désert, n'avait jamais vu pareille animation. Immeubles rouges à l'architecture sophistiquée, panneaux décorés, portes majestueuses, attelages magnifiques devant les demeures somptueuses, étalons fougueux se disputant le passage dans les rues. Des marchandises de toutes sortes étaient exposées dans d'immenses magasins, une foule bigarrée aux habits luxueux se pressaient dans les salons de thé et les débits de boissons. Enseignes brillantes, étendards multicolores, dans l'air résonnaient mille musiques, cent parfums embaumaient. Guo Jing ne savait plus où donner de la tête. Il y avait tellement de choses devant ses yeux qu'il ne reconnaissait pas un objet sur dix !
    N'osant pas entrer dans un restaurant trop richement décoré, il choisit un petit troquet où il mangea rapidement, puis continua à se promener au hasard. Soudain, il entendit des acclamations incessantes, et vit une foule au loin, massée autour de quelque chose.
    Poussé par la curiosité, il s'approcha et se glissa parmi les badauds. Ceux-ci se pressaient autour d'un grand espace vide, au milieu duquel était planté un étendard de brocart avec la formule « Joute pour trouver un époux » brodée en caractères d'or. Au-dessous de l'étendard, deux personnes s'affrontaient en un combat acharné : l'une était une jeune fille habillée de rouge, l'autre un grand gaillard. Guo Jing vit tout de suite que la jeune fille, dont chaque mouvement était mesuré et contrôlé, avait un bon gongfu, alors que le grand gaillard ne faisait visiblement pas le poids. Après quelques échanges, la jeune fille sembla baisser la garde, le gaillard s'empressa d'attaquer d'un coup « Deux Dragons hors de leur tanières », projetant les deux poings vers la poitrine de l'adversaire. Mais la jeune fille s'écarta légèrement, son bras gauche pivota et frappa le dos du grand gaillard, qui tomba au sol. Il se releva couvert de poussière, le visage honteux, et disparut dans la foule. Les spectateurs applaudirent et acclamèrent la jeune fille.
    Celle-ci arrangea une mèche de cheveux et revint à côté de l'étendard. Guo Jing la regarda plus attentivement : âgée d'environ dix-huit ans, elle était très gracieuse et son visage extrêmement avenant, légèrement marqué par la vie. Les rafales de vent glacial faisaient claquer l'étendard, à côté duquel étalent plantées une lance de fer et deux hallebardes courtes.
    La jeune fille échangea quelques mots à voix basse avec un homme d'âge moyen. Celui-ci hocha la tête, s'avança, joignit les mains et salua à la cantonade :
    - Votre serviteur s'appelle Mu Yi. Je suis originaire du Shandong. De passage dans votre honorable ville, je ne cherche ni la renommée ni la fortune. Seulement, ma fille est en âge de mettre un peigne dans les cheveux (A partir de quinze ans, les jeunes filles, considérées comme adultes, peuvent se coiffer et serrer leurs cheveux avec un peigne) et elle n'a pas encore de fiancé. Elle a fait un vœu autrefois : elle ne désire pas un mari fortuné ou un noble, mais un brave expert en arts martiaux. C'est pourquoi nous avons l'audace de proposer une joute pour lui trouver un mari : tout jeune homme, dont l'âge est inférieur à trente ans et qui n'aurait pas encore pris femme, peut se mesurer à ma fille. S'il peut la vaincre même d'un seul mouvement, je la lui donnerai en mariage. Nous avons parcouru le pays du Sud au Nord, mais tous les experts de renom sont déjà mariés, et les jeunes braves ne daignent sans doute pas venir, c'est pourquoi nous n'avons pas encore trouvé le bon époux... Yanjing est un lieu où tigres et dragons sont tapis dans l'ombre, il y a certainement beaucoup de paladins et d'hommes de valeur. Si un tel comportement vous paraît extravagant, j'implore votre bienveillant pardon !
    Ce Mu Yi parut fort robuste à Guo Jing, mais il avait le dos légèrement voûté, des cheveux blancs et des rides sur tout le visage. L'air mélancolique et triste, il portait une tenue en tissu grossier, rapiécée en plusieurs endroits, alors que la jeune fille était vêtue de couleurs vives.
    Après avoir prononcé son discours, Mu Yi attendit quelque temps. On n'entendit que des voyous qui faisaient des commentaires vulgaires, mais personne n'osa descendre dans l'arène. Le saltimbanque leva les yeux au ciel, vit des nuages de plomb s'amonceler et la bise redoubler de vigueur. « On dirait qu'une tempête de neige menace, dit-il à voix basse. Ah, il faisait aussi sombre, ce jour-là... » Il se retourna, arracha la hampe de l'étendard et s'apprêtait à enrouler le tissu de brocart quand on entendit dans la foule, à l'est et à l'ouest, deux cris simultanés : « Un instant ! », et deux hommes bondirent dans l'espace découvert.
    En les voyant, la foule éclata de rire. En effet, celui venu de l'est était obèse et âgé. Il portait une grande barbe et devait avoir au moins une cinquantaine d'années. Celui venu de l'ouest était plus comique encore : c'était un bonze au crâne rasé.
    - De quoi riez-vous ? cria l'obèse à la foule. C'est bien une joute pour trouver un époux ! Moi, je ne suis pas marié, pourquoi ne pourrais-je pas avoir ma chance ?
    - Vénérable ancêtre, dit le bonze en ricanant, même si tu gagnes, tu ne voudrais tout de même pas que cette jeune fille belle comme une fleur devienne veuve tout de suite ?
    - Et toi, se fâcha l'obèse, que viens-tu faire ici ?
    - Si je peux avoir une femme aussi jolie, répliqua le bonze, je redeviens séculier aussi sec !

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    part 7.6

    Elle s'assit par terre, tête baissée et rouge de honte, se tenant le pied protégé par une chaussette de toile blanche. Le jeune aristocrate sourit d'un air volage, porta le brodequin à son nez et fit mine de le respirer. Dans l'assistance, les voyous n'allaient évidemment pas laisser passer cette occasion de faire du foin :
    - Ça sent bon ! crièrent-ils en chœur.
    - Quel est votre nom ? demanda Mu Yi.
    - Ce n'est pas la peine d'en parler, répondit le jeune aristocrate en riant.
    Il reprit son manteau de brocart, jeta un coup d'oeil en direction de la jeune fille, plaça le petit brodequin brodé dans son gousset. A ce moment-là, le vent redoubla de vigueur et de gros flocons de neige commencèrent à tomber.
    - Nous habitons à l'Auberge de la Prospérité, dit Mu Yi, dans la partie ouest de la ville. Allons-y donc ensemble, afin de causer un peu.
    - Pour causer de quoi ? répliqua le jeune aristocrate. Il neige maintenant, il faut que je me dépêche de rentrer.
    Mu Yi blêmit.
    - Vous avez gagné la joute, j'ai fait une promesse, alors je vous donne ma fille en mariage. C'est une affaire sérieuse, on ne peut la traiter à la légère !
    Le jeune aristocrate éclata de rire :
    - Nous nous sommes un peu amusés aux arts martiaux, dit-il, c'était plutôt intéressant... Mais, quant au mariage, ha, je suis obligé de décliner cet honneur !
    La colère étouffa Mu Yi et l'empêcha de parler :
    - Vous... Vous...
    - Pour qui prends-tu notre Jeune Prince ? dit un serviteur en ricanant. Crois-tu qu'il puisse se marier avec de vulgaires saltimbanques écumant les Fleuves et les Lacs ? Tu rêves, mon vieux !
    Mu Yi était si fâché que, d'un coup, il assomma l'insolent. Le jeune aristocrate ne chercha pas à s'expliquer davantage : il fit emporter son serviteur évanoui et s'apprêta à remonter à cheval.
    - Vous vous moquez vraiment de nous ! cria Mu Yi en l'agrippant par le bras gauche. Bien, de toute façon, ma fille ne peut pas épouser un impudent tel que vous. Mais rendez-nous le brodequin !
    - C'est elle qui me l'a donné ! dit le jeune aristocrate en riant, de quoi vous mêlez-vous ? J'ai gagné la joute, je vous dispense du mariage, mais je garde le lot de consolation !
    Il pivota son bras, exerça une pression interne et se dégagea.
    - Ça ne se passera pas comme ça ! s'écria Mu Yi, tremblant de colère.
    Il bondit et frappa des deux poings, en un coup appelé « Cloche et tambour sonnent ensemble », vers les tempes de son adversaire. Celui-ci s'écarta et revint dans l'espace découvert.
    - Et si je vous bats, vieil homme, dit-il en riant, vous ne me forcerez plus à devenir votre gendre?
    La foule, indignée de l'attitude impudente et arrogante du jeune homme, demeura silencieuse. Seuls quelques voyous et vauriens éclatèrent de rire bruyamment.
    Sans dire un mot, Mu Yi resserra sa ceinture, bondit telle « L'Hirondelle des mers effleure les flots » sur le jeune aristocrate. Celui-ci savait qu'il était extrêmement en colère et ne prit pas l'attaque à la légère. Il esquiva, répliquant par un coup au ventre, « Le Serpent venimeux cherche sa tanière ». Mu Yi s'écarta, frappa de la paume gauche sur l'épaule, le jeune homme se détourna, avança sa paume droite sous le bras gauche. C'était un coup extrêmement vicieux, appelé « Profiter du nuage pour changer le soleil », porté à l'insu de l'adversaire. Or, Mu Yi para efficacement et referma ses deux mains sur les joues du jeune aristocrate.
    A ce moment-là, quels que fussent ses mouvements, celui-ci ne parviendrait pas à éviter le coup ! Il fronça les sourcils, se mordit les lèvres, et se décida à employer une autre technique : ses deux mains volèrent comme l'éclair et ses dix doigts se plantèrent dans le dos des mains de Mu Yi. Quand il les retira, les bouts de ses doigts étaient maculés de rouge !
    Tous les spectateurs crièrent de surprise. La jeune fille, affolée, vint soutenir son père : elle déchira un pan de sa tunique pour lui envelopper ses mains, qui saignaient abondamment.
    Mu Yi repoussa sa fille :
    - Écarte-toi, dit-il. Aujourd'hui, c'est lui ou moi !
    La jeune fille, blême, regarda fixement le jeune aristocrate, dégaina soudain un poignard et voulut se le plonger en plein cœur. Surpris, Mu Yi chercha à l'arrêter de la main, la jeune fille n'eut pas le temps d'écarter la lame, qui se planta dans la main de son père.
    Les spectateurs soupirèrent et se lamentèrent de voir une belle histoire s'achever de façon aussi sanglante ! Même les voyous semblèrent indignés par un tel dénouement. Les commentaires commencèrent à fuser sur l'attitude inconvenante de ce jeune aristocrate.
    Devant une telle indignité, Guo Jing ne pouvait rester les bras croisés. Il écarta doucement les gens devant lui et s'avança dans l'espace découvert :
    - Hé, cria-t-il, agir comme ça, c'est pas bien !
    Le jeune aristocrate, un instant interloqué, répliqua en riant ;
    - Ah oui ? Comment faut-il agir pour que ça soit bien ?
    Ses serviteurs, voyant que Guo Jing était vêtu comme un paysan et qu'il parlait avec un accent prononcé du Sud, se moquèrent de lui. Guo Jing ne comprit pas la moquerie, et dit sérieusement :
    - Tu devrais épouser cette demoiselle !
    - Et si je ne l'épouse pas ?
    - Si tu ne veux pas l'épouser, pourquoi es-tu descendu pour combattre ? C'était bien marqué, sur l'étendard, «Joute pour trouver un époux » !
    - De quoi te mêles-tu, gamin ? répliqua le jeune aristocrate, la voix menaçante.
    - Cette demoiselle est non seulement très belle, mais elle a un excellent gongfu. Pourquoi ne veux-tu pas d'elle ? N'as-tu pas vu qu'elle s'est sentie si offensée qu'elle a voulu se suicider ?
    - Tu es un tel abruti que ce n'est pas la peine de t'expliquer... Le jeune aristocrate tourna les talons. Guo Jing le retint :
    - Hé ! Comment peux-tu partir comme ça ?
    - Que veux-tu ?
    - Ne t'ai-je pas dit d'épouser cette demoiselle ? L'aristocrate ricana et s'en alla.
    Mu Yi, voyant l'intervention de Guo Jing, comprit qu'il était généreux, mais naïf et peu au fait des usages du monde. Il s'approcha et lui dit :
    - Petit frère, ne t'occupe pas de lui. Tant que j'aurai un souffle de vie, je trouverai à me venger de cet affront.
    Puis il cria vers le jeune aristocrate :
    - Laisse au moins ton nom !
    - Je vous ai dit que je ne pouvais pas vous appeler « beau-père », répliqua l'insolent, pourquoi voulez-vous encore connaître mon nom ?
    Très fâché de ce dernier trait, Guo Jing bondit en criant :
    - Alors rends le brodequin brodé à la demoiselle !
    - Mêle-toi de tes oignons ! grimaça l'insolent. À moins qu'elle ne t'ait tapé dans l'œil ?
    - Pas du tout ! Alors, tu vas le rendre ou non ?
    Le jeune aristocrate tendit soudain la main et gifla lourdement Guo Jing. Celui-ci, piqué au vif, employa une prise de la technique qinna, saisit, en croisant les mains, les poignets de son adversaire. Celui-ci chercha à se dégager, en vain.
    - Tu veux mourir ? cria-t-il alors, surpris et fâché, en donnant un coup de pied au bas du ventre de Guo Jing.
    Celui-ci banda ses muscles et repoussa le jeune aristocrate vers l'espace découvert. Visiblement, celui-ci avait une bonne technique d'apesanteur, puisque, au lieu de chuter sur le dos, il se redressa et tomba sur ses pieds. Il ôta prestement son manteau de brocart et s'écria :
    - Tu en as assez de vivre, petit abruti ? Si tu as du cran, viens te mesurer avec moi !
    - Pourquoi me battrai-je avec toi ? dit Guo Jing en secouant la tête. Puisque tu ne veux pas te marier avec la demoiselle, rends-lui son brodequin !
    Les spectateurs, voyant l'intervention de Guo Jing, avaient envie de voir ce dont il était capable et ne pensaient pas qu'il reculerait. Certains voyous se mirent même à le huer :
    - Parler sans agir, ce n'est pas digne d'un brave !
    Pour sa part, le jeune aristocrate, au vu de la prise de Guo Jing, avait compris que le gongfu de celui-ci n'était pas négligeable, et surtout qu'il avait une énergie interne puissante. Cela l'arrangeait donc bien de ne pas se battre. Mais il ne pouvait évidemment pas rendre le brodequin sans perdre la face ! Il ramassa donc son manteau et tourna les talons en ricanant. Guo Jing l'attrapa par un pan du manteau et répéta :
    - Comment peux-tu partir comme ça ?
    Le jeune aristocrate eut soudain une idée : il lança son manteau sur la tête de son contradicteur et frappa des deux poings sur sa poitrine. Aveuglé par le vêtement, Guo Jing ne put éviter les impacts. Heureusement, il avait pratiqué deux ans de neigong orthodoxe avec Ma Yu, si bien que ces coups, même extrêmement douloureux, ne purent le blesser véritablement. Pressé par le danger, il lança successivement, en changeant alternativement d'appuis, neuf coups de pied rapides : c'était une technique mise au point par Han Baoju, qui lui avait déjà permis de battre de nombreux ennemis. Même si le disciple n'avait pas encore l'habileté du maître, et même si ces coups de pied étaient ***énés à l'aveuglette, ils troublèrent le jeune aristocrate, qui put éviter les sept premiers mais se prit les deux derniers en pleine poitrine.
    Les deux jeunes gens bondirent simultanément en arrière. Guo Jing, encore stupéfait, se débarrassa du manteau qui l'aveuglait. Il ne pouvait croire à une telle traîtrise de la part de son adversaire : « Il savait bien, se disait-il, qu'il s'agissait d'une «Joute pour trouver un époux », il avait gagné et pourtant refusait d'épouser la demoiselle ! De plus, quand j'ai essayé de le raisonner, non seulement c'est lui qui a commencé à frapper, mais il a utilisé une ruse honteuse ! Si je n'avais pas une bonne pratique du neigong, il m'aurait brisé les côtes et écrasé mes organes intérieurs ! » D'un caractère simple et franc, il avait toujours vécu avec d'honnêtes gens, si bien qu'il ne savait rien de la perfidie de la nature humaine. Même si, durant les dernières années, ses maîtres n'avaient pas manqué de le mettre en garde contre les bassesses et les traîtrises que l'on rencontrait dans les Fleuves et les Lacs, il les écoutait comme on écoute des histoires, qui ne pouvaient rester gravées dans l'esprit tant qu'on ne les avait pas vécues soi-même. À ce moment, il était à la fois furieux et perplexe, ne parvenant pas à croire à l'existence de telles tromperies.
    Le jeune aristocrate, ulcéré par les deux coups de pied reçus, se précipita, le poing levé, sur Guo Jing. Celui-ci para, mais ne put faire face à la pluie de coups qui tombait sur lui, et s'effondra. Les serviteurs se mirent à rire. Leur maître s'épousseta la poitrine et dit en ricanant :
    - Alors, on croit pouvoir jouer les justiciers avec une technique qui ne casserait pas trois pattes à un canard ? Rentre chez toi et dis à ta Shimu de te donner des leçons pendant encore vingt ans !
    Guo Jing se releva, inspira profondément, fit circuler son souffle dans tout le corps, si bien que la douleur s'atténua.
    - Mes Shifu n'ont pas de femme, répliqua-t-il.
    - Alors dis-leur d'en épouser une rapidement !
    Guo Jing allait répondre : « J'ai six Shifu, dont une femme » mais n'en eut pas le temps. Il vit que l'autre allait quitter la place alors il se précipita sur lui, le poing levé, en criant :
    - En garde !
    Le jeune aristocrate esquiva, Guo Jing décocha un crochet du gauche en plein visage, l'autre para. Ils demeurèrent les bras appuyés sur ceux de l'adversaire, chacun essayant d'utiliser l'énergie interne pour prendre le dessus sur l'autre. Guo Jing était un peu plus fort, son ennemi avait une meilleure technique, il était difficile de les départager immédiatement.

    7.7

    Guo Jing inspira profondément, sentit soudain que l'autre relâchait sa pression et ne put s'empêcher de tomber en avant. Il chercha à rétablir son équilibre lorsqu'il perçut un coup venant de l'arrière. Il s'empressa de parer mais, ne disposant pas de base solide, il trébucha. En tombant, il prit appui sur son coude et rebondit, tournoya en l'air et lança son pied gauche pour attaquer.
    Devant ce rétablissement rapide et spectaculaire, la foule applaudit.
    Le jeune aristocrate s'écarta, attaqua des deux paumes, l'une feinta pour troubler l'adversaire, l'autre portant réellement le coup. Guo Jing déploya alors la technique « Dissocier les tendons et disloquer les os » : ses mains voletaient en tous sens, visant les tendons et les articulations sur tout le corps. Devant la virulence de cette attaque, l'aristocrate changea soudain de tactique : lui aussi se mit aussi à employer la même technique ! Seulement, celle apprise par Guo Jing avait été inventée par Zhu Cong, le Lettré aux mains prestes, et différait notablement de la technique orthodoxe transmise par les maîtres des Plaines centrales. Les deux se ressemblaient dans leurs principes, mais avaient des différences dans l'exécution. L'un menaçait de l'index et du majeur le point « Nourriture du vieillard » derrière le poignet, l'autre cherchait à crocheter les articulations des doigts. Mais tous deux éprouvaient des appréhensions mutuelles et n'osaient pas aller jusqu'au bout, esquissant à peine un mouvement avant de passer à un autre. Ainsi, après une quarantaine d'échanges, ils ne purent se départager encore. La neige continuait de tomber, et une fine couche blanche recouvrait la tête et les épaules des spectateurs.
    Soudain, le jeune aristocrate sembla avoir une défaillance et laissa à découvert sa poitrine. Guo Jing en profita immédiatement, pointant son index sur le point « Queue de tourterelle » de son adversaire. Mais il eut alors des scrupules : « Il n'y a aucune haine entre nous, se dit-il, je ne peux pas utiliser un coup aussi meurtrier ! » Il dévia donc son doigt et toucha un point légèrement décalé, ce qui n'eut aucun effet sur son opposant. Celui-ci eut tout le loisir d'attraper son poignet, de le tirer, tout en lui faisant un croche-pied. Guo Jing perdit l'équilibre et tomba encore une fois.
    Mu Yi, dont les mains venaient d'être bandées par sa fille, assistait à la scène. Il vit donc Guo Jing tomber pour la troisième fois et comprit qu'il n'était pas de taille à faire face au jeune insolent. Il s'empressa de le relever :
    - Petit frère, dit-il, allons-nous-en plutôt. Ce n'est pas la peine de s'attarder avec des effrontés de cette espèce !
    Guo Jing, qui avait vu trente-six chandelles et s'était fait très mal, sentit la moutarde lui monter au nez. Il s'écarta de Mu Yi et se rua sur son adversaire, en redoublant de coups.
    Le jeune aristocrate, surpris de le voir insister de la sorte malgré la raclée qu'il venait de recevoir, recula de trois pas :
    - Tu ne reconnais pas ta défaite ?
    Guo Jing ne répondit pas et continua à attaquer.
    - Si tu ne t'arrêtes pas, menaça le jeune aristocrate, je vais être obligé de te tuer !
    - Si tu ne rends pas le brodequin, répliqua Guo Jing, je n'en aurai jamais fini avec toi !
    - Mais cette jeune fille n'est même pas ta sœur, pourquoi t'obstines-tu à vouloir être mon beau-frère ?
    « Etre le beau-frère de quelqu'un » constituait une injure dans le parler populaire de la capitale, les voyous éclatèrent de rire en l'entendant, mais Guo Jing n'y comprit goutte.
    - Je ne la connais même pas, dit-il, elle ne peut pas être ma sœur !
    Le jeune aristocrate ne savait plus s'il devait rire ou se fâcher :
    - Alors en garde, finit-il par dire. Abruti !
    Les deux jeunes gens recommencèrent à se battre. Cette fois-ci, Guo Jing se montra plus prudent, et ne tomba plus dans les pièges répétés que lui tendait son adversaire. À vrai dire, d'un point de vue strictement technique, le gongfu du jeune aristocrate était supérieur, mais Guo Jing était têtu comme une mule et se battait à la barbare : il avait beau recevoir des coups, il repartait à l'attaque avec obstination, sans jamais renoncer. Il se battait déjà ainsi quand il était petit, au cours des bagarres avec les gamins de la bande à Dushi. Maintenant, il avait acquis davantage d'habileté en apprenant les arts martiaux, mais sa façon de se battre n'avait pas fondamentalement changé puisqu'il était dans sa nature de se battre avec sauvagerie, jetant allègrement aux orties la recommandation de son Quatrième Shifu : « Ennemi imbattable, fuis ! » ! Dans son esprit, la formule importante avait toujours été « Ennemi imbattable, insiste ! », sauf qu'il n'en avait pas conscience !
    Le spectacle attirait de plus en plus de monde, la place était totalement encombrée. Le vent et la neige redoublaient d'intensité, mais personne ne s'en allait.
    Mu Yi, du fait de sa grande expérience des Fleuves et des Lacs, savait bien que, si le combat se poursuivait, les attroupements allaient attirer l'attention des autorités et peut-être provoquer leur intervention. Il valait donc mieux ne pas s'éterniser sur place ! Seulement, ce jeune homme était généreusement venu les aider, il ne pouvait s'en aller ainsi en le laissant se dépêtrer tout seul de cette affaire. Mais il se sentait très anxieux. Il leva les yeux, son regard parcourut distraitement l'assemblée, quand il remarqua, dans la foule, plusieurs individus qui avaient l'air d'appartenir au monde des arts martiaux. Tout à l'heure, il avait été tellement concentré sur le combat qu'il ne s'était même pas rendu compte de leur arrivée.
    Il se déplaça alors lentement, s'approchant des serviteurs du jeune aristocrate qui s'étaient réunis dans un coin. Les surveillant du coin de l'œil, il vit, parmi eux, trois personnages à l'allure martiale : le premier portait une grande robe de bonze écarlate et un bonnet doré, c'était un lama tibétain de très grande taille. Le second, de taille moyenne, avait des cheveux blancs argentés mais un visage rubicond et rayonnant, à la peau lisse comme celle d'un bébé, sans une seule ride. Il était vêtu d'une longue robe en fibres de puéraire, on ne savait si c'était un taoïste ou un bonze. Le troisième était tout petit, mais ses yeux injectés de sang avaient un regard perçant, et il portait une fière petite moustache.
    La présence de ces figures originales étonna Mu Yi. Il entendit alors un des serviteurs dire :
    - Vertueux Suprême, ayez donc la bonté d'aller nous débarrasser de cet abruti, s'il vous plaît ! Si ça continue et qu'il arrive quoi que ce soit au Jeune Prince, nous autres serviteurs serions bons pour la potence !
    Mu Yi sursauta : « Ainsi, se dit-il, cet effronté est donc un jeune prince ! Effectivement, si le combat se poursuit, il pourrait y avoir un malheur. Apparemment, tous ces gens sont des experts appartenant à la maison princière, que les serviteurs sont allés chercher pour lui prêter main-forte ».
    Le lama tibétain sourit sans dire un mot. Le vieillard prit la parole en riant :
    - Le Vertueux Suprême Lingzhi est un membre éminent de l'Ecole ésotérique du Tibet, il ne peut pas s'abaisser à en venir aux mains avec un blanc-bec de cet acabit, ce serait par trop déchoir... Et puis, s'il arrivait quelque chose, le Prince vous briserait les jambes tout au plus, il n'irait pas jusqu'à vous exterminer, quand même, n'est-ce pas ?
    - De toute façon, intervint le petit homme aux yeux injectés de sang, le Jeune Prince est plus fort que ce gamin, alors que craignez-vous ?
    Il était petit, mais avait une voix de stentor. Les badauds alentours sursautèrent en l'entendant et se retournèrent pour le regarder, mais, intimidés par son regard menaçant, tous baissaient immédiatement les yeux.
    - Notre Jeune Prince s'est donné la peine d'apprendre tout ce gongfu, dit le vieillard chenu, s'il ne peut même pas en faire la démonstration publiquement, il serait vraiment trop frustré de toutes ces années d'efforts ! Si quelqu'un se permet d'aller l'aider, il sera sûrement très vexé...
    - Vénérable Liang, dit le petit homme en s'efforçant de baisser la voix, selon vous, à quelle école appartient la technique de paume du Jeune Prince ?
    - Frère Peng, répondit le vieillard en riant, tu veux me mettre à l'épreuve ? Le Jeune Prince a une technique de paume alliant agilité et complexité, qui est vraiment difficile à acquérir. Si je ne me trompe pas, il a dû apprendre son gongfu avec les taoïstes de la Secte de la Perfection absolue !
    Mu Yi sursauta encore : « Ce jeune sans-gêne serait un disciple de la Secte de la Perfection absolue ? »
    - Le Vénérable Liang a un œil remarquable, dit le petit homme. Vous passez votre vie au pied de la Montagne de la Blancheur éternelle et vous vous consacrez à la méditation et aux pratiques alchimiques. On dit que vous venez rarement dans les Plaines centrales, et pourtant vous semblez connaître par cœur les styles des écoles chinoises. Vous m'en voyez très admiratif.
    - Frère Peng est trop élogieux, dit le vieillard en esquissant un sourire.
    - Seulement, poursuivit le petit homme, les taoïstes de la Secte de la Perfection absolue sont tous des personnages bizarres et imprévisibles. Comment se fait-il qu'ils aient accepté de prendre le Jeune Prince pour disciple ? C'est plutôt étonnant.
    - Lorsque le Prince veut vraiment s'assurer la collaboration de quelqu'un, répliqua le vieillard, croyez-vous qu'il n'ait pas les arguments pour obtenir ce qu'il souhaite ? Comme vous-même, par exemple, Frère Peng, qui dominez le Shandong et le Shanxi, ne faites-vous pas partie maintenant de la maison du Prince ?
    Le petit homme en convint. Leur attention se reporta sur le combat : ils remarquèrent que Guo Jing avait encore changé de style, sa technique de paume adoptait un rythme plus lent, mais permettait une défense extrêmement serrée. Le Jeune Prince avait, à plusieurs reprises, cherché à attaquer mais avait été repoussé par des coups très lourds.
    - A votre avis, demanda le vieillard au petit homme, d'où vient le gongfu de ce petit gars ?
    - Son gongfu est très mélangé, répondit-il après un moment d'hésitation. On dirait qu'il a eu plusieurs Shifu...
    - Le Chef Peng a raison, intervint quelqu'un à côté. Ce gamin est le disciple des Sept Fantasques du Jiangnan.
    Mu Yi examina la personne qui venait de prendre la parole : c'était un homme maigre au visage sombre, avec trois bosses sur le front. « Il l'a appelé Chef Peng, se dit-il, ce petit homme serait donc le bandit Peng Lianhu, le Boucher aux mille mains, qui massacre sans sourciller ? Quant aux Sept Fantasques du Jiangnan, ça fait longtemps que je n'ai plus entendu leur nom, seraient-ils encore de ce monde ? ». Pendant ce temps, l'homme maigre au visage sombre rugit soudain :
    - Petit effronté, te voilà donc ?
    Il dégaina un trident d'acier à manche courte et bondit dans l'arène. En entendant du bruit derrière lui, Guo Jing se retourna et tomba nez à nez avec les trois bosses sur le front : c'était donc le Dragon à trois têtes, Hou Tonghai, l'oncle d'armes des Quatre Démons du Fleuve jaune. Surpris et inquiet, il hésita, ne sachant que faire. Le Jeune Prince mit à profit cette hésitation pour le frapper sur l'épaule, si bien que Guo Jing dut reprendre le combat.
    Voyant Hou Tonghai bondir dans l'arène l'arme à la main, les spectateurs crurent qu'il s'apprêtait à aider l'un des belligérants et, trouvant cette attitude indigne, commencèrent à le huer. Mu Yi, qui avait compris qu'il faisait partie de la maison princière, s'avança, prêt à le combattre s'il s'en prenait à Guo Jing, tout en étant conscient que l'ennemi était supérieur en nombre. Or, Hou Tonghai n'en voulait pas au jeune homme. Il fonça directement dans la foule, de l'autre côté, sur un jeune garçon, malingre, en haillons, qui sursauta en le voyant et tourna les talons. Le Dragon à trois têtes se lança à ses trousses, lui-même suivi par quatre hommes.
    Du coin de l'œil, Guo Jing avait bien vu que c'était Huang Rong, le nouvel ami qu'il s'était fait à Kalgan, que Hou Tonghai poursuivait les armes à la main, avec le concours des Quatre Démons du Fleuve jaune. Très inquiet, il encaissa un coup de pied et sauta en arrière :
    - Un instant ! s'écria-t-il. Il faut que je m'arrête un moment, nous reprendrons plus tard.
    Le Jeune Prince, fatigué de cette lutte de voyous, avait perdu toute envie de se battre et ne demandait pas mieux de s'arrêter :
    - Si tu reconnais ta défaite, ricana-t-il, ça va...
    Préoccupé par la sécurité de son ami, Guo Jing s'apprêtait à aller lui prêter main-forte quand il entendit des bruits de pas : c'était Huang Rong qui revenait en traînant la savate et en rigolant, poursuivi par Hou Tonghai, qui l'injuriait et cherchait à lui planter son trident dans le dos. Mais Huang Rong était d'une agilité extraordinaire, et le trident manquait toujours sa cible de peu. Le jeune garçon se faufilait adroitement dans la foule et était déjà ressorti de l'autre côté.
    Last edited by Patudo; 02-23-05 at 12:51 PM.

  17. #17
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    I'm having such fun translating I decided to go on to chapter 12-1 which is available from the French site .. sorry if this is out of sequence, please feel free to add to the correct thread when the time comes. please bear with me while I correct my mistakes..

    -----------------------------------------------

    Hong didn't need to be told twice: without even drinking the wine, he brandished his chopsticks and seized two meat sticks that he engulfed voraciously. An exquisite taste filled his mouth: this was not merely beef! Whenever he chewed, different sensations struck him; sometimes an oily and juicy flavour, sometimes a succulent freshness. Scents succeeded themselves in complex and unpredictable variations, like the blows of a martial arts expert. Startled and delighted, Qi Gong examined the sticks more closely, and saw that each of them was formed by four small different intertwined sticks. He shut his eyes to savour the taste better:

    " Hmm," he said, " there is mutton thigh on one stick, another of pig ears of milk, a third one of calf kidney, and the last one...the last one..."

    " If you guess," said Huang Rong with a grin, "you're really fantastic..."

    She had barely finished her sentence before Qi Gong cried:

    " Deer thigh mixed with rabbit!"

    " Bravo!" applauded the girl. " Well guessed! "

    Guo Jing was completely stunned: " These meat sticks needed so much work!" he said to himself. " And Qi Gong is truly astonishing to have known to distinguish the five different meats! »

    " There are only five meat types," Qi Gong went on, " but the blend of pork and mutton gives a certain taste, the deer with beef another... how many variations there is in all, that, I wouldn't like to say..."

    " If one does not count the order of the variations," said Huang Rong with a smile, " there are some twenty-five, corresponding to the five times five petals of the plum flower. As the meat stick resembles a flute, then this dish has a name- it is called "Plumflowers fall to the jade flute's song" The « that » in the question means that there is a placement sort to the test. Qi Gong, you passed the test, you are the champion of all the gourmets!"

    " Bravo!" the beggar cried to himself.

    No one knew whether he applauded the name of the dish or his own skillfulness in discerning the tastes. Then he placed two cherries in a spoon and says while laughing:

    " This bowl of lotus-leaf soup, with those bamboo sprouts and cherries, is so pretty to look at, one regrets almost to have to eat it!"

    He swallowed and cried: « Ah! », Then he said to himself, astonished: « Eh? ». He took two more and exclaimed again: « Ah! » The freshness of the leaf of lotus, the taste of the bamboo sprouts, sweetness of the cherries, all that, obviously, leaps to the tastebuds, but what's more, the cherries, after having been pitted, had been stuck something..."

    " In the cherries," says Qi Gong while hesitating, " what's there?"

    He closed his eyes again, trying to recognize the taste:

    " This is lark's meat!" he mumbled to himself. " No...if this is not partridge, this is turtledove! Yes, that's it, this is turtledove!"

    He opened his eyes, saw that Huang Rong raised her thumb and was all to trust to have found:

    " So what's the complex name of this soup with lotus leaves, bamboo sprouts, cherries and turtledove?"

    " Elder," said Huang Rong, " you haven't mentioned one more ingredient."

    " Ah yes?" Hong said, astonished.

    He regarded the soup again:

    " Yes," he agreed, " there are these flower petals..."

    " Exactly!" confirmed Huang Rong. " The name of this soup, can you imagine it from these five ingredients?"

    " If this a riddle game, I declare I've lost. Tell me quickly..."

    " I'll give you a clue," said Huang Rong, it suffices you to think about the Book of the Odes!"

    " Ah no!" Qi Gong protested, " I know nothing in the books!"

    " The flower hints at a beauty's complexion," explained Huang Rong, the cherries to her small mouth, isn't that right?"

    " Ah, this is therefore the «Beauty's Soup»?"

    " No, said Huang Rong while shaking the head, the bamboo is a symbol of modesty, it therefore characterizes a gentleman, just as the lotus is the most eminent of the flowers. Thus, bamboo and lotus relate to a gentleman."

    " Oh," said Qi Gong, " this is therefore the «Gentleman and Beauty's Soup »?"

    " What about the turtledove?" said Huang Rong. Indeed, all these elements meet again in the first poem of the Book of the Odes, that finishes thus: "The gentleman is in good company". Thus, this soup is called the "Soup of Good Company"!"

    Qi Gong burst out laughing:

    " Since there is such a complex and strange soup, it's good that it has such a complex and strange name. Very well! Very well! You're a complex and strange little one yourself, I would like to know which complex and strange father that sired you...In any case, this soup is truly exquisite, much better tasting than the soup with cherries that I ate, approximately ten years ago, in the kitchen of the Imperial Palace."

    " You have a pass to the imperial kitchen?" asked Huang Rong. " Tell me, and see if I'll try to prepare something that will please you just as well."

    Qi Gong devoured literally, and didn't have time to reply. He halted himself when he had reached the bottom of the bowls:

    " In the imperial kitchen," he explained, " there are lots of good things of course, but nothing is worth the two dishes that here... Ah, if, there is well a «Five-flavoured slices of Mandarin duck » that was delicious, but I don't know how it was prepared."

    " And it was the emperor that invited you?" asked Guo Jing.

    " Absolutely," said Qi Gong while laughing, " the emperor treated me, but he didn't know that! I lived hidden on a big beam of the imperial kitchen for three months, while tasting each of the dishes intended for the emperor. If I found it to my taste, I kept it for me, otherwise, I left it to him! The cooks believed that there were ghosts!"

    " This person really is excessively greedy, " thought Guo Jing and Huang Rong to themselves, " but he is also insanely audacious!"

    " Little chap," said Qi Gong while laughing, your little girlfriend is the best cook in the world, your happiness is assured! Goodness! Why didn't I meet such a woman when I was young?"

    He seemed sincerely sorry.

    Huang Rong, with a hint of a smile, prepared the remainder for Guo Jing and for her. One bowl of rice was more than enough for her, while the young man put away four big bowls. As for the exquisite placement, it did not seem to make a difference to him. Qi Gong shook his head while sighing:

    " Like a bull chewing on peonies! What a shame! What a shame!"

    Huang Rong put a hand in front of her mouth to prevent herself from laughing.

    "Bulls... do they like peonies?" Guo Jing asked himself. " There are many bulls in Mongolia, but no peonies, then indeed I have never seen bulls eating peonies. But why does he keep saying 'What a shame'?"

    Qi Gong patted his stomach and says:

    " Good, you are both practitioners of the martial arts, I clearly saw that right away. The little one, that went to such trouble to prepare such exquisite dishes for me, certainly has bad intentions, such as, for instance, to persuade me to give you some instruction. Is that not correct? Good, I recognize that, after having so well eaten, I would have scruples to leave me without giving something in return. Come, come with me!" He took up his gourd, his bamboo cane, and went out.

    Guo Jing and Huang Rong followed until they reached outside of town.

    " What would you want to learn?" Qi Gong demanded of Guo Jing.

    " Martial arts are so varied," said the young man to himself, "if I want to learn something, how is he sure that he'll be able to teach it to me?"

    While he reflected, Huang Rong had begun to speak:

    " Qi Gong, his gongfu is inferior to mine, and so he gets angry often, because he's always trying to beat me."

    " When do I get angry?" protested Guo Jing.

    Huang Rong glanced at him, telling him to be quiet.

    " For my part," said Qi Gong while laughing, "I have the impression that all his movements are firm and assured, this that means that it has a good basis of neigong. How would he be inferior to you? Good, why don't you match skills a little?"

    Huang Rong moved aside some steps and cried:

    " My Jing, come on!"

    Guo Jing hesitated again.

    " If you don't show what you're capable of," said Huang Rong, " how do you expect this Elder to correct you? On guard!"

    She jumps on him and attacked with a palm stroke, Guo Jing blocked the blow, but she already had changed tactics, and attacked with a kick.

    " Well done, little one!" Qi Gong said. "Pretty blow!"

    " Fight seriously," advised Huang Rong in a low voice.

    Guo Jing itself concentrated and executed conscientiously the powerful " Southern Mountain Palm" taught by Nan Xiren. Huang Rong defended herself nimbly, jumping upwards and downwards. Then suddenly, she modified his technique and executed the « Palm of the divine sword falling the hero », created by his father. This palm technique resembled its name, « divine sword », for it was adapted from a sword technique. She shook her arms in all direction, her opponent was encircled by the palm shadows, incapable to determine if they were feigned or real. It was as though if the wind had got up in the wood of fishings, dropping a thousand flowers: the beauty of the gestures resided in their lightness and their aerial grace, so well that Huang Rong resembled a butterfly taking flight. As her neigong lacked again power, its blows were not as violent and also as terrifying as they should have been. It was of little importance, for Guo Jing, stunned by the multiplicity of the shadows in front of his eyes, had lost all means to resist: in some seconds, he received four palm blows, on the two shoulders, on the chest and on the back, but he was not injured, since Huang Rong had not struck with force. She stepped back with a smile.

    " Well done, Rong-er!" Guo Jing exclaimed in genuine admiration. " What a beautiful palm demonstration!"

    " Your father is so powerful," said Hong in an icy voice. " Why do you want me to give lessons to this simple-minded one?"

    Huang Rong was startled. " According to Father," she said to herself, "since he created this « Palm of the divine sword falling the hero », he not some again never is served himself, how the Venerable Seventh recognized it? »

    " Qi Gong," she demanded, "you know my father?"

    " Indeed, he is the « Eastern Heretic», and I, «The Northern Beggar », don't you think that we lacked occasions to match skills?"

    " He matched blows with Father," Huang Rong said to herself, " and managed to survive, that's really astonishing. Now I understand how the « Northern Beggar » can be ranked alongside the « Eastern Heretic»!"

    " And how did recognize you me?" she demanded again.

    " Just look at yourself in a mirror!" replied Hong. " Your nose and your eyes, are they not even as those of your father? At first, I did not think about that, I felt only that your face appeared familiar to me, but next your demonstration unveiled the jar to the roses! You believe that this old beggar does not recognize the gongfu of the Peach Blossom Isle? Even if I again never had not seen this Palm, I doubted myself well that alone a crafty fellow as your dad would have been able to invent it. Hehe...and the names of your two dishes, what were they? "Plumflowers fall at the Jade Flute's song", and the « Soup of Good Company", it was doubtless your dad that invented them?"

    " You really can read minds," said Huang Rong while laughing. " Then, according to you, my dad is very strong, isn't that right?

    " Of course he is powerful," said Qi Gong coldly, " but he is not the most powerful in all the world!"

    " Then, surely you're the most powerful in this world?" Huang Rong exclaimed while applauding.

    "Not necessarily," Qi Gong said. " Twenty years ago, we met all five of us, Eastern Heretic, Western Venom, Southern Emperor, Northern Beggar and Central Divine, at the summit of Huashan (Mount Hua), to match ourselves. The confrontation lasted seven days and seven nights. Finally, Central Divine revealed himself to be the most powerful, and we all gladly recognized it."

    " Who then is this Central Divine?" asked Huang Rong.

    " Your father never told you?"

    " No. Father said that, in the martial arts world, there are more bad things than good, and that there was no point for girls of good family to hear to speak, then it about it speaks me. And then after, he scolded me very strongly, he didn't love me anymore, so then I ran away. And he doesn't want anything to do with me..."

    Her eyes fell, her face sad.

    " Ah, that old monster!" Qi Gong swore. " What ...!"

    " I won't allow you to insult my father!" Huang Rong exclaimed.

    " What a pity that I was always too poor!" exclaimed Qi Gong, while laughing. " No one ever wanted to marry me! Otherwise, I would have a kind girl like you, and never would I have left you..."

    " Indeed!" said Huang Rong while bursting out laughing. " If I left, what would you do to eat?"

    " Fair enough!" Qi Gong agreed with a sigh. " Well, to answer your question, the Central Divine is Wang Chongyang, master of the Quanzhen Sect. But, after his death, it's difficult to say who's the world's most powerful."

    " The Quanzhen Sect?" Huang Rong said. " There is a fellow called Qiu, another called Wang, and yet another named Ma. This are all of the Taoist obtuse one, but I find their gongfu rather pathetic: they fought with people, and in two times three movements did to spread themselves!"

    " Ah yes? They were doubtless disciples of Wang Chongyang. It seems that, among his seven disciples, Qiu Chuji is the most powerful... But, it is certain than they are not even close to their martial uncle, Zhou Botong."

    Upon hearing this name, Huang Rong was startled; she was about to say something then stopped herself.

    Guo Jing, who was himself just satisfied to listen their conversation, interrupted:

    " It's true, Master Ma said that they had a martial uncle, but he did not mention the name of this Taoist master."

    " Zhou Botong is not a Taoist," Qi Gong replied. " He is a secular person, who was personally taught by his martial brother, Wang Chongyang... Eh, I say, my simple-minded one, you seem me well clumsy! This that your father-in-law, so fine and so crafty, really appreciates you?"

    Guo Jing, who had never thought he had a « father-in-law », stammered, without knowing how to reply.

    " My father is yet to see him again," said Huang Rong, smiling. " If you could be kind enough to give him some pointers, then, thanks to you, my dad will have some appreciation for him!"

    " Little rogue!" Qi Gong grumbled. " Who has learned not even a tenth of her father's gongfu, but who has inherited all his trickery and cleverness! I don't like your flattery and your toadying! And, also I never take disciples! Who wants a stupid one like that? To leaves you, that seem to consider it as a treasure? You planned to get me to teach your little dumb husband! Huh, this old beggar will not fall in such a trap!"

    Huang Rong bowed her head, red to the forehead. She never had not applied to learn the martial arts. His father himself was so strong, she not nothing had learned seriously of him, why would she want to learn from Qi Gong? Only, see that the gongfu of Guo Jing was not up to the mark, that his six Shifu considered her to be a «little witch », she rejoiced at having met such a master as Qi Gong, hoping that he would accept passing on a little of his knowledge to his well-loved one. So that, in front of his masters and in front of Qiu Chuji's Taoists, Guo Jing would not have to be scared, like a mouse in front of the cats. Now, Qi Gong was very greedy and always grinning, but he was not stupid, and he had seen through her act all along!

    The old beggar, muttering to himself, left without a backwards glance.

    The two young people stood silently for a long moment.

    "Rong-er," Guo Jing finally said, " this Elder has a rather original character!"

    Huang Rong heard a light rustle in the foliage, above their head, and realized that Qi Gong had done a big turn before returning, discreetly, to the top of the tree.

    " He's a really kind person," she said then. " And his gongfu is much stronger than my father's."

    " He hasn't shown his skills," Guo Jing wondered aloud, " how do you know that?"

    " My dad told me so."

    " What exactly did he say?"

    " He said that, in today's world, there was only one person who could beat him, and that was the Divine Nine Fingered Beggar, Hong Qi Gong. Unfortunately, as this Elder is always is by mounts and by is worth, he has seldom had the occasion to see him and exchange pointers."

    In fact, after he had moved away, Qi Gong had deployed his incomparable qinggong and had returned to the top of the tree, high above the heads of the young people. He wanted to hear their conversation, and to assure himself that they had not been sent by Huang Yaoshi (French translation: "Huang the Alchemist") to steal his skills. The words of Huang Rong filled him with pride:

    " So," he said to himself, " Huang Yaoshi never wanted to accept my superiority, but deep within himself, he admires me nonetheless!"

    How could he have guessed that it was all pure and simple invention from the girl?

    " I didn't learn great things from my father," Huang Rong went on, " but that's my fault: I enjoyed having fun too much, and never wanted to apply myself! Now, having had the fortune to meet Elder Hong, if he had wanted to give me some lesson, that would have been again better than with my father! What a shame I offended him, without wanting to!"

    And she herself started to sob. At first, she pretended, and Guo Jing tried to console her with softness, then she thought about the death of her mother, the intransigence of her father, and started to truly weep. Qi Gong, atop his tree, in was all returned one...

    " I heard Father say," continued Huang Rong while sobbing, " that Elder Hong had an exceptional skill, of incomparable power, of which even Wang Chongyang was afraid. It's called... It's called... How was it called? I can't remember... Anyway, I had it on the tip of my tongue all the time, I wanted to beg him to teach it...to you- it's called...it's called..."

    Indeed, she not some knew nothing, and talked big progressively.

    Hearing her hesitate, searching without finding, Qi Gong could not hold back, and cried, while jumping to the foot of the tree:

    " That is called the «Dragon-mastering Eighteen Palms»!"

    Guo Jing and Huang Rong bounded up in surprise, one's surprise was real, the other's was feigned...

    "Ah, Qi Gong", Huang Rong cried, " how did you get up in the tree? By flying? Yes, that's it: the «Dragon-Mastering 18 Palms»! Exactly! How could I have forgotten it? Father often told me that the gongfu that he admired most in the world was the «Dragon-Mastering 18 Palms»! "

    Qi Gong was delighted:

    " Then your dad knows what the truth is! I believed that, after the death of Wang Chongyang, he considered himself to be the most powerful in the world!"

    He turned towards Guo Jing:

    " Indeed, your gongfu isn't inferior to that of your little friend. The problem is that your palm technique is not at all up to the mark. Good, granddaughter, you return to the inn!"

    Huang Rong realized that he was going to give a lesson to Guo Jing, and she went away, all satisfied...

    Qi Gong addressed Guo Jing solemnly:

    " You will kneel down and promise me: without my permission, you do not must transmit my gongfu to no one else, even to your crafty little woman!

    Guo Jing was greatly embarrassed: "If Rong-er insists that I teach her," he said to himself, " how could I refuse?"

    " Qi Gong," he says then, " I do not want anymore to learn, so what if she is stronger than me..."

    " And why?" asked Qi Gong.

    " If she wants me to teach her, I cannot refuse without offending her, and I cannot accept without offending you..."

    " Simple-minded though you are," said Qi Gong while laughing, " you have a good heart, and you speak straight. That is good. Very well: I will teach you a stroke called «Resisting the Dragon means Regret» (author's interpretation - original French translation is "The Inflexible Dragon Repents"). I would imagine that Huang Yaoshi has enough pride that he won't, although he would crave to, copy my superior skills. In any case, our schools are completely different, I cannot learn his gongfu, he cannot learn mine..."

    At that, he bent his left knee, pivoted and straightened his arm, made a circle with the upright hand and pushed outwards with the other. His palm touched a great pine and « crack », its trunk broke!

    Guo Jing stood petrified, shocked by the power contained in this blow.

    " This tree cannot move," said Qi Gong, " if it was a human, it would obviously try to avoid the blow. The difficulty of this technique, is precisely to strike so that your opponent cannot, no matter what, avoid it. So well that once you land your blow, «crack », the enemy will collapse like this pine!"

    He repeated the demonstration twice, explaining in detail how to concentrate and project the internal energy. It was only one stroke, but the lesson took more than an hour.

    Guo Jing was not clever, but he had a good basis in neigong. And to learn a move such as this, made with simple movements but having unequaled power, suited him perfectly. He trained conscientiously and, at the end of two hours, had grasped the majority of this technique...
    Last edited by Patudo; 02-11-05 at 09:44 AM.

  18. #18
    Junior Member Strunf's Avatar
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    lol heh heh I sent you the next part... 7.4 that is and DGSW has the 7.5

  19. #19
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    Thanks for the translation Strunf & Patudo Keep up the good work!!
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  20. #20
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    I will be editing this over the next several days... please be patient with me

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    Chapter 12.2

    " In that little imp's technique," said Qi Gong, " there are many more feints than real attacks. If you try to follow her, she will run around you like you were a donkey and you will always fall, since you never will be able to be as quick as her. You will think that, after all these feints, the next blow will be real, but no, it will be a feint! And the blow following after, you will believe that it is a feint, but no, she will strike a real blow, and you will be in trouble!"

    Guo Jing nodded his head in agreement.

    " Thus, to fight her, the clever way is to completely put the thought of whether it is a feint or not out of your mind. When she attacks you with a palm blow, whether it is a feint or not, return it with a blow of "Opposing the Dragon means Regret". Against of the power of your attack, she will be forced to withdraw and defend herself, so well that all her tricks falls to water!"

    " And after that?" asked Guo Jing.

    " What do you mean, 'and after that'?" Qi Gong replied, his face suddenly darkening. " You great idiot, do you think she is able to withstand this blow that I taught you?"

    " But if she can't withstand it, " said Guo Jing, very worried, " won't she be injured?"

    Qi Gong shook his head and sighed:

    " If, in such a blow one seeks only to send out the force and not to keep it, if one cannot somehow control its lightness or its power, firmness or softness, how can one consider himself a master of these unique 'Eighteen Dragon Mastering Palms'?"

    Guo Jing was eager to consent, but he had taken an inner decision: " As I haven't learned to control my force perfectly, I won't fight with Rong-er!"

    " You don't believe me?" said Qi Gong. " In that case, try it!"

    Guo Jing took up position, imitating his senior's posture, picked a pine with a particularly slender trunk and he struck it a violent blow. The pine was a little shaken but not at all itself broken.

    " You big idiot," Qi Gong said, " why are you shaking this tree for? To catch squirrels? Or to drop pinecones?"

    Guo Jing, red with shame, laughed with an air of denial, not knowing what to reply.

    " I already repeated it for you," said Qi Gong, " it is necessary to put the opponent in a position such that it cannot back up or get away. Your blow just now had enough force, but all it needed was for the pine to shake itself a little for it to escape the full force. It is necessary that you learn to approach and strike in such a way that the tree cannot budge, in order to be able to break it at one go."

    This was, for Guo Jing, an illumination:

    " Then," he cried joyously, " it's necessary for the force to be particularly swift, delivered in such a way that the opponent has no time to defend himself!"

    Qi Gong shot him a black look:

    " Absolutely! That goes without saying! You sweated blood for such a long time, and you only now understand this truth? One really can say that you aren't clever! For this stroke, known as "Resisting the Dragon Means Regret"- it's essence is not found in the word "Resisting" but rather in the word "Regret". If one concentrated only on pure violence, brute power, a little forces in the muscles would suffice. But then, how could this technique be admired by Huang Yaoshi? As the old saying goes: « The inflexible Dragon itself repent, the surplus will not last a long time ». This is the reason that if there has transmission, there must be rétention. When you send out a force of ten, it is necessary again to preserve within yourself a force of twenty. The day where you will know to appreciate the full meaning of the concept "Regrets", then you will be able to consider that you have understood thirty percent of this stroke. Just as a fine old wine, that has had time to season: at first taste, it is not strong, but afterwards that it releases its full heady flavour, that explains the concept "Regret"."

    Guo Jing didn't understand anything about these matters, but he tried to memorize them, in order for him to calmly reflect upon them later. To learn the martial arts, he always had adopted the same method: "That which others may assimilate in a morning, I will devote ten days!" Then he concentrated on the study of the palm technique.

    At first, the pine balanced itself to each of the blows that it received. Towards the end, these became more and more powerful, but the tree moved less and less. He realized that he had progressed and rejoiced somewhat. The face of his palm had become red and swollen, but he did not treat it, and continued to train with determination, never relaxing.

    Qi Gong, who had initially laughed at his persistence, had stretched himself on the ground and snored calmly.

    Little by little, Guo Jing felt more comfortable, he attained a mastery of his energy, to carry the blow and to keep it. He brought up his breath into his dantian, advanced his palm violently, withdrawing his force immediately, so well that the tree did not move at all. Delighted, the young man repeated in the same way while concentrating his force on the edge of his palm: he heard a creak, and the small pine broke apart.

    " Bravo!" cried Huang Rong, who had seen the scene from a distance.

    She approached slowly, carrying a heavy shopping basket.

    Before even opening his eyes, Qi Gong had smelt the delicious aroma of the food that she brought.

    " That feels good! That feels good!" he cried while jumping to his feet.

    He seized the basket from the girl's hands and opened the lid. He beheld a dish of roasted frogs thighs, a very fat duck suited to the Eight treasures, and a big bowl of white and immaculate money noodles. With joyful cries, he pounced on the foods, not drying up any praises on this that it devoured to beautiful teeth. But, as his mouth was full, one couldn't understand anything he said. In an instant, the bowls containing the frog thighs and the duck were emptied. Realizing that Guo Jing again had not eaten, the old beggar felt a little ashamed of his gluttony:

    " Go on, eat up," he says, " these noodles aren't bad..."

    And as he felt really bothered, he added:

    " They are even better than the duck!"

    Huang Rong laughed and says:

    " Qi Gong, you haven't yet tasted my best dishes!"

    Surprise and delighted, the old beggar eagerly asked:

    " What dishes? What dishes?"

    " You can't name them all," replied Huang Rong. "For example returned cabbage in the wok, steamed tofu, hard eggs, roasted meat..."

    As a well-informed gourmet, Qi Gong knew well that it was in the most simple dishes that the true masters really showed their talents. The same applied to martial arts: wondrous execution of the most simple techniques, that was the hallmark of the great masters! These words of Huang Rong delighted him, therefore, so well that his face itself was almost imploring:

    " Good, good!" he says. " I always said that you were a brave little girl..do you want me to buy you cabbage and tofu? Please?"

    " It's not worth your while", said Huang Rong while laughing. " And then, what you will buy will not suit me necessarily."

    " Fair enough," said Qi Gong. " None other than you can choose your ingredients..."

    " Just now," Huang Rong said again, " I saw him break the trunk of a pine: he's already more powerful than me!

    " Not at all," Qi Gong protested, shaking his head. " He isn't up to standard at all! It's necessary that the point the trunk breaks be perfectly neat. Look, it's all twisted, like a saw's teeth- what pathetic gongfu! And then this pine is as slender as a stick, no, as slender as a toothpick! This kid isn't up to the mark at all!"

    " But if he attacks me with this palm," objected Huang Rong, " I will not be able to defend myself. This is all your fault: if he bullies me later, how will I do?"

    Qi Gong, who wanted to get back into her good books, did not want to keep annoying her, even though he clearly saw that she was being duplicitous:

    " So what, according to you, must I do?"

    " Teach me a skill with which I can beat him. After that, I'll cook for you."

    " Very well, we're agreed," said Qi Gong. " He learned only a single blow, it's easy to beat him. I will teach you a fist technique called "Wandering Strides"."

    No sooner had he finished speaking that he rose to his feet to demonstrate: he jumped to right and to the left, with grace and nimbleness, while his big sleeves flew away...

    Huang Rong not some lost a crumb and silently memorized every movement. When the old man had finished the complete chain, she had already half-learned it. After it him given all the supplementary indications, it didn't take two hours for the girl to execute perfectly the thirty-six movements of the "Wandering Strides". At last, she executed the skill at the same time as Qi Gong: they themselves tinrent coast to coast and sprang in concert, the one to right, the other to the left, twirling as a jade swallow and a great eagle gliding in the skies. At the end of the thirty-six movements, they landed on their feet at the same time, regarding each other, and burst into laughter, while Guo Jing applauded vigorously.

    " This little one is hundred more intelligent times than you," says Qi Gong to Guo Jing.

    " So many movements and variations," marvelled the latter while scratching his head, " how did she learn so quickly? And how does she manage not to forget? Me, when I remember second movement, I've already forgot the first one!"

    Qi Gong burst out laughing:

    " Indeed you absolutely cannot learn this «Wandering Strides»! Even if you memorized the steps, you are incapable, in the practice, to produce the spirit of striding! Executed so painstakingly and clumsily, this fist technique would become a real chore!"

    " You've got a point!" conceded Guo Jing while laughing.

    " This «Wandering Strides»," Qi Gong said, " is a gongfu that I practiced in my youth. I have brought it out again to match the direction of the original gongfu of the little one, indeed, it doesn't correspond to the martial arts that I use currently. Thus, I myself haven't used it once during the last ten years."

    He wanted to mean that the «Wandering Strides» was a lot less powerful than the «Eighteen Dragon Mastering Palms».

    Huang Rong was delighted:

    " Qi Gong, if I beat him again, he'll surely be unhappy, so teach him again some blows."

    She herself had no real intention to learn, it was only a pretext to push the old beggar to give more lessons to her lover. If she really had wanted to obtain martial arts, she had at her disposal a great master in the person of her father, of which she not never all could have learned.

    " This dumb kid," said Qi Gong, " He hasn't even fully digested the single blow that I learned for him. Who too kisses poorly embraces! It suffices that you prepare me a lot of dishes, and I will grant all your wishes!"

    " Very well," said Huang Rong, smiling. " Then I leave for the market."

    Qi Gong laughed heartily and himself returned to the hostelry, leaving Guo Jing alone in the pine wood, where he returned to training with determination, late into the night.

    That night, Huang Rong indeed prepared a cabbage dish and a plateful of tofu for Qi Gong. She had carefully selected the most tender cabbage heart and leaves, than she had done to return with hen grease and filaments of duck leg. But the plateful of tofu was really extraordinary: she had cut a ham in two, then dug twenty-four small spherical cavities, in which ones had placed balls of tofu, before closing the ham and beginning to steam it. At the end of cooking, the whole flavour of the ham had passed into the tofu, while the ham himself was left out. After tasting of this dish, Qi Gong evidently was conquered. This steamed tofu had an equally inspired name of poetry Tang and was called « Full Moon Night on the twenty-four bridges ». If the girl had not had at his disposal the family technique called « The Orchid Skims the Point », her ten nimble and delicate fingers would not have been in a position to cut twenty-four small balls in the fragile mass of the tofu. To do that demanded as much delicacy as to engrave characters on a grain of rice, or to sculpture a boat in a nutshell. It would have been easy to cut pieces of tofu in cube, but where had one seen square full moons?

    After the dinner, each went to go to bed. Qi Gong was astonished to see Guo Jing and Huang Rong going to separate rooms:

    " Huh? Aren't you husband and wife? Why don't you sleep in the same room?"

    Huang Rong, that had not stopped joking with him without reserve, felt all embarrassed. Her cheeks blushing, she looked upset.

    " Elder, if you continue to talk nonsense, I won't cook for you tomorrow!"

    " What's this?" Qi Gong was astonished. " What did I talk nonsense?"

    After an instant's reflection, he realized:

    " I'm old and senile, indeed," he said while laughing. " You're clearly dressed as a girl, and not as a wife. You are yourself therefore promised to each other secretly, without the consent of the parents or a matchmaker, or the wedding ceremony. Don't worry, I will be your go-between. If your dad does not accept, I'll provoke a duel and we'll fight, my goodness! for seven days and seven nights if we have to, until he yields!"

    Huang Rong was precisely worried about this matter: she feared that her father would not like Guo Jing. The words of the old beggar filled her with joy and she returned to her room, her face radiant.

    The next day, Guo Jing went back to the pinewood at dawn. He practiced to about twenty rounds with much sweat, but rejoiced at the progress he accomplished, when he suddenly heard a voice speaking behind the trees.

    " Shifu," says a voice, "we must have travelled more than thirty li this time, isn't that right? "

    " Indeed," replied another voice, " you've achieved some progress in endurance..."

    This voice seemed very familiar to Guo Jing, who then saw four individuals appear, of which the first one had white hair and ruddy complexion: it was none other than his number one enemy, Liang Ziwong, the Thousand-Year Ginseng! He pesta internally and took to his heels.

    But Liang Ziwong already had recognized him:

    " Where do you think you're going?" he cried while thrusting himself forward in pursuit.

    The three other men were his disciples. See their Shifu running after an enemy, they themselves split up in order to surround the young man.

    " I need to get out of the pinewood and get back to the inn in order to be safe," said Guo Jing to himself, while running even faster.

    The first disciple of Liang Ziwong barred the way and shouted, while crossing the two palms:

    " Little peasant, kneel!"

    He attacked with a technique of qinna taught by his master and sought to seize Guo Jing to the chest. The young man folded his left leg lightly, the straight arm turned in, made a circle with his right palm and struck powerfully outward: it was precisely the blow that it had just learned, "Resisting the Dragon Means Regret". His opponent feels the sudden power, and attempted to dodge it, but it was so powerful that it broke his arm, throwing him a distance of six or seven feet, and made him lose consciousness. Guo Jing, that never would have believed that his blow was going to be so strong, demeura forbids, before resuming his race.

    Surprised and irritated, Liang Ziwong jumped in front of him. Guo Jing had just left the pines when he found the immortal one in front of him. Very frightened, he himself got in position and launched once more his "Resisting the Dragon Means Regret". Liang Ziwong did not know this blow but, in front of its power, knew that he could not handle it. He had to roll to earth to avoid it. Guo Jing took the opportunity to flee.

    When Liang Ziwong itself recovered, the young man had reached the front of the inn and screamed:

    " Rong-er, disaster! Here's the evil one that wants to drink my blood!"

    Huang Rong poked her head out the window. " How did this old monster get here?" she asked herself. " That's good, I'll try out on him this new "Wandering Strides" that I have just learned."

    " My love," she cried. " Don't be scared of this old crust. Begin the fight, I'll come to help you, we'll teach him a good lesson!"

    " Rong doesn't know the power of this old monster," said Guo Jing to himself, " that's why she speaks so lightly." But Liang Ziwong already jumped on him. In front of the violence of the attack, the young man had no other option but to launch once more his "Resisting the Dragon Means Regret". Liang Ziwong twisted and dodged several feet to the side, but his straight arm was almost touched by the breath of the palm, that left a burning and painful track. The immortal one, frightened inside, was amazed that this kid, in the space of some months, had progressed so much. " This must be," he said, " due to the absorption of the precious blood of the snake." This thought the mit outside him and he jumped to the attack. Guo Jing defended himself again with the same blow. Conscious that he could not oppose it, Liang Ziwong retreated, but, seeing that the young man did not have at his disposal other such fearful blows to press his advantage, his fear lessened:

    " Little idiot," he cried, " Do you know only that one blow?

    Guo Jing tumbled right into his trap:

    " Even this one blow," he replied, " you still won't be able to avoid it!"

    And he advanced, launching once again his "Resisting the Dragon Means Regret". Liang Ziwong dodged and jumped behind Guo Jing to attack it. He turned and attempted to attack again same manner, but his opponent was itself, once of more, slipped behind him. Thus, the young man, that knew only to attack in front, was completely perturbed and did not arrive anymore to face.

    Seeing him on the verge of losing, Huang Rong cried:

    " My love, let me take me care of him!"

    She sprang forward and interposed herself between the two fighters, attacking Liang Ziwong with palms and kicks, who returned the attack. Guo Jing retreated two steps to watch them. Huang Rong had well learn this wonderful technique that was the «Wandering Strides», but, besides the fact that she had obtained it too recently to truly master it, Liang Ziwong was in fact a lot stronger one than she. Thus, without the protection given by her soft armour, she already would have received several blows and certainly would have been injured long ago. Before even to have deployed the thirty-six movements of the "Strides", she was located already in bad posture. The disciples of Liang Ziwong, surrounding their elder injured brother, observed the fight and, see their Shifu was winning, shouted out, the better to encourage him.

    Guo Jing prepared himself to assist Huang Rong when all of a sudden Qi Gong was heard to shout, from behind the window:

    " His next blow is called "The nasty dog blocks the road"!"

    Very surprised, Huang Rong lives that Liang Ziwong, the legs firmly spread in the "Rider Stance", the stretched fists horizontally, indeed taking the stance of the "Terrible Tiger blocks the road". She couldn't prevent herself from laughing internally. "Qi Gong changed the name of this blow! But how was he able to guess that this would be that one?"

    She heard then the old beggar shout again:

    " And his next blow is "The stinking snake inhales water"!"

    She realized that it was a matter of the «Green Dragon inhales water », for which one lengthened the fist forward, this that unveiled a rift to the back, in the back. Venerable seventh had at pains finished to speak that she already had slipped herself behind Liang Ziwong. He attacked effectively with « Green Dragon inhales water », but as the girl, warned in advance, had the advantage and attacked from the back, he made himself safe only because of his exceptional technical mastery, that allowed him to change position right in the middle of a movement, and to fly himself further away. He landed on the tips of his toes, surprised and furious at once:

    "Who is the powerful master that hides in the shack?" he cried towards the window. "Why don't you show yourself?"

    But there was only silence behind the window. Liang Ziwong lost himself in wonderment: " How could this person succeed in predicting my blows?"

    Fortified by the support of a great master, Huang Rong now feared nothing: she regained the initiative and launched herself to the attack. Liang Ziwong resorted to killer blows so that the girl herself was forced to give up the upper hand.

    " Don't fear anything!" Qi Gong cried then. " He will do as a «Monkey with a rotten bottom climbs to the tree »!

    Huang Rong burst out laughing, leva the fists and attacked downwards. Liang Ziwong effectively had sketched a « phenomenal Gorille climbs to the tree », and had, after to have jumped in the air and attack downwards. But Huang Rong had preceded him, then if he continued to jump, that meant that he simply was going to offer the head to the falling fists! He had to change his technique immediately... If, in a fight, the opponent knew in advance all your blows, it would not take long for him to overcome you! The immortal one, fortunately for him, was a lot stronger one than Huang Rong, and this allowed himself to extricate himself from a bad situation at the last moment. Suddenly, he jumped back and shouted:

    " If you persist not to show yourself, I won't hesitate to be ruthless towards this girl!"

    Changing his tactics, he rained down his blows like hail in a storm, so much so that Huang Rong absolutely could not adorn, and that Qi Gong had not the time to call out his blows.

    Seeing his loved one in danger, reduced to dodging right and left, Guo Jing leapt forward and sent out once more his "Resisting the Dragon Means Regret". Liang Ziwong jumped back.

    " My love," said Huang Rong, " give him again three blows!"

    She turned and went back into the inn.

    Guo Jing took position, awaiting the approach of Liang Ziwong and, no matter what technique the Immortal employed, he returned it with a "Resisting the Dragon Means Regret". His opponent not some could but, furious and entertained at once: " Where on earth," he asked, " did this dumb little fellow learn this strange blow? And why does he know only that one!"

    But even if he knew only one blow, the dumb little fellow held it in respect and it there could not nothing. All two restèrent therefore immobilized on their position.

    " Silly fellow!" Liang Ziwong cried then. " You'd better watch out!"

    He jumps on his young opponent, who turned to his many times tested formula. Now Liang changed direction squarely flight and sudden struck out three «Acupoint Piercing Bones», that sped towards the young man in three different directions. Guo Jing hurriedly dodged, Liang Ziwong took advantage to thrust himself forward with the speed of light, and seized him by the nape of his neck. Very frightened, the young man struck an elbow blow at the chest of his opponent but, to his great astonishment, he felt the impression that his elbow had sunk itself in a soft mass, like cotton.

    Liang Ziwong prepared himself to deal a fatal blow when he heard Huang Rong scream:

    " Old monster! Look here!"

    Knowing that she was very crafty, he decided not to take any risk: he struck Guo Jing upon the «Jianjing» point, so that he was unable to move, before turning his head. He saw then the girl advancing slowly, and anxiously saw that in her hand was a bamboo stick, its green as clear as jade, which froze him in terror.

    " Hong..." he stammered, stunned. " Grand Master Hong!"

    " So, why haven't you released him!" threatened Huang Rong.

    At the time, when he had heard someone calling out his blows before he even carried them out, Liang Ziwong already was very surprised, but he had not thought that it could be Qi Gong. Now, at the appearance of the green bamboo stick, he realized that the voice behind the window was indeed that of the person that he dreaded most in the world. Terrified, he quickly freed Guo Jing.

    Brandishing the stick, Huang Rong approached him and said severely:

    " Qi Gong wants to ask you how, while he deigned to speak, you dare again to do evil here? What impudence!"

    Liang Ziwong tumbled to his knees:

    " Your servant did not know that Grand Master Hong was there," he stuttered. " Even if I had courage, I never would have dared to offend Grand Master Hong."

    " This fellow is, nonetheless, very powerful," Huang Rong said to herself, astonished. " How is it that he is so terrified of just the mention of Qi Gong's name? And why does he call him Grand Master Hong?"

    But she didn't allow any of her thoughts to appear and assumed a threatening air:

    "And which punishment do you deserve?"

    " I beg you to please say some words in my favor with Grand Master Hong! Said him that Liang Ziwong recognizes his great sins and that he implores Grandmaster Hong to spare his life!"

    " To say a word in your favor, why not? But several words, this would be really too much to ask. In the future, you mustn't cause trouble to both of us."

    " Your servant offended you in his ignorance," said Liang Ziwong. " I you taken of not to hold some for me harshness. In the future, indeed, I will not dare anymore to do..."

    Huang Rong, very proud of herself, smiled and reentered the inn, hand in hand with Guo Jing. They found Qi Gong sitting in front of a well-laid table, a knife in the left hand, chopsticks in his right hand, in the process of treating himself.

    " Qi Gong," said Huang Rong while laughing. " He's on his knees and doesn't dare to move even a hair."

    "Give him a hiding to unwind you, he certainly won't dare to defend himself."

    By the window, Guo Jing saw Liang Ziwong kneeling petrified, with his three disciples behind him, also kneeling, all four looking miserable. He felt pity for them and said:

    " Qi Gong, why not forgive them?"

    " Little good-for-nothing without character," Qi Gong reprimanded. " Someone comes here to trouble you, you aren't capable of defending yourself, I you except the placement and you want to forgive to your enemy! To what that resembles, I ask you?

    Guo Jing wasn't sure how to reply.

    " I'll take care of him," said Huang Rong while laughing.

    She took up the bamboo stick and went out of the inn. Liang Ziwong remained kneeling respectfully, his face full of fear.

    " Qi Gong said that you persist to do evil," thundered Huang Rong, " and that was absolutely necessary to cut your throat today! Fortunately, my dear Jing has a good heart, he did not stop pleading your cause, so much so that Qi Gong, finally, agreed to spare you."

    She wielded the stick and struck him a blow on the buttocks while screaming:

    "You go in!"

    Liang Ziwong addressed himself to the window:

    "Grandmaster Hong! I want to see you, to thank you for sparing my life!"

    Only silence greeted his plea. Liang Ziwong did not dare to rise, and continued to kneel humbly. Shortly after, Guo Jing came out and waved his hand:

    " Qi Gong is asleep," he said in a low voice. " Do not disturb him..."

    Then Liang Ziwong got up, shot a hate-filled look at the two young people, and left, along with his disciples.

    Huang Rong, heart full of joy, re-entered in the inn. She saw Qi Gong laying on the table while snoring. She touched him on the shoulder to awaken him:

    "Qi Gong!" she cried. " Your magic precious stick has a wonderful strength, now you not some done nothing... Why would you give it to me?

    Qi Gong raised his head, yawned and said:

    - You about it speak with your comfort! he says while laughing. " That is the work instrument of your old man! A beggar without a dog-beating stick, what would that look like?"

    Huang Rong continued to tap it while simpering:

    " You have such powerful gongfu! Those wicked ones flee just from hearing your name, to what serves you again to have this stick?"

    " You rotten imp! said Qi Gong while laughing. " Quickly prepare me some dishes, I'll explain it for you presently..."

    Huang Rong obeys and quickly went into the kitchen to prepare three small dishes.

    Right hand holding a wine cup, left hand squeezing the bone of a ham that he gnawed slowly, Qi Gong began:

    - The proverb says: « That resembles itself assembles itself ». The full richards to the have form a clan, the outlaws of the highway who rob the passersby form a clan, us others that freely pass our lives begging food leftovers, let us form also a clan...

    " I understand," exclaimed Huang Rong while clapping her hands. " That old Liang called you «Grand Master Hong », are you thus the chief of the beggars!"

    " Precisely. Us beggars, one we walk over, one launches the dogs on us, if one did not group together oneself in a band, how could we survive? The ordinary citizens, in the north of the country, are for the moment under the authority of the Jin; in the south, they are under the authority of the Song emperor; but every beggar in the country..."

    " Whether they be in the south or the north," interrupted Huang Rong, " are placed under your authority!"

    " Eh, yes!" Qi Gong agreed with a smile. " This bamboo stick and this gourd have been from generation to generation, since the end of the Tang dynasty until today, in other words, for several centuries ago, between the hands of the Grand Master of the Beggar Clan. This is as the jade seal of the little emperor, or the seal of now mandarin chinese."

    " Just as well you didn't give it to me," said Huang Rong, sticking out her tongue.

    " Why not?"

    " If every little beggar in the country came to find me, for me to sort out their affairs, that would be a catastrophe!"

    " You have good reason," Qi Gong sighed. "As I am of a lax and lazy nature, the weight of grandmaster of the Beggar Clan is really too heavy for my shoulders. But I can't find a person to whom I can entrust it. Then I have well to do with... "

    " So that's why old Liang fears you so much: if all the beggars of the country came to give trouble to him, he would be in big trouble. If each one dropped a louse in his collar, that would trouble him until the end of his days!"

    Qi Gong and Guo Jing burst out laughing.

    " No," the old beggar said at last, " not just for that; he's also scared of me."

    " What is that?"

    " Nearly twenty years ago, he was committing an evil deed when I fell upon him..."

    " What evil deed?"

    " That old monster," said Qi Gong hesitantly, " believed a section of the adage «Gather the yin to nourish the yang... » He had obtained for himself several virgins, of which he violated their bodies, supposedly to obtain immortality."

    " What's that, to violate the body?" asked Huang Rong.

    The girl, whose mother had died in childbirth, had been taught by her father. After the treachery and escape of Chen Xuanfeng and of Mei Chaofeng, Huang Yaoshi, furious, had crippled his other disciples and they had all fled. No others remained on Peach Blossom Island than some mute servants. No one had therefore spoke to the girl of the things that happened between men and women. Since that she had met Guo Jing, she felt a joy and an unspeakable softness in his company, a melancholy and an unbearable solitudes when she was separated of him even for an instant. She believed that to be husband and wife meant nothing more than never to part from each other, that was why for so long she had considered Guo Jing as her husband, without knowing the nature of conjugal relations.

    Her question therefore put Qi Gong in great difficulty.

    " To violate the body of the virgins," the girl insisted, " this is to kill them?"

    " No," Qi Gong responded, " when a woman undergoes a such outrages, this is sometimes more painful than the death itself. The proverb says: «To be dishonoured is grave, to die of hunger is nothing». That says well what I want to say..."

    Huang Rong did not understand not yet:

    " Does that mean to cut the ears or the nose with a knife?"

    " Peuh!" said Qi Gong, bothered, " not at all! Little imp, you better ask your mother when you get back home..."

    " My mother is dead..."

    " Ah!" said the beggar. " Then you will understand after your wedding night with our silly young fellow!"

    Huang Rong reddened, understanding at last that it was a matter of shameful things. She said softly:

    " If you do not want to explain, so worse... Therefore, you fell on the old monster in the process of committing this evil deed, than itself is it passed then?"

    Qi Gong, relieved to see that she did not put anymore embarrassing questions, continued:

    " Well, I intervened, that's right. I caught this rascal, I gave him a good thrashing and pulled out all his hair! After, I obliged it to bring back these girls at their place and to promise solemnly that he would not recommence ever again. If I resumed it to do that, he would regret ever having been born! It would seem that, for all these years, he never broke his promise, that's the reason why I spared him today. He said then, goodness, did his hair grow back?"

    " Oh yes! said Huang Rong while bursting out laughing. Pull out all the hair of the head, that would have been really funny!"

    All three finished the meal.

    "Qi Gong," Huang Rong then said, " now, even if you wanted to give me this bamboo stick, I wouldn't want it. But we cannot anyway to remain close to you all our lives! Now, what if we come across this Liang fellow, and he says to us: "Well, little brat, last time, you sheltered yourself under the name of Grand Master Hong and you hit me with his bamboo stick, today I'm going to avenge myself: I will pull out you all your hair!" That will we do then? When my Jing fought with him, his one and only blow, "Resisting the Dragon Means Regret", that is of course powerful, but that means little all the same, no? I am sure that Liang said in his heart: " Grandmaster Hong has gongfu of an infinite power, but when it begins teaching to a disciple, this is really not that terrible!"

    " I know well," said Qi Gong, " that you hurl all these stupidities, provoking and threatening, so that I'll sign off all my skills to you two! Well, so long that you get ready some good dishes for me, I won't disappoint you."

    Huang Rong, delighted, took Qi Gong by the hand to go in the pine wood.

    Qi Gong imparted then to Guo Jing the second blow of the «Eighteen Dragon-Mastering Palms», called " Flying Dragon in the Heavens". In this blow, it was necessary to jump in the air and strike from the top down, an extremely powerful attack. Guo Jing took three days to assimilate it. During these three days, Qi Gong took the snack occasion to about ten more delicious placement them a than the others. Huang Rong, for its part, asked nothing from him for herself; provided that he consented to teach her loved one, she was more than enough satisfied.

    In the space of a month, Qi Gong had taught to Guo Jing fifteen of the «Eighteen Dragon-Mastering Palms», from "Resisting the Dragon Means Regret" to "Sighting the Dragon in the Field".

    These "Eighteen Dragon-Mastering Palms" were Qi Gong's ultimate skills. He had originally learned them from his Shifu, instrumental invented himself. The number of blows of course was limited, but each of them was full of exceptional power. At the time of the first Huashan tournament, when the five supreme Masters had measured themselves, these Eighteen Palms were not completely up to the mark, but they had already given rise to respect and general admiration. Thereafter, Qi Gong often had expressed his regrets: if he had concentrated all his efforts to perfect this technique some years earlier, the title of "First in the Martial World" might not have been fallen to the grandmaster of the Quanzhen Sect, Wang Chongyang, but to himself!

    At first, Qi Gong had no intention to pass on more than two or three of these Eighteen Palms to Guo Jing, which would already have far sufficed for him to defend himself. But Huang Rong was really an unparalleled cook; every day she prepared new dishes of exceptional taste, never repeating herself, and the old beggar could not resolve himself to leave. So, day after day, he ended up teaching the fifteen blows. Guo Jing did not understand quickly, but the little that he learned, he retained, and repeated day and night, working with determination, so well that he achieved a good mastery of the fifteen blows, lacking no more in power than time and practice alone could give to him. Thus, in a little more of a month, his gongfu had achieved such progress that he was no longer the same person!

    That morning, after breakfast, Qi Gong said, while sighing:

    " My children, we've been together for more of a month, it's time we took leave of each other."

    " Ah, but no," protested Huang Rong. " I have many more small dishes for your taste..."

    " There is not endless banquets, but there is an infinity of dishes... I never have, of all my life, taught anybody for more than three days. This time, I've done that for more than thirty days! If this continues, it'll be a catastrophe!"

    " How's that?"

    " Well, you will strip me of all that I know!"

    " You've started a good work, why not go to the end! Teach him therefore the Eighteen Palms, that would be an accomplishment!"

    " Peuh, that would be an accomplishment for you two, but not for me..."

    Huang Rong, full of worry, wondered what strategems she could invent to get Qi Gong to teach the three remaining blows to Guo Jing, but the old beggar did not give her the time: hitching his gourd over the back again, he left without speaking further.

    Guo Jing chased after him, but Qi Gong went so quickly that he had disappeared in a wink. The young man raced to the pines and cried, "Qi Gong, Qi Gong!" Huang Rong had followed him and joined her cries to his.

    Sudden, a shadow arose from the pines, it was Qi Gong, who addressed them angrily:

    - That do You Have, dirty kids, to stick me to the truss? If you want me to teach you more, this is absolutely impossible!

    " You have already taught us too much," said Guo Jing. " I am more than satisfied, how could I wish to want more? It's only that I did not thank you once again for your kindness!"

    He knelt then and kowtowed, striking the ground with his forehead, several times.

    Qi Gong paled:

    " Stop," he cried, " That which I taught you, is nothing other than a suitable payment for the small dishes that she prepared for me. There has never been a relationship of master and disciple between us!"

    At that, he knelt also and himself kowtowed in front of Guo Jing. Stunned, he attempted to kowtow again, but Qi Gong extended a hand and touched on a point under the armpit of the young man, who remained petrified, legs half bent. The beggar released him only after to have prostrated itself four times in front of him:

    " Remember, you," he cautioned, " Never mention that you kowtowed to me and that you are my disciple!"

    Understanding that he had a stubborn character, Guo Jing didn't attempt to contradict him.

    " Qi Gong," sighed Huang Rong, " you were so good for us, now we must part. I had the intention to prepare you again small dishes, when we would review ourselves, but... Unfortunately... I fear that this be not anymore possible... "

    " And why not?" Qi Gong asked.

    " Many people want to do evil to us... leaving aside that old monster Immortal Ginseng, there are many more evildoers! One day, we will end up dying at their hands!"

    " What is death?" Qi Gong said with a smile. " Everyone must die one day."

    " Of course," replied Huang Rong while shaking the head, " it's not a big deal to die, but I'm scared that they would capture me and, learning that I received your teaching and that I cooked for you, they would force me to do them all these flat vouchers that I prepared you. This would be a stain on your reputation!"

    Qi Gong knew well that the girl was trying to trick more skills out of him, but, at the thought that someone might force her to cook, while himself could not taste these succulent dishes, he couldn't prevent himself from feeling great anger.

    "Who are these villains that scare you?" he demanded.

    " There is," replied Huang Rong, " a certain old monster of the Yellow River, Sha Tongtian. He eats in such a disgusting way! What a shame it would be for him to have my delicious dishes!"

    " There's no need to fear Sha Tongtian!" said Qi Gong while shaking his head. " In one or two years, this dummy Guo Jing will be stronger than him. There's nothing to fear..."

    Huang Rong mentioned again the Tibetan monk Ling Zhi and Peng Lianhu. To which Qi Gong replied again: " Nothing to fear!"

    But when Huang Rong mentioned the young master of White Camel Peak, Ouyang Ke, Qi Gong seemed taken aback. He questioned her on the techniques and moves of this new opponent, before nodding his head:

    " That's indeed him!"

    In front of the seriousness of his face, the girl s'inquiéta herself:

    " He's very powerful, isn't that right?"

    " There's nothing to fear from Ouyang Ke!" said Qi Gong. " It's his uncle, the old Venom, that is fearsome."

    " The old Venom? But no matter how fearsome, he cannot be stronger than you, isn't that right?"

    Qi Gong didn't reply. He thought for a while, before he stated:

    " At the time, we were equals. But that was twenty years ago... For those twenty years, he's surely trained harder than me, who's lazy and gluttonous. Huh, but to beat this old beggar, nonetheless, won't be easy... "

    " Then he certainly can't beat you!"

    " We will see," said Qi Gong, shaking his head. " Good, since the nephew of the old Venom, Ouyang Feng, is after your head, we must be careful. I will eat of your cooking for fifteen days. But let's make one thing clear: if, during these fifteen days, you present the same dish to me twice, I'll get up and say good-bye..."

    Huang Rong was delighted. She was decided to give the measure of all sound talent: thus, not only she never repeated the same dish, but she proposed even infinite variations in the accompaniment in noodles and rice, in different takings to every meals: fried doughnuts to the frying pan, steamed stuffed dough boulettes, ravioli to the vapor, flat noodles in broth, Cantonese rice, soft rice, rice cake slimy, Rice, tofu, etc. Qi Gong, for his part, himself took pains to teach the two young people the art to adapt itself to all the fight positions, to react and to better defend themselves. Only, he never taught the three blows lacking in the « Eighteen Dragon-Mastering Palms». Guo Jing deepened of course his mastery of the fifteen blows, but he increased equally in the power of all the martial arts he had learned with the Jiangnan Odd Six. Qi Gong had, before the age of thirty-five, practiced a very diversified gongfu, learning innumerable fist techniques and of palm, among which ones he deliberately chose bizarre types for Huang Rong, but it was just as a joke. These techniques were beautiful to look at, but their real effectiveness in battle were far inferior to the fifteen Palms, simple and direct. Huang Rong herself looked only to have fun, without really to invest herself in this apprenticeship.
    Last edited by Patudo; 08-26-05 at 08:00 AM.

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